Tourner encore une page du journal de bord...
Dans ton silence forcé, j'ai navigué sans amers. Déboussolé, j'ai perdu mes repères, j'ai perdu pied, écrasé par ce qui m'est apparu comme de l'indifférence, voire du mépris .
Pourtant, je me suis exposé à toi comme un homme. L'âme à découvert, corps et coeur à nu.
Je t'ai confié mes secrets, mes rêves les plus intimes, et si ces mots sont dénués de sens aujourd'hui, la faute au lien rompu, ils résonnent encore en moi à l'infini et auraient pu me plonger dans l'abyme tant j'ai été désarçonné. J'ai dérivé au gré du courant variable de ma mélancolie, me suis retranché sur une plage de solitude où j'ai choisi d'échouer pour carèner, digérer ce nauffrage, m'ancrer dans ma réalité ...laisser le temps à l'oeuvre car les amarres amères ne sont pas bonnes conseillères.
J'aurais du me méfier, mais je n'ai écouté personne en fonçant toutes voiles dehors, inexorablement attiré par le chant des sirènes... mais surtout abusé par de trop douces paroles, allant bien au-delà de ta pensée.... et que tu ne devrais plus prononcer, ne serait-ce que par respect d'autrui.
On a le droit d'être jaloux que quand on aime et quand on se laisse aimer en retour. Sinon ce n'est que jalousie malsaine et non fondée : l'autre n'est pas ta propriété! Qu'ai-je été pour toi, à part une marionnette à désarticuler, de celle qu'on exhibe fièrement pour sauver les apparences et jouer la comédie du bonheur partagé? Une vie en trompe-l'oeil, un miroir aux alouettes où l'on ne se remettra jamais en cause puisque ce qu'on y voit est déformé!!!
Naif, j'ai cru pouvoir pardonner mais je me suis retrouvé à me ronger devant ton évidente lâcheté. Tu t'es enfui comme l'enfant qui a peur de se faire gronder. Je t'ai tendu la main dans une geste désespéré, tremblant comme face au chien dont on ne sait s'il va l'attaquer ou s'y frotter... tu l'as dédaigné.
La seule chose que je me reproche aujourdh'ui est de t'avoir aimé trop vite...Le schéma est bien établi, l'approche était juste tellement différente, le grappin si bien enrobé, que je n'ai pas vu les mailles du filet pourtant si évidentes.
Sans honte, j'estime que tu ne m'a jamais mérité, plus occupé à me jeter de la poudre aux yeux qu'à réellement écouter, et cette place que tu disais m'avoir faite n'a jamais réellement existé. L'amour te fait fuir, te fait baliser? Et bien pars donc...On arrive toujours à trouver la force de vaincre nos peurs quand on s'aime... Encore faut-il s'en donner la peine.... encore faut-il se laisser cette chance, et tenir le cap. La mer est si belle....
Par V.king, Jeudi 17 Janvier 2008 à 21:49 GMT+2 dans Mes mots à moi (article, RSS)




