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Artemisia Gentileschi

Artemisia Lomi Gentileschi est née à Rome le 8 Juillet 1593, elle est la première enfant du peintre maniériste toscan, Orazio Gentileschi (1563-1639), représentant de tout premier plan du caravagisme romain. Artemisia fait son apprentissage artistique dans l'atelier paternel, aux côtés de ses frères et démontre par rapport à eux un talent bien plus élevé, apprenant le dessin, la manière de mélanger les couleurs et de donner du brillant aux tableaux. Comme le style de son père, à cette époque, se réfère explicitement à l'art du Caravage (avec lequel Orazio entretient des rapports familiers), les débuts artistiques d'Artemisia se placent, à bien des égards, dans le sillage du grand peintre lombard.
La première œuvre attribuée à Artemisia, qu'elle signe dès l'âge de 17 ans (sûrement aidée par son père, déterminé à faire connaître ses dons artistiques précoces), est sa Suzanne et les vieillards, réalisée en 1610 et aujourd'hui conservée dans la collection Schönborn à Pommersfelden. La toile laisse entrevoir comment, sous la conduite paternelle, Artemisia, en plus d'assimiler le réalisme du Caravage, n'est pas indifférente au langage de l'école bolonaise, qui s'inscrit dans le mouvement d'Annibale Carracci.
Elle reprend et modifie plusieurs fois les œuvres de son père, auxquelles elle donne une touche d'une âpreté réaliste que celui-ci n'avait pas. Elle leur insère une atmosphère dramatique en y accentuant le clair-obscur à la manière du Caravage si prisée par les Napolitains, contribuant ainsi à l'évolution de ce style d'une façon déterminante. À 19 ans, alors que l'accès à l'enseignement des Beaux-Arts, exclusivement masculin, lui est interdit, son père lui donne un précepteur privé, le peintre toscan Agostino Tassi.
Un scandale marque alors sa vie. Artemisia est violée par Tassi employé à cette époque avec Orazio Gentileschi à la décoration à fresque des voûtes du Pavillon des Roses dans le Palais Pallavicini Rospigliosi de Rome. Celui-ci promet d'abord de l'épouser pour sauver sa réputation, mais il ne tient pas sa promesse et le père d'Artemisia porte l'affaire devant le tribunal papal. L'instruction, qui dure sept mois, permet de découvrir que Tassi avait formé le projet d'assassiner son épouse, avait commis un inceste avec sa belle-sœur et avait voulu voler certaines peintures d'Orazio Gentileschi. Pendant le procès, Artemisia est soumise à un humiliant examen gynécologique et torturée pour vérifier la véracité de ses accusations.
Tassi est condamné à un an de prison et à l'exil des États pontificaux. On attribue à son viol et au procès humiliant qui s'ensuit certains traits de son œuvre, l'obscurité et la violence graphique qui s'y expriment, en particulier dans le tableau célèbre qui montre Judith décapitant froidement Holopherne (1612-1613). La toile, conservée au musée Capodimonte de Naples, impressionnante par la violence de la scène, a été interprétée selon les thèses psychologiques et psychanalytiques, comme un désir de revanche par rapport à la violence subie.
Un mois après la conclusion du procès, Orazio arrange pour Artemisia un mariage avec Pietro Antonio Stiattesi, modeste peintre florentin, qui aide Artemisia, violentée, abusée et dénigrée, à retrouver un statut honorable à Florence.
Artemisia y connaît un succès flatteur. Elle est acceptée à l'Académie du dessin (elle est la première femme à jouir d'un tel privilège), montre qu'elle est capable d'entretenir de bon rapports avec les artistes les plus réputés de son temps, comme Cristofano Allori et de conquérir les faveurs et la protection de personnes influentes, à commencer par le Grand-duc Cosme II. Elle entretient de bonnes relations avec Galileo Galilei, avec lequel elle reste en contact épistolaire bien après sa période florentine.
Elle travaille notamment au palais Buonarroti où le neveu du grand Michelangelo (Buonarroti le jeune), occupe parmi ses amateurs une place d'une particulière importance : occupé à construire une demeure pour célébrer la mémoire de son illustre aïeul, il confie à Artemisia l'exécution d'une toile destinée à décorer le plafond de la salle des peintures. La toile en question représente une Allégorie de l'Inclination (ou du Talent naturel), représentée sous forme d'une jeune femme nue tenant en main une boussole. Il est vraisemblable que l'avenant visage féminin a les traits d'Artemisia elle-même qui, comme en disent les informations mondaines de l'époque, est une femme d'un charme extraordinaire.
Il arrive souvent en effet, dans les toiles d'Artemisia, que l'apparence des plantureuses et énergiques héroïnes qu'on lui compare aient les traits du visage que l'on retrouve dans ses portraits ou auto-portraits : souvent le commanditaire de ses toiles désirait avoir une image rappelant visuellement l'auteur dont la réputation allait croissant.
 
