V.king

 

Nocturne pour un seul majeur.

(Taste of blood - Archive)

Chemin nocturne

Il fait nuit noire.
Pas d’étoile ce soir, trop de brume.
Le froid humide tombe en nappes épaisses, pesantes et pénétrantes.
L’air frais me brûle les narines et cingle le lobe de mes oreilles qui dépassent pourtant à peine de mon bonnet enfoncé sur mon crâne.
Quelques cris d’oiseaux déchirent la nuit et ne trouvent que leurs échos qui s’amplifient dans le silence pour leur répondre.
Des arbres décharnés déchirent de leurs silhouettes squelettiques les vagues denses de brouillard, ils jalonnent mon chemin rendu inquiétant par cette haie d’honneur fantomatique qui semble m’épier : Terribles êtres à demi-morts qui veulent me saisir de leurs membres crochus, m’érafler de leurs doigts griffus. Sentinelles effrayante de cette cathédrale végétale dont la voûte ne laisse passer aucune clarté si minime soit elle pour orienter mes pas. J’ai quitté le chemin creux pour m’enfoncer dans les futaies où le brouillard se dilue, comme renonçant face à ce fouillis végétal inextricable.
Et tout parait calme et silencieux… D’un silence glaçant qui court le long de l’échine et me fait accélérer. Même mon bruit de pas est amorti par le sol. J’essaye de ralentir ma respiration pour me fondre dans le silence et rester à l’affût du moindre craquement. Un murmure quasi indistinct est pourtant perceptible, cyclique comme une respiration de bête monstrueuse, j’en frissonne d’anticipation.
Tout m’étreint et je me sens oppressé par la grandeur de ce monde en sommeil et ma manifeste insignifiance. Aucun refuge salvateur à proximité.
Encore ce murmure qui m’appelle, fil d’Ariane dans ce labyrinthe. Je trébuche sur les racines, glisse sur la boue et les feuilles en décomposition que mes pas légers déchirent en silence. Mes pieds tâtonnent mes doigts s’agrippent aux arbres anthropomorphes. Mon parcours est chaotique dans ce gouffre ténébreux, tel un papillon attiré par sa flamme je suis guidé vers la fragile et opalescente clarté qui a surgit devant moi au bout du goulet anxiogène. Je l’atteins pour m’apercevoir que le brouillard s’estompe, le murmure s’est enflé pour devenir un roulement sourd et régulier, coupé de cris rageurs. Sous mes pieds des cailloux et du sable grossier : La plage.
L’eau est brune, opaque, immensité remuante qui m’hypnotise par son chant rythmé. L’apathie me saisit quand je suis soudain aveuglé par une lumière vive. Très vive. Trop vive. Flash tétanisant qui blesse le papillon. Je titube sur mes jambes devant un géant blanc qui domine les eaux. Ce cyclope à l’œil lumineux m’étourdit, il me regarde et me rassure je ne suis plus seul. Et le souffle de la mer semble me parler, m’attirer hors de moi, m’aspirer….
Le brouillard se dissipe peu à peu, lentement, comme un coton déchiqueté en lambeaux, bribes de ouate arrachés à ma conscience qui se refuse à l’éveil….
Un médecin est face à moi, sa lampe braquée dans le blanc de mes yeux. Je suis allongé sur le sol.
Sa main est fraîche sur mon front, mais douce, si douce….

3 commentaires - aucun rétrolien

Une ombre dans le corridor

TITRE_IMAGE

La vie est un corridor.










Il suffit parfois d'une ombre,
Et le corridor est beaucoup moins sombre...

1 commentaire - aucun rétrolien

Mais je reste là...

TITRE_IMAGE

J'aurais aimé pouvoir te dire
ce que j'ai tû, craignant le pire
l'amour qu'on porte dans nos veines
qui lie les êtres même dans la peine

J'aurais aimé pouvoir entendre
ces mots si beaux, ces mots si tendres
qui brûlent la peau, enflamment le sang
tous les matins en se réveillant

Mais je reste là
à subir ma propre loi
ma peine est sans sursis
entre quatre murs bardés d'ennui
prisonnier de mes habitudes
en perpetuelle solitude

J'aurais aimé pouvoir te haïr
me libérer de ton empire
cette cage dorée que j'habitais
ce piège habile où je suis tombé