Son succès et la fascination qui émane de son personnage alimentent durant toute sa vie des allusions et des plaisanteries sur sa vie privée.
Appartiennent à la période florentine la Conversion de Madeleine et Judith et sa servante conservées à la Galerie Palatine du Palais Pitti, ainsi que son indéniable chef-d'œuvre, conservé à la Galerie des Offices, une seconde version, plus grande, de sa Judith décapitant Holopherne, où elle donne ses propres traits à sa Judith, attribuant à Holopherne ceux de Tassi. Malgré le succès, la période florentine est troublée par des problèmes avec les créanciers à cause de dépenses excessives des deux époux.
On peut raisonnablement relier au désir de fuir la hantise des dettes et à la difficile cohabitation avec les Stiattesi, son retour à Rome qui se réalise finalement en 1621. (ce qui expliquerait la continuité d'une affinité de style qui, encore aujourd'hui, rend problématique l'attribution de tel tableau à l'un ou à l'autre) ; il n'existe cependant pas de preuves suffisantes.
Séparée de son mari, Artemisia s'installe à Rome comme une femme désormais indépendante, en mesure de prendre une maison et d'élever ses enfants. La Rome de ces années voyait encore une présence nourrie de peintres caravagesques (d'évidentes correspondances existent, par exemple, entre le style d'Artemisia Gentileschi et celui de Simon Vouet), mais elle voyait également, durant le pontificat d'Urbain VIII, le croissant succès du classicisme de l'école bolognaise ou des audaces baroques de Pietro da Cortona. En 1630 Artemisia se rend à Naples, estimant qu'il pourrait y avoir, dans cette ville florissante de chantiers et de passionnés de beaux-arts, de nouvelles et plus enrichissantes possibilités de travail. L'Annonciation du Musée de Capodimonte est sans doute représentative des débuts artistiques d'Artemisia à Naples. Un peu plus tard, son emménagement dans la métropole parthénopéenne [1], est définitif et l'artiste serait restée là – excepté la parenthèse anglaise et les déplacements temporaires – pour le restant de sa vie. Naples (malgré quelques regrets pour Rome) est donc pour Artemisia une sorte de seconde patrie dans laquelle elle s'occupe de sa famille (c'est à Naples qu'elle marie, avec la dot nécessaire, ses deux filles) reçoit des témoignages de grande estime, est en bonnes relations avec le Duc d'Alacala, vice-roi, a des rapports d'égal à égal avec les artistes majeurs exerçant dans la ville (à commencer par Massimo Stanzione, pour lequel on doit parler d'une intense collaboration artistique, fondée sur une vive amitié et sur d'évidentes correspondances stylistiques).
C'est à Naples que pour la première fois Artemisia est amenée à peindre des toiles pour une cathédrade, celles dédiées à la vie de San Gennaro à Pozzuoli. La Naissance de Saint Jean Baptiste, du Prado, Corisca et le satyre, en collection privée, sont des œuvres de cette première période napolitaine. Artemisia y démontre encore une fois sa faculté d'adaptation aux goûts artistiques de l'époque et sa capacité à se risquer dans d'autres sujets avec les différentes Judith, Suzanne, Bethsabée, Madeleine pénitente, grâce auxquelles elle accroît sa célébrité. En 1638 Artemisia rejoint son père à Londres où Orazio devenu peintre de la cour de Charles Ier a reçu l'importante charge de la décoration d'un plafond (Allégorie du Triomphe de la Paix et des Arts) dans la Casa delle Delizie de la reine Henriette Marie à Greenwich.
Après autant de temps, père et fille se trouvent à nouveau liés par cette collaboration artistique, mais rien ne laisse penser que le motif du voyage londonien était uniquement de venir affectueusement porter secours à son vieux père. En effet, Charles Ier la réclamait à sa cour et un refus n'était pas été possible. Orazio meurt, de manière inattendue, assisté par sa fille, en 1639. Charles Ier était un collectionneur fanatique, prêt à compromettre les finances publiques pour la seule satisfaction de ses désirs artistiques. La réputation d'Artemisia devait l'avoir attiré et ce n'est pas par hasard si dans sa collection se trouve une de ses toiles, d'une grande suggestion, l'auto-portrait en habit de peintre.
L'activité autonome d'Artemisia à Londres se poursuit donc encore quelque temps après la mort de son père (bien qu'aucune œuvre connue ne puisse être attribuée avec certitude à cette période). Nous savons qu'en 1642, dès les premiers signes de la guerre civile, Artemisia a déjà quitté l'Angleterre. On ne connaît rien ou presque de ses déplacements suivants. De fait, en 1649, nous la trouvons de nouveau à Naples, d'où elle correspond avec le collectionneur Don Antonio Ruffo de Sicile qui est son mentor et un bon commanditaire dans cette seconde période napolitaine. La dernière lettre à son mécène, que nous connaissons, date de 1650 et témoigne de la pleine activité de l'artiste. Artemisia meurt en 1653.
 
En 1999, l'écrivaine française Alexandra Lapierre, narre le charme énigmatique de la vie d'Artemisia, à partir d'une étude extrêmement scrupuleuse de la biographie et du contexte historique qui en fait le fond dans son roman. L'enquête psychologique qui passe entre les lignes du roman, pour comprendre le rapport entre Artemisia femme et Artemisia peintre, fait appel, comme un "leitmotiv" à la relation –faite d'une affection qui a du mal à s'exprimer et crée une rivalité professionnelle latente– entre père et fille.
 
 
 

 

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Domenico Ghirlandaïo - Le vieillard et son petit-fils

Domenico Ghirlandaio (1449 - 1494) est un peintre italien dont le nom lui vient d'une parure en forme de guirlande inventée par son père, qui était orfèvre. Né à Florence , il entre dans l'atelier du peintre Baldovinetti. Plus tard, avec l'aide de ses frères, il crée son propre atelier dans lequel étudiera Michel-Ange. Bien que très attaché aux exigences de son métier, il saura y ajouter une part de sensibilité qui rendra son art unique.
En 1480, il devient le portraitiste le plus en vogue de la bourgeoisie de Florence, et c'est donc tout naturellement qu'il travaille dans la chapelle Sixtine, (Appel de saint Pierre et de saint André), où il collabore avec Boticelli. Ses œuvres principales sont la décoration de la chapelle familiale des Sasseti à Santa Trinita de Florence et du choeur de Santa Maria Novella. Alliant son art à celui de la fresque, il excella par son sens de la décoration et de la couleur, l’apport de recherches nouvelles dans le domaine de la perspective et par son ouverture aux influences de ses contemporains italiens ou flamands. Il représenta avec un réalisme sobre sa ville natale et les grands bourgeois florentins, ses clients.
 
Ce tableau est à mon sens une petite révolution : Il comporte le détail inattendu d’un visage défiguré. (L’homme serait le portrait posthume d’un patricien florentin, accompagné d’un jeune garçon, son petit-fils, selon le titre également donné au tableau, atteint d’un mal qui reste à ce jour indéterminé (tumeur, acné rosacée, couperose épaisse...). Le détail semble d’autant plus affecter l’image qu’il "fait tache" au milieu d’un agencement soigneusement ordonné et stable. Et pourtant, l’image reste étonnement douce et garde des allures sages et tranquilles, grâce à la posture de l’enfant qui porte encore les marques du hiératisme d’antan. La main est éclairante à cet égard. Une tension naît de ce contraste. Bien plus, la toile fascine et questionne sur cet effet contradictoire et pour le moins intriguant. La position en contre plongée du jeune garçon, donnant directement à voir sur le véritable sujet du tableau : la figure centrale du patriarche. Placé au centre exact de l’image, c’est-à-dire à l’intersection des médianes et diagonales, ce nez rayonne. Phénomène aggravé par son débordement sur le fond sombre qui l’éclaire par contraste. Le peintre fait de cette formidable excroissance, une figure poétique des plus fascinantes. Le détail nargue les quelques désirs de perfection, de régularité et de dignité, mais la facture demeure lisse et polie, à savoir convenable et respectable.
Le maître italien fait semble-t-il, une estafilade « réaliste » à l’idéalisme à l'italienne, qui se profile sous les figures chrétiennes, (qui sera célébré sans vergogne à travers les créations déroutant es de son élève, Michelangelo Buonarroti) en créant un lien vers le "réalisme" flamand.