J'aurais aimé pouvoir écrire
que j'avais oublié ton rire
qu'il ne me restait de ta présence
que des paroles pleines d'arrogance

Mais je reste là
à subir ma propre loi
emmurer en moi-même
aliené par ces chaines
qui s'entrechoquent dans ma tête
du tonnerre à la tempête

J'aurais aimé pouvoir faire taire
tous ces regrets au goût amer
les doutes qui rongent le quotidien
mais donner le change, paraître serein

Mais je reste là
à subir ma propre loi
stoique quoiqu'il advienne
façade de sourire blême
mon hémorragie du coeur
s'écoule à l'intérieur

Mais je reste là...
Je reste là...

(Tableau : Andrew Wyeth - Le vent de la mer)

aucun commentaire - aucun rétrolien

Triste météo

Suprise!! la rue ce matin est mouillée,
un voile nuptial s'étend sur la cité
mais Paris ne peut vêtir sa robe de mariée
son délicat satin de neige s'est déchiré
avant que d'effleurer le sol détrempé.

aucun commentaire - aucun rétrolien

A demi-mot...mot et demi

Cher K.,

Tu m’as caché entre deux lignes
Un non dit révélateur
L’espérance tue d’un signe
Que je t’ai livré dans l’heure

Ouvres les portes de ton Eden
Et si un mot en est la clé
Je saurais le dire sans peine
Et sans arrière pensée

Dessines pour moi seul
Ces arabesques en cadeau
Quand tes mains s’envolent
Pour parler sans un mot

3 commentaires - aucun rétrolien

L'envie d'y croire

Le temps vaincu par l'amour - Simon Vouet

J’ai senti la caresse
D’une plume sur ma peau
Une sensation d’ivresse
Aussi douce que des mots

Des mots si tendres et subtiles,
Comme une lueur dans le noir
D’une vie sombre et futile,
Redonnent envie d’y croire


Croire que le temps est venu
De chasser les rêves passés
Et sourire à l’inconnu
Qui, lui, saura m’aimer

Aimer la vie, aimer l’autre
D’un sentiment qui fait
Pardonner toutes les fautes
Pour un bonheur retrouvé

Retrouver cette chaleur
À chaque regard connivent
Sentir exploser son cœur
Au moindre attouchement.

7 commentaires - aucun rétrolien

L'envol de l'ange

L'amour vainquer - Caravage

Je ne souhaite pas l’Eden
Juste un jardin secret
Pour oublier mes peines
Et retrouver la paix

Je veux croquer le fruit
Et savourer le goût
De l’amour interdit
Qui peut vous rendre fou

J’ai lissé toutes les plumes
De mes ailes d’ange déchu
Pour affronter les brumes,
Voler vers l’inconnu

Il est temps d’oublier
Toutes les promesses magiques
Faites sur un oreiller
D’amoureux amnésiques

Entre le ciel et l’éther
Mon cœur se sent guérir
Et mon visage s’éclaire,
Se fend d’un large sourire.

aucun commentaire - aucun rétrolien

Mon compagnon de luth...

 

Mon ange,

Tu t’es envolé à tire-d’ailes pour te poser dans la cité messine continuer ta destinée. Ce que j’ai de prime abord pris pour un intime désaveu, nous conforte dans notre légitime fraternité.
Comme un lutin espiègle, tu vas encore m’éviter, nous nous retrouverons ailleurs avec un plaisir chaque fois multiplié par le temps qui a passé, et l’âge qui s’est 'avancé.

Frères d’armes, frères de cœurs, à l’unisson ils battront encore pour entretenir ce feu qui brûle entre nous deux et éclaire nos chemins. Ce feu follet qui parcourt les distances sans jamais s’essouffler. Le temps n’est pas venu, il poursuit sa course contre lui-même ; je sais seulement qu’un jour, nos ailes bruisseront de concert, n’en plaise à Dieu.