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Hans MEMLING

AutoportraitE

Hans Memling est né à Selingenstadt, près de Mayence. La date de sa naissance est sujette à discussion, on s’accorde à la situer entre 1435 et 1440. Rien de certain n'est établi sur l'artiste avant 1465, date à laquelle il acquiert à Bruges le droit de bourgeoisie pour vingt-quatre schillings. Sans ce droit il ne pouvait pas exercer son art. Il aurait été l'élève du célèbre Rogier Van der Weyden à Bruxelles (cet apprentissage, couramment admis du fait de certaines études stylistiques, n'est pourtant pas certain. On suppose que, son maître étant mort l'année précédente, Memling voulait créer son propre atelier), avant son arrivée à Bruges.


Potrait d'un jeune homme priantLe choix de cette ville est lié à l’absence de foyers picturaux importants en Allemagne (Cologne exceptée), à l’importance de Bruges, qui est alors la cité la plus dynamique et la plus peuplée (et ce jusqu’à ce qu’Anvers la détrône). Bruges est à cette date un centre artistique exceptionnel et cosmopolite. Considéré comme un grand maître dans sa ville d’accueil, Memling n’entre jamais dans la guilde, préférant rester indépendant. La personnalité de Memling se détache de celle de ses comptemporains très rapidement. L'artiste imite Jan Van Eyck dans la précison des reflets (sans toutefois atteindre la même perfection technique) et s'inspire de l'art plus narratif de Rogier Van der Weyden. La personnalité de Memling se caractérise par l'originalité de ses compositions religieuses et surtout par ses portraits. Memling, à l'image d'un enlumineur, a le goût de la décoration. Rigoureusement symétriques, ses oeuvres invitent l'oeil à lire successivement de multiples scènes remplies de détails selon les règles de la préciosité déjà chères à Jan Van Eyck.



Dyptique de Maarten Van NiewenhoveExceptionnel dessinateur, l'artiste excelle particulièrement dans le domaine des portraits où il réalise les créations les plus fortes de son oeuvre. A l'époque, les portraits sont souvent composés en diptyques. Le "Diptyque de Maarten Van Niewenhove" reprend le dispositif d'une Vierge à l'Enfant sur le panneau de gauche et du donateur sur celui de droite. L'homme en prière devant son missel est représenté de trois-quart, tourné vers la Mère du Christ avec pourtant le regard fuyant. En haut à gauche, sur le lumineux vitrail, Saint-Martin, patron des donateurs, domine la scène, l'épée à la main. Sur l'autre panneau, la Vierge est représentée de face. Les deux espaces ne sont en fait qu'un seul et même lieu. En effet, derrière la Vierge, un miroir reflète le portrait du donateur, attestant de sa présence dans la salle. Par ce détail de pure géométrie, Memling trace une ligne entre le monde divin et celui des humains.



Christ donnant sa bénédictionLorsque Memling entreprend un portrait, il choisit minutieusement la pose de la tête, du corps et des mains. La personnalisation intervient dans les phases ultimes de la réalisation. Les ressemblances ne sont retravaillées qu'à la fin. Les rayons infrarouges ont livré quelques secrets sur la technique employée par l'artiste. Dans ses premiers portraits, il esquissait méticuleusement son sujet à l'aide d'une peinture noire. Au fil du temps, il trace des croquis sur la toile à la pierre noire. Son geste devient de plus en plus fougeux et sommaire. Les parties du visages sont travaillées au blanc de plomb qui confère au portrait une grande luminosité.








Tommaso Portinari et son épouseLe résultat est lisse et d'une grande fluidité. Memling gagne en maturité et en assurance : son approche de la peinture est plus vive, libre et audacieuse. Mais la part de mystère réside dans les modèles eux-mêmes. Les protagonistes, songeurs, interpellent les spectateurs. Les effets de présence sont révélés par des regards embrumés et vagues, réticents à affronter notre propre regard. Les mains ont également une grande importance. Elles révèlent les impatiences des hommes car elles sont l'expression des visages inexpressifs. Appuyées sur le cadre, sagement posées sur un rebord, parfois crispées ou jointes en signe de recueillement, les mains nous éclairent sur l'état d'esprit des personnages, entre résignation et apaisement
Le portrait individuel est à cette époque un genre pictural encore neuf. L'artiste fixe ici des règles qui resteront valables jusqu'à la photographie du début du XXème siècle.

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La chute - Hugo Van der Goes

Hugo Van der Goes (1440-1482) est un peintre flamand des Pays-Bas Bourguignons.

Les premières informations certaines sur le peintre le situent en 146? à Bruges, où il collabore à la décoration des fêtes en l'honneur des noces du duc de Bourgogne Charles le Téméraire. Entre 1476 et 1477, il exécute pour Tommaso Portinari, représentant des Médicis à Bruges, son œuvre la plus importante : le triptyque Portinari (Florence, Offices), dont les grandes dimensions sont tout à fait insolites pour la peinture de l'époque.

A côté de cette œuvre, qu'on lui attribue sans hésitation, l'analyse stylistique ne permet d'attribuer que peu de tableaux illustrant la culture de l'artiste, influencée par Jan Van Eyck et Rogier van der der Weyden, comme dans le diptyque de Vienne (Vienne, Kunsthistorisches Museum). Plus tard, Hugo Van der Goes connaît sans aucun doute certaines œuvres italiennes contemporaines, et ce contact l'influence dans le sens qu'il aboutit à une ordonnance plus monumentale de l'espace, telle qu'on la reconnaît par exemple dans l'Adoration des Mages (Berlin, Gemäldegalerie).

En 1477, frappé par une maladie mentale, l'artiste se retire comme frère convers à l'Abbaye du Rouge Cloître près de Bruxelles, mais n'interrompt pas complètement son activité. C'est en effet de cette période que date la Mort de la Vierge (Bruges, Groeningen Museum), où transparaît une tension dramatique plus aiguë, traduite par l'irréfrénable animation expressive des personnages.

(Source : Wikipédia)

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L'Albane - Adonis conduit près de Venus par les amours (détail)

Les amours

L'Albane (Francesco Albani, ). - Célèbre peintre italien, surnommé le Peintre des Grâces, né à Bologne en 1578, d'un marchand de soieries et mort en 1660, à 82 ans.
 Il débuta dans sa ville natale, puis alla à Rome se former à l'école de Carrache où il fit son apprentissage dans l'atelier de Verrochio, et devint le rival du Dominiquin et du Guide. Il excellait surtout dans les peintures gracieuses, comme celles de femmes, d'anges ou d'enfants (On dit que, marié à une fort belle femme, oui lui donna douze enfants également remarquables par leur beauté, il trouva dans sa propre famille ses plus beaux modèles).
Sa définition d'un nouveau classicisme d'une portée immense et durable, en particulier en France, l'a fait désigné en 1658 comme "un des quatre évangélistes de la peinture moderne" avec Guido Reni, le Guerchin et Dominiquin.
S'il fut l'auteur de décors à fresque et de tableaux d'église, il doit avant tout sa réputation à ses œuvres de petits formats, des paysages harmonieux, habités par des figures gracieuses, dans lesquels il a interprété sur un mode poétique très personnel les grands thèmes de la mythologie et de l'histoire sainte. Ses panoramas sereins baignés par une lumière limpide sont à l'origine d'une tradition de classicisme idyllique qui allait être développée après lui par Claude Lorrain.
Ce style classique léger, caractérisé par la présence de nymphes et de putti, jeunes angelots nus, souriants dans des paysages idéaux, inspira jusqu'aux peintres du XVIIIe siècel. Ils lui valurent une faveur critique considérable, suivie à partir du XIXe siècle d'un désintérêt profond (on lui reproche un peu de mollesse et de monotonie) et il eut le chagrin de se voir surpasser par ses rivaux, surtout par Annibal Carrache.

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L'enlèvement d'Hélène - Primatice

Francesco Primaticcio, dit Le Primatice (Bologne, 1504 – Paris, 1570) est un peintre, architecte et sculpteur italien. Il est l'élève de Giulio Romano, avant de venir en France travailler au service de François Ier en 1532 et sera un des maîtres de la Première École de Fontainebleau. Créateur génial aux multiples talents, Primatice consacra l'essentiel de sa vie à servir par son œuvre la France et ses Rois, de François Ier à Charles IX (dynastie des Valois).