Ma tour d’ivoire s’est effondrée, mon cœur à découvert s’est fait piéger par un être mystérieux vénérant une déesse obsédée du pire et pas très prolixe, pour qui le saut de l’ange n’a rien d’étrange …… Moi qui ne croyais en rien, bon ange déchu, déçu par sa vie, je me suis retrouvé à aimer d’amour, moi qui n’avais jamais aimé que d’amitié.
Mais le chemin qui mène au bonheur n'était pas celui-ci... Je me suis égaré sur les sentiers de la rancœur et de l'amertume où l'on se laisse aller trop facilement à détester et à haïr. J’ai retrouver ma route et j’ai pardonné le mal qu’on m’avait fait. Il ne me reste que des cicatrices, de celles que l’on regarde avec tendresse, quand le temps a guérit les blessures et la fierté offensée. A force d'oubli aussi... et de ton soutien indefectible, marque indélébile de ton affection.

Je sais qu’un jour, je le souhaite et l’espère ardemment, mon tour viendra. Un aller simple vers la destination ultime, le point à atteindre, ce monde de délices propre à la félicité partagée : une vie à deux.

Mon ange gardien, pense à moi et pince les cordes de ton luth, égrène ses notes dans ton jardin baroque pour qu’elles me parviennent en la capitale aussi pures de Touraine qu’elles l’étaient de Lorraine.
Je te fais le serment de toujours t’aimer, cacheté du sceau de l’amitié…..

A J-C.

(Article refondu de mon ancien blog)

1 commentaire - aucun rétrolien

Dereliction feeling

Deauville - Aout 2006

Je me rappelle qu’on ne voulait pas se coucher
Je me rappelle vouloir étirer ce moment à l’éternité
De cette longue nuit les yeux dans les yeux
A se découvrir, toi parlant beaucoup, moi peu

Je me rappelle des paroles que tu m’as murmuré
Je me rappelle de ces gestes d’amour échangés
Et de ces choses simples qui rendent heureux
De ce jour où nous étions encore deux

Je m’en rappelle, c’était hier
Je m’en rappelle encore

Je me rappelle ce silence totalement inopiné
Je me rappelle tu as tenté de te justifier
J’ai essayé d’être indulgent, autant que j’ai pu
J’ai été trop patient, j’ai tellement attendu

Je me rappelle y avoir cru, avoir voulu continuer
Je me rappelle que tu ne m’as même plus parlé
Tu as tout fait pour rompre ce lien tenu
Les flatteries, les mots doux, j’en suis revenu

Je m’en rappelle, c’était hier
J’en souffre encore

Je me rappelle avoir voulu tout pouvoir endurer
Je me rappelle avoir l’audace d’espérer te garder
Je n’arriverais pas à t’oublier aussi facilement
Que toi qui sembles l’avoir fait si aisément
 
Je me rappelle ne pas avoir voulu encore pleurer
Je me rappelle avoir maudit cette piteuse année
Pour avoir connu de si tendres et beaux moments
Mais qui finissent toujours en désoeuvrements

Je m’en rappelle, c’était hier
Je suis seul encore…

aucun commentaire - aucun rétrolien

La solitude

Je m’isole et m’endors
Au chaud sous les draps
Du vide sur le cœur
L’oreiller dans les bras

La solitude en silence
Sous un ciel sans soleil
Une retraite en souffrance
De mon cœur en sommeil

Je m’enlise dans des pensées
Sombres et sans couleur
Où est l’amour espéré?
Qu’en est-il du bonheur?

7 commentaires - aucun rétrolien

Petit bonhomme...


Blondinet des champsQuand je regarde ce polaroïd, me reviennent en mémoire, non pas des souvenirs précis, mais des impressions de bons moments. D’une époque bénie d’insouciance et de légèreté, entre un père pas encore indifférent et une mère déjà gaga de ma frimousse, et de deux sœurs insupportables qui se crêpaient le chignon à toute occasion!!
Tête de fouine que j’étais, j’arbitrais souvent les échanges houleux et colorés. Je me retrouvais irrémédiablement coincé entre les deux en tentant de désarmer les conflits, et détournant les foudres de ces pisseuses vers ma tête d’ange….Enfin de presque ange!!



Qu’est-ce que ça mange un « presqu’ange »?
Bah essentiellement des nouilles, des frites et du steak haché jusqu’à un certain âge … comme tous les gosses, il a alors horreur des légumes!! Le pire s’est quand sa maman lui fait un bon pot-au-feu ou des betteraves rouges!! Il découvre alors à quoi peut bien servir le tiroir de la table de la cuisine… Malin le presqu’ange!! Surtout que la maman si douce peut alors se transformer en mère intraitable : « Tu ne sortiras pas de table tant que tu n’auras pas fini de manger!! ». Il se souvient être rester en tête à tête avec sa seconde sœur devant un morceau de viande un peu filandreux ou un légume « exotique » (genre artichaut!!) pendant quelques heures assis sur la chaise dans cette cuisine où il n’y avait pas la télévision!!!