Primatice arrive comme substitut de Guilio Romano auprès de François Ier, la destinée du peintre bolonais est dès lors liée à celle des derniers Valois. Fontainebleau est alors un centre artistique en pleine effervescence, dont il sera un des maîtres incontestés de l'École du même nom. Il sera aussi le premier à mettre en scène la Cour : Il imagine fêtes et mascarades, multiplie les décors intérieurs (la Galerie Basse, l'Appartement des Bains, la Chambre de la duchesse d'Étampes, le Cabinet du Roi, etc.) mais aussi dans le jardin du Château (pavillon de Pomone, Fontaine d'Hercule, Grotte des Pins). Il réalise également les fresques originales de la "Sixtine des Valois", à l'abbaye de Chaalis. Sous le règne d’Henri II, les réalisations se multiplient dans le domaine de la sculpture funéraire (Tombeau des Guise, Urne du cœur de François Ier…) ; à Fontainebleau, il dirige Nicolò dell’Abate, dans la décoration de la Salle de Bal. Nommé Surintendant des Bâtiments, il consacre principalement ses dernières années au monument funéraire d’Henri II et à la Rotonde des Valois à Saint-Denis.

Peintre du Roi, à la fois dessinateur, sculpteur, architecte, Primatice fait évoluer l'art en introduisant en France le raffinement et le maniérisme italien, l'héroïsme épique (en référence permanente à la mythologie, dieux et héros) créant ainsi un style personnel, un style primaticien, dont l'influence va gagner toute l'Europe.

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Dallas, the earlier years - G. HARVEY

 

G. Harvey a grandi dans le décor accidenté des collines du nord de San Antonio au Texas.

L'ouest américain est non seulement l'inspiration de l'artiste mais aussi l'héritage de ses ancêtres.

Il s'intéresse très tôt aux esquisses et au dessin, intérêt lentement transformé en une passion pour la peinture. G. Harvey s'est rendu compte bien vite que les week-ends et les nuits ne parvenaient plus à satisfaire son amour de la peinture. Il abandonne alors la sécurité d'un travail à temps plein à l'université d'Austin et se jette avec énergie dans son art.

Harvey peint l'esprit de l'Amérique, de ses collines et prairies occidentales, aux commerces de ses grandes villes. Ses peintures originales sont dans les collections de musées prestigieux. Il a été le destinataire des récompenses innombrables et le sujet de trois livres.

Aujourd'hui, G. Harvey habite dans la zone historique de Fredericksburg, au Texas, dans une vieille maison (150 ans) en pierre construite par des colons allemands.

Sa peinture est âpre, proche d'un certain néo-impressionisme tout en étant très réaliste. Belle comme les décors et les grands espaces du grand ouest américain dont on peu difficilement restituer toute la splendeur au travers d'un morceau de toile encadrée.

 

Especially dedicated to Al.

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Le banquet de Psyché - Giulio Romano

Le banquet de Psyché

Giulio Romano (ca 1499 – 1er novembre 1546), de son vrai nom Giulio Pippi et connu en français sous le nom de Jules Romain était un peintre, architecte et décorateur italien de la renaissance, un des premiers artistes maniéristes.
Elève favori de Raphaël, à Rome, alors qu'il était encore dans l'atelier de Raphaël, il exécuta la plus grande partie des fresques des loggias du Vatican (d'après les dessins du maitre), un groupe de figures dans la fresque dite de l' « Incendie du Borgo », et l'essentiel des compositions de la chambre dite de Constantin. Il collabora aussi à la décoration du plafond du Palais Farnèse.
Fuyant la cité romaine lors d'une épidémie de peste, Giulio rejoint la ville de Mantoue, où il passe le restant de sa carrière et connaît le mécénat de la famille Gonzague. Le marquis Frédéric II lui commande le Palais du Te, que Giulio réalise de 1526 à 1534 tant pour la peinture que l'architecture. Cette résidence devient rapidement un modèle du genre pour l'art maniériste. À l'intérieur, Giulio et son atelier peignent à fresque les murs de motifs illusionistes souvent antiquisants, notamment ce Banquet de Psyché et un putti urinant plein d'humour, ou une monumentale Lutte des géants et des dieux qui met en scène le combat mythologique avec de vigoureux effets de raccourcis.
L'activité de Giulio Romano comporte aussi nombre de dessins, dont une suite érotique, connue comme I Modi (que l'on peut traduire par Les Positions). Ces estampes servirent d'illustrations aux "Sonetti lussuriosi" (Sonnets luxurieux) de Pierre l'Arétin, évoquant, avec un langage très cru, le désir et les pratiques sexuelles.

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Le jeune joueur de luth - Bartoloméo Manfredi

Le jeune joueur de luth - manfredi


(ostiano, près de Mantoue, v. 1580 - Rome 1624)

Elève et imitateur du Caravage, il a joué à Rome dans les premières années du XVIIème siècle et surtout après la disparition de son maître (1610), un rôle décisif dans la diffusion du luminisme et y amena de nombreux peintres venus du nord (notamment les français Vouet, Tournier ou Régnier).

Ses peintures ressemblent à s'y méprendre au maestro, par son caractère naturaliste, son réalisme parfois brutal, son érotisme âpre et troublant, l'utilisation à outrance de la technique du clair-obscur et même par ses thèmes de prédilection.

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Fête de Saint Roch à Venise - Canaletto

Fête de la Saint Roch
Giovanni Antonio Canal (7 octobre 1697 - 19 avril 1768), fils du peintre Bernardo Canal, d'où son surnom Canaletto sous lequel il est reconnu, Célèbre pour ses panoramas de Venise, qui servaient de cartes postales pour ceux qui pouvaient les acheter, en majorité des anglais qui ont conservé une grande partie de ses oeuvres.
Il réussit d'abord dans des décorations de théâtre, puis peignit des Vues de Venise qui sont très recherchées; il se servait avec avantage de la chambre obscure pour les lignes de ses tableaux, il se distingue par la justesse de ses effets, par la transparence des fonds et des ciels.
En 1746, Canaletto s'installa plus particulièrement à Londres, où il peignit nombre de panoramas anglais, mais continua aussi à réaliser des vues de Venise, à partir de dessins préparatoires qu'il avait apporté d'Italie.
En 1753, il rentre à Venise. Les toiles de ses dernières années seront critiquées pour l'utilisation répétée des thèmes qui firent son succès.

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L'ange de l'annonciation - Lorenzo Lotto

L'ange de l'annonciation

Lorenzo Lotto (Venise, 1480 - Lorette, 1556) peintre italien, connu comme un artiste sensible, tourmenté, inquiet, marginal et solitaire, à la vie vagabonde, un peu paumé dans une époque de génies considérables. Influencé par Bellini et Raphaël, puis par l'école allemande (Dürer), son œuvre est caractérisée par des portraits pathétiques de personnages mélancoliques, mais apparaît néanmoins comme très personnelle. Elle est constituée de nombreux retables et tableaux religieux.
Mal connu, Lorenzo Lotto souffrit toute sa vie d'un manque de reconnaissance et n'a pas rencontré le succès qui aurait dû être le sien. Sa peinture fut considérée comme démodée dans une époque dominée par les deux grands peintres vénitiens, Le Titien et Le Tintoret. Il est mort sans ressources, après avoir rejoint un ordre religieux en 1554.
Ses travaux réalistes et compréhensifs, remplis de couleurs vives, se penchent vers l'art flamand plutôt que vénitien. Pendant des siècles Lotto est resté en grande partie ignoré par des critiques d'art, et c'est seulement au XXème siècle que sa réputation a été rétablie. C’est un artiste unique qui témoigne d'une étrange modernité, innovant en jouant sur les effets de perspective et trouvant un style propre avec ses figures d’anges aux formes gracieuses.

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La jeune fille à la perle - Vermeer

La jeune fille à la perle

Johannes Vermeer, dit aussi Vermeer de Delft, né à Delft(Pays-Bas) le 31 octobre 1632 et mort dans la même ville le 15 décembre 1675.

La Jeune Fille à la perle ou la Jeune Fille au turban peint vers 1665, exposé au Mauritshuis de La Haye (huile sur toile, 45 × 40 cm). On l'appelle aussi la « Joconde du Nord ».
Vermeer a travaillé avec des éléments chromatiques simples; quelques glacis du même pigment expriment les ombres. Le turban, mélange d'outremer et de blanc, est surmonté d'un tissu jaune éclatant ; la veste modelée avec un ocre plus clair fait ressortir le blanc du col qui se reflète dans la perle. L'art de la carnation tient dans un glacis mince, de couleur chair, sur un sous-modelage transparent.
Éclatante sur fond de néant, la jeune fille ne se laisse pas oublier facilement. Tracy Chevalier lui a consacré son deuxième roman (édité à La Table Ronde/Quai Voltaire, 2000), qui retrace la vie imaginée du modèle du tableau et des circonstances qui ont entouré la réalisation de ce dernier.