Qui a-t-il pour compagnon de jeux?
Trois chats!!! Bah oui, en tant que petit dernier, ses soeurs ayant 5 années de plus, il n’est que trop rarement accepté dans leurs jeux avec la cousine voisine….
Un chat blanc qui vivra jusqu’à l’âge canonique de 21 ans, d’un tempérament acariâtre et lunatique, très félin quoi, du nom de « Raton« !!
Un chat roux et blanc, qui vivra lui jusqu’à 19 ans, le train arrière paralysé par des mauvais traitements lorsqu’il était bébé, mon père l’a récupéré sur un chantier en Bretagne (Il en gardera un amour inconditionnel pour les moules et les coques, et tout ce qui sent le poisson ce brave chat!!), chat affectueux au possible sevré d’amour trop tôt certainement, obligé de l’enfermé la nuit car si il arrivait à squatter un lit il passer la nuit à ronronner fortement et à lécher toutes les parties du corps humain dépassant des draps, chevaux y compris : un amour de chat ce « Filou ».
Enfin le troisième entièrement rouquin, à moitié sauvage aux griffes vives et acérées, préféré de ma mère, mais un caractère de chat gâté pourri, sacré « Félix« !!!
Dans ce monde de félins beaucoup d’enfant!! La maman gardait des enfants, donc toujours beaucoup de cris et de compagnons de jeux avec qui partager « Croc vacances », « Récré A2 », « Vitamines » ou le « Club Dorothée »!!

A quoi ça joue un presqu’ange?
Aux petites voitures la plupart du temps… sauf qu’il éprouve une passion sans nom pour les quelques poupées mannequins (ces pas tout a fait poupées Barbies!!) de ces sœurs!! Ils les prends en otage dans sa chambre, les habille, les déshabille, les coiffe, les décoiffe et recoiffe, puis ….. Leur coupe les cheveux!!! Malgré les fessées à répétition, faut bien qu’il s’entraîne pour son futur métier : car il veut devenir coiffeur le garçon.
Déjà qu’un des chats n’a plus de moustaches….. Mais comme le papa maçon, qui n’ouvre que trop rarement la bouche excepté pour gronder et menacer de ses énormes battoirs qui lui servent de mains, a laissé une trace encore bien vivace sur son postérieur, les chats sont saufs pour quelques temps!!
Sinon ça adore la télévision parce qu’une heure par jour ce n’est pas beaucoup!! Et puis il lit beaucoup aussi et très tôt, et il adore ça parce que le soir alors que c’est interdit, à la lumière d’une pile il dévore et s’évade avec les club des 5, les 6 compagnons, le clan des 7 et Alice la détective. Il ne va jamais en vacances parce que ses parents n'ont pas d'argent mais la plage n'est pas si loin en voiture et puis alors? Il voyage comme il peut… dans sa tête et puis il s’invente des histoires dont il est le héros, puisqu’il est si timide est réservé dans la vraie vie, il s’en invente une qu’il n’a pas honte de lire, de parler, de chanter devant la classe entière…

Ça va à l’école un presqu’ange?
Oui et même que ça lui plait!!! Il adore ses maîtresses parce qu’il est sage, tête en l’air, un peu bavard mais sage!!! Tout le contraire de la terreur qu’il devient à la récré…. Que de temps passer à courir évitant les lynchages des filles qui se sont vues tirer une couette ou même une jupe à taille élastiquée!! Même si on l’appelle déjà « bouboule » il bouge son corps pour éviter les claques. « presqu’ange » est le roi de l’esquive et de la balle au prisonnier malgré des rondeurs enfantines très prononcées mais comme il est grand pour son âge on ose pas trop lui dire en face… Il aime le français et la géographie, mais déteste les mathématiques et l’histoire (trop de chiffres, trop de dates !!!). Mais il a de très bons résultats sans vraiment se donner du mal.