Portrait ou figure de l'idéale beauté? La jeune fille à la perle et au turban gardera son mystère. Quand le visiteur quitte le musée, il sent que son regard songeur le suit.

(Source : Wkipédia)

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La vierge en trône avec l'enfant - Fra Angelico

Vierge en trône avec l'enfant

Fra Angelico (Fra Giovanni da Fiesole, dit), célèbre peintre florentin, né en 1387, dans la province de Mugello, près du château de Vicchio, à quelque distance de Florence, mort le 18 mars 1455 à Rome.

C'est un peintre spiritualiste et subjectif. La correction des formes physiques n'occupe dans son idée qu'une place secondaire, et, en raison de ses scrupules religieux, il ne connut qu'imparfaitement l'anatomie du corps humain. Beaucoup de ses peintures sont dépourvues de relief et ont l'aspect des grandes miniatures, même sous le rapport du coloris; souvent aussi la science du clair-obscur lui fait défaut. Son art, est avant tout expressif, mais empreint toujours d'une suavité et d'une douceur infinies. La douleur même est voilée d'une teinte de mélancolie sous son pinceau.

On l'a appelé« le peintre des rêves séraphiques », car ses madones juvéniles, ses anges, ses figures féminines rayonnent d'une beauté céleste. L'admiration de ses contemporains s'est formulée dans le surnom d'Angélique (Fra Angelico), accordé au grand artiste, et l'humanité restera toujours subjuguée par le charme de ses créations extatiques qui ravissent l'âme dans les régions éthérées. Sous ce rapport et sous celui de l'intensité du lyrisme religieux, Fra Angelico fut sans prédécesseur, comme il resta sans rival. Nul ne l'avait précédé dans cette voie, et nul ne l'y suivit. Il fut dans l'art le dernier représentant de l'idéal religieux du Moyen âge, et il se tint en dehors du mouvement qui emportait ses contemporains dans le courant réaliste.

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Portrait de Gian Girolami Grumelli - Moroni

Le cavalier en rose
Dimanche 1er octobre - Musée du Luxembourg - Exposition "Titien, le pouvoir en face"
Je tombe en arrêt devant le portrait de cet italien.... Idéal masculin qui émerge au mileu des toiles du Titien.
Je suis littéralement soufflé par la modernité des traits du visage, qui semble se projeter en dehors de la toile, les paumettes encore rougies d'un effort....alors que le corps reste engoncé dans ce pourpoint rose ridicule.
Peut on tomber amoureux d'un modèle peint en 1561?
Assurément oui!!!

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Le joueur de luth - Caravage

Le joueur de luth
Tableau en clin d'oeil à celui qui pratique cet instrument....

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La vierge annonciation - Pompeo Batoni

La vierge de l'annonciation

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Alof de Wignacourt - Le Caravage.

Alof de Wignacourt

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Fra Angelico : Ange en adoration

Ange en adoration

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La vierge à la grappe - Pierre Mignard

La vierge à la grappe

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Louvres magique

Les noces de Canaa de Veronèse

Alors que s'affrontent dans la même salle les opposés, mon regard est irrémédiablement attiré, aimanté par ce tableau de Véronèse alors qu'il reste très critique sur la madone au sourire aussi niais (il ne lui manque que des boucles d'oreille en vache qui rit!!) que celui qui se fixe sur les faces des badauds agglutinés dans la file immense!

Tous y est gigantesque, la taille, la composition et les couleurs!! Ah mon dieu ces couleurs qui ont si bien été rénovées que ce repas où le Christ a multiplié les pains et change l'eau en vin (ça c'est pour la légende!!! ), ce repas donc semble animé, mû par une force, il bouge le long de ses perspectives monumentales!! On ne peut qu'admirer le sens de la mise en scène....dommage que la salle ne permette pas de reculer pour l'admirer de plus loin.

Grandiloquent, certes, mais d'une telle beauté, d'un tel réalisme dans le détail des drapés et des tissus......

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