A quoi ça pense un presqu’ange?
Il pense surtout au prochain tour pendable à faire à ses sœurs !!! Ça pense aussi à devenir coiffeur…. ou jardinier….ou coiffeur paysagiste!!! Ou chanteur? Il aime la musique de maman : beaucoup d’opéras, surtout du Verdi, et puis Queen surtout!! Alors seul dans sa chambre, il chante de la variété à s’époumoner ou l’air de la flûte enchantée de sa voix d’enfant de chœur!! Quel métier? Il ne sait pas trop, il a beaucoup de mal à se projeter dans l’avenir, il a encore le temps le petit bonhomme.
Ça pense déjà qu’il y a quelque chose qui cloche en lui… Tout ses petits camarades ont une petite copine sauf lui mais bon comme il est grassouillet, il fait semblant de s’en moquer!! Et puis les filles il s’entend mieux avec elles!! Il sait les comprendre, c’est naturel chez lui….et c’est tellement plus intéressant de les écouter parler que de courir bêtement après un ballon.. Enfin courir,c’est vite dit puisque les rares fois où il tente jouer au football, on le met dans les buts à cause de sa corpulence!!! Alors ça pense au livre qu’il finira ce soir et les buts passent sans qu’il réagisse!!! C’est nul le foot!!
Ça pense aussi qu’un jour la lune le rendre beau. Il est persuadé être un enfant de la lune, elle est tellement belle, alors quand elle est ronde, blanche et brillante, il la regarde la nuit, lui parle et fait des vœux!!!! Le vœu d’être ce qu’il n’est pas… ça rêve beaucoup un presqu’ange. Il ne le montre pas mais il est déjà très complexé par son gros ventre, et les railleries qu’il provoque, alors il a appris à rester débonnaire et flegmatique face aux moqueries, à se créer une carapace pour vivre tranquille dans son monde à lui.
Il pense qu'un jour il parlera de lui, sans ne plus avoir peur d'être ridicule ou de se heurter aux sourires vaguement moqueurs, peut-être sera-t-il capable de se livrer complétement? et de laisser tomber sa carapace?  Il y croit!! Il sait que ça fait mal de ne plus être protéger, de se mettre à nu, mais c'est la condition essentielle pour trouver le bonheur...

C'est un bon début petit bonhomme, tu n'as jamais été aussi bavard...

2 commentaires - aucun rétrolien

Un printemps en hiver

Il est minuit ou presque, plus tout a fait mercredi mais pas encore jeudi.

Mon exil « doré » au sein du cocon familial n’a pas encore pris fin… Je suis arrivé fatigué, épuisé, grippé pour cette grande semaine de repos salvateur.

Loin du brouhaha et de la fièvre acheteuse parisienne, c’est l’heure de se ressourcer.

Cette année ce n’est pas un noël de faste, faute de budget, mes sœurs et ma mère se sont donc contentées des livres que je me suis obligé à aller choisir un mercredi après-midi où je tenais à peine sur mes jambes en pleine folie commerciale à la fnac St-Lazare : Bah oui tout le monde au régime roman historique!!!

Qu’ils sont loin les fêtes de mon enfance toute la famille réunie autour du sapin après la messe de minuit de 20h30!! La course au déchiquetage frénétique du papier cadeau pour finalement être plus ou moins ravi!! La traditionnelle boite de chocolat dévorée en totalité dés le lendemain (je ne me leurre pas c’est finalement le cadeau qui m’a toujours fait le plus plaisir, jusqu’à mon sevrage!!!)

Cette année, comme depuis quelques années déjà, le rassemblement a bien eu lieu mais dans une ambiance bien plus pesante : Tout le monde pense à ma mère dont ¨les soucis de santé sont aussi récurrents et à ma grand-mère qui a failli mourir il y a un mois et demi de cela, mais qui est présente amaigrie d’une bonne dizaine de kilos… … Une baffe au grand connard que je suis quand elle me lance : « maintenant que je t’ai revu je peux mourir en paix »….

Bizarre comme une simple phrase peut vous emmener très loin de vos petits soucis de cœur, et les font paraître bien insignifiants, certes ils seront encore là demain, toujours d’attaque, luttant contre le temps.

Mes fantômes me poursuivent désormais même là où je pensais être intouchable, ils pénètrent dans ma forteresse inexpugnable toujours de la même manière : avec ma mémoire auditive. Une chanson et l’être devenu imaginaire réapparaît.

Dans ces moments de solitude imposée, je suis toujours à fleur à peau et en écoutant une compilation composée spécialement pour moi je découvre une pépite (parmi tant d’autres tant elle est sur mesure), qui me met en émoi lacrymale. Le titre était prémonitoire : November (la chanteuse Willis m’est inconnue).

Dans ces périodes de reconstruction, de fragilité exacerbée où je me replis excessivement sur moi-même, et les doutes réapparaissent plus forts et présents que jamais auparavant, je me dis que cette année aura été la pire de toute : une année de révolutions.

Le bonheur n’est pas sans risque!! Que de risques avérés pour si peu de bonheur!! Que de chutes et de cœurs écorchés !! Avec le temps et l’habitude née de la répétition le sol devrait s’ameublir mais j’ai au contraire l’impression qu’il se durcit.

Trop demandé de bénéficier d’un printemps en hiver?

2 commentaires - aucun rétrolien

Pamphlet gentillet

 La campagne est lancée, vent du cul dans la plaine
Pas un galop d'essai pour les faces de carême
Que sont le bouffon Sarko et Ségo sa bonne reine
C'est la lutte pour le trône, l'empoignade suprême

Valse des allusions et des propos blessants
Ça vole en tout sens mais jamais de front
La foire aux coups bas à prix coûtant
Une guerre de tranchée via la télévision

On s'assassine à force de sourires courtois
On ironise les yeux plein de malice
Sous des façades policées de bon aloi
Bien remparées pour qui manque de vice

Pro de la rhétorique, l'intermittent de la sécurité
Hoche la tête en regardant nos voitures brûler
Le sinistre nain vengeur veut "décrasser" les cités
Et reconduire aux frontières nos sans papiers

Médiatisée à outrance, la madone des élusives
Veut en découdre avec une droite qu'elle fustige
et présente aux français une campagne évasive :
Un concept fumeux de démocratie participative!

Votez, votez peuple, avide de phénomènes
Pour Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy
Le choix du candidat reste un cruel dilemne
Quitte à faire de la peine à Jean-Marie!!!

1 commentaire - aucun rétrolien

Matin grognon...(part 2)

Arrivé au boulot, un petit bonjour rapide à la loge, enfin un visage qui sourit, tout n'est pas perdu.
Quoique l'impression d'éclaircie est vite retombée sur un bonjour sec et cassant de la Boss qui semble encore mal lunée.
J'ai envie de lui crier : "C'est fini la pleine lune!!" mais je me retiens, affichant un flegme tout britannique, car une telle réaction d'imperturbabilité, face à une agressivité ou mauvaise humeur latente, fait effet miroir... et puis c'est ma façon à moi de signifier que je m'en fous!!
Mais elle où ma couette salvatrice, celle qui aurait pu me protéger des humeurs furibardes, d'un walkyrie aux bouclettes rouge brique et aux tenues "mary poppinsesques" (robes à volants et bottines montantes à boutons!! Armande Altaï sort de ce corps!!)?
Je me serais mis la compil' judicieusement appelée "under the blanckets", et j'aurais laissé mon corps et mon âme vagabondés dans des songes douceâtres....
Ahhhhh plané sur "all or nothing" de Dirty Vegas, le nez emmitouflé sous le bord du drap, dans la chaleur toute maternelle de mon lit, la tête enfouie dans ma pile d'oreillers...
Retour à la réalité. Les affaires reprennent. Il est 9h00, la sonnerie retentit dans les couloirs qui se mettent à résonner de cris d'adolescent aux voix de "biactol". Agression sur agression, l
e téléphone sonne.
Adieu la rêverie.
Hi ho, Hi ho, je reprends le boulot....

aucun commentaire - aucun rétrolien

Matin ronchon... (part 1)

Il y a des matins, je suis comme tout le monde, je me lève presque en retard, arrive à me doucher, m'habiller et presque prendre un café (réchauffé au micro-ondes, beurkkkkkkkkkk!) que je ne fini pas car encore échauffé par les vapeurs de la douche je ne supporte pas cette nouvelle source de chaleur. 
Juste un petit regard sur mon ordi avant de partir, histoire de voir où en est le téléchargement d'une chanteuse nommée Sia et de regarder si un petit message m'attend, là déception message sybillin que je ne sais comment interpréter, alors je pars assez perturbé.
L'escalier a manqué de m'assassiner, il ne pardonne pas aux têtes en l'air, ses marches en bois réclamant une attention assidue ; une pluie diluvienne m'attend rue Marie Stuart (mon coupe-gorge), le pavé est "gras" et glissant, mon parapluie semble bien mince et bringuebalant sous les assauts vengeurs des rafales de vent, il menace de se retourner, mais dans les rues du quartier Montorgueil à cette heure mon honneur n'en souffrira pas beaucoup, les passants qui ne se bousculent pas, ne se retourneront pas sur un pauvre bougre luttant avec un parapluie récalcitrant.
Le métro est "comme d'hab", surchauffé et malodorant ; je m'assied à côté d'un jeune "Z'yva" somnolant au pantalon tenant comme par magie sous son arrière-train, et face à une trentenaire au chapeau vissé sur la tête, les yeux émergent à peine du couvre-chef mauve. Elle peut être habillée "fashion", elle n'en reste pas moins baillant aux corneilles, bouche grande ouverte, laissant admirer un superbe plombage sur la molaire infèrieure gauche, elle ose aussi tousser, ne tentant même pas de "dégainer" ses mains de ses poches bordées de moumoute façon "Yorkshire qui s'est déroulé dans une flaque boueuse". Un regard que je veux impérieux, un sourcil surélèvé en accent circonflexe marquant un mépris voir un dégoût ostentatoire, lui fait soudain réaliser qu'elle ne doit pas être exempte de garder ses miasmes pour elle!!
Enfin le bout de la ligne 8, plutôt longue ce matin!! même si Muse m'a encouragé d'accords rageurs et de ses mélodies grandiloquentes.

aucun commentaire - aucun rétrolien

Rédemption

 

Nous sommes ce que nous sommes
Dépendant d'une subjective vérité
qui alourdie les rapport des hommes
Quand elle devrait les simplifiés


Froisser, blesser, torturer, faire du mal
Quand il faudrait demander pardon
Uniquement guidés par l'orgueil mâle
C'est le propre de notre condition.

aucun commentaire - aucun rétrolien

Délivrance

J'ai voulu voir de près les étoiles
Je me suis heurté aux nuages
Ma vie s'est obscurci d'un voile
De tristesse, d'oubli et de rage


L'étoffe opaque s'est déchirée,
Sous l'effet de paroles amies
Et de ma sérénité retrouvée,
Pour filer ….vers un autre paradis?


Enfin, j'ai la volonté d'en finir
Mains tendues vers le possible
Confiance retrouvée en l'avenir
J'oublie ces brouillards inutiles.

aucun commentaire - aucun rétrolien

La laideur imaginaire

Vous ne vous sentez pas beau, vous avez l’impression que les gens vous trouvent moche. Et cette vision déformée de votre corps et du regard des autres est peut-être bien une maladie : la dysmorphophobie.

Les Médias mettent en avant un type d’individu d’une symétrie physique presque parfaite ceci sous le signe de la normalité. L’individu, possesseur d’un certain esprit, assimile le message et commence à l’intérioriser. Comme son schéma de vie ne contient pas (dans la majorité des cas) un centre d’intérêt qui peut le détourner de son rythme routinier et canaliser ses préoccupations, il réagit en conséquence, en analysant son propre corps. Il est déjà incapable de bien s’évaluer, le message en discussion ne fait qu’augmenter la fausse appréciation. L’individu devient ainsi, d’une manière consciente et déclarée mécontent de son corps, on est devant «l’image de soi négative».

A partir de maintenant l’individu a plusieurs possibilités d’agir :
- Ou il est suffisamment fort pour ne pas sombrer dans une dépression, et il commence à s’intéresser de près à toutes les techniques qui aident à « réparer » les « défauts » : un certain type d’alimentation, relookage, chirurgie plastique, fitness...,
- ou il part battu d’avance, et à ce moment-là on entre dans le domaine de la dysmorphophobie qui peut culminer avec des tentatives de suicide. Il s’agit dans ce dernier cas de gens ayant une fragilité psychique accrue.

Malheureusement on n’est pas encore arrivé à délimiter le simple mécontentement de soi de la dysmorphophobie, cette angoisse profonde qui s'exprime par un manque de confiance et d'amour en leur propre corps: où s’arrête le syndrome et où commence la maladie?. Heu….Vous reprendrez bien une dose de confiance en vous?

Si j'aborde ce sujet, c'est que je suis concerné au premier chef. Cette "negative body image" m'a pourri la vie des années durant, et j'ai pris sur moi quand je me heurtais à l'incompréhension des gens. On m'a même reproché de "subir", sans être forcément conscient des efforts consentis lors de choix de vie importants (Régime draconien me délestant de 20 kilos et du surnom affectueux de "gros mignon" qui peut paraître sympa et rigolo mais, quand on est un peu plus sensible que la moyenne, comporte un mot de trop, indépendance par un choix professionnel mal compris par la famille, puis nouvelle remise en question lors d'un nouveau virage professionnel), alors que la confiance en soi ne peut, à mon avis, se trouver ou se retrouver qu'avec l'appui indéfectible d'une personne assez tenace et pugnace pour admettre votre obsession sans se décourager devant les progrès lents et presque involontaires.

 

Je n'évite plus les miroirs mais je suis toujours surpris et gêné quand on me dit que je suis "beau" (ou terme approchant).

Je ne serais jamais une pub pour les boxers DIM, pourtant Dieu sait que je les aime!!

Mon équilibre actuel me permet d'enfin m'apprécier suffisamment pour ne plus me trouver moche.

Je ne suis pas parfait et ne le serais peut-être jamais, c'est grave docteur?

A ce jour je pèse 71 kilos pour 1m82, et c'est moi là sur la photo.

 

10 commentaires - aucun rétrolien

Quelle mouche me pique?

 J'ai envie de sourire, de rire, de croire en ma chance et de la saisir, peut-être de tomber sous le charme d'un doux dingue, capable de m'étonner tous les jours.
Des doutes j'en aurais toujours, ma personnalité étant basée sur une remise en question constante et des interrogations aussi diverses qu'imbéciles. Aussi saugrenues et "illégitimes" puissent-elles paraître, elles font de moi un être en constante évolution.

Je ne renie pas mon passé, je n'ai pas de regret, seulement quelques remords. Tout ce chemin parcouru en si peu de temps!!! Un sprint contre moi-même commencé en mars, terminé en octobre...
Cette pause automnale ne peut être que bénéfique. S'il reste une trace de mon passé militaire c'est bien celle-là : ma capacité d'adaptation.
L'hiver tiendra peut-être les promesses que n'a pas honoré l'automne....

aucun commentaire - aucun rétrolien

Le loup hurle à la lune...

Lettre ouverte à Ch. G Toc toc toc mais qui est là?

Ma chair se meurt faute de caresse
Mes os sont si froids et si lourds
Je traîne des souvenirs qui blessent
Me bloquent et me rendent sourd

Une île au milieu d'eaux trop mortes
Je stagne, j'étouffe dans ma peau
Elle est trop grande et trop forte
Indéchirable, imperméable à l'eau

Le loup hurle à la lune,
Noyé dans son chagrin,
Ivre d'alcool qui embrume
Ses petits matins

J'isole en moi cette blessure secrète
Car j'ai eu la trop grande faiblesse
De t'exposer mon cœur en miette
Mais tu as fui devant ma détresse

Tes yeux imprimés dans mon âme
Sont prisonniers de ma mémoire
Ils se rient de ce tendre drame
Que je joue entier et sans fard !

Le loup hurle à la lune,
Eperdu de chagrin,
Sevré d'amour nocturne
Et seul au matin

Mes larmes, cristallisées en moi
Diamants brutaux et éphémères
Scintillent de regrets et d'émoi
Je reste pauvre de l'être cher

L'indifférence règne sans partage
Sur ton monde d'artifices légers
Obsédé par ton unique image
Tu finiras seul et désabusé

Le loup hurle à la lune,
Fait le deuil de son chagrin,
Emerge de sa lagune
Pour un nouveau matin.

E. Ol.

6 commentaires - aucun rétrolien

Page précédente | 1 2 3 | Page suivante

Créer un blog sur MaBulle. | C.G.U. - Copyright | Signaler un abusContacter l'auteurVisiter le blog parrain http://jardinbaroque.mabulle.com/Voir des blogs de la thématique: Journal intime