V.king

 

Prochain arrêt... la terre ferme!!

 

 

J'ai longtemps voyagé au gré de mes envies et mes humeurs sur mon nuage doré où tout me semblait joli et gentil, naviguant, éveillé, de rêves en rêves, pour m'halluciner et y croire toujours et encore.

J'ai toujours refusé de me blaser, espérant garder une certaine "fraicheur" d'esprit et une capacité à m'émerveiller parfois digne d'un candide. Cependant je n'ai jamais d'emblée  fait confiance aux inconnus qui ont voulu stopper ma course effrenée vers l'inconscience, défiant effrontement mon âme constamment inquiète et sujette aux pires angoisses. J'ai avancé sur mon chemin, le plus droit possible, le plus digne possible, trop peut-être. J'ai douté, je doute encore, du bien-fondé de mon mode de fonctionnement, toujours en mouvement, au risque de faire de la remise en cause une seconde nature et dérouter mes proches par une instabilité manifeste et souvent improductive.

J'ai rencontré des gens, aux discours bien rodés, qui ont exaltés mes rêveries avec les mots que je voulais entendre, ceux-là m'ont vu venir, débarquant de ma planète, jouant de ma crédulité, comme un chien de son os ; ils se sont fait plaisir, exacerbant en le flattant leur sentiment de supériorité. J'ai été trop souvent une victime consentante, exposant mon flanc systématiquement au même stéréotype, le nuage s'est crevé, je suis tombé à terre.

J'avance coûte que coûte vers un avenir que je veux toujours meilleur. Je crois toujours avoir des certitudes sur la vie et ses routes tortueuses sur lesquelles elle s'ingénie à nous jeter... de la route à la déroute, il n'y a parfois qu'un pas, le chemin est glissant. J'ai toujours été un bon petit soldat, je marche au pas cadencé, sur mon parcours jonché d'obstacles... si un mur est infranchissable il sera contourné...si la fosse est trop profonde je m'y écorcherais les mains , ou à défaut je prendrais la main charitable qui se tendra, pour m'en sortir.

J'ai beaucoup changé en deux ans d'apprentissage intensif de la vie, je ne suis pas découragé, juste un peu plus attentif aux sens cachés, aux apparences trompeuses.... Je suis tout et son contraire, capable du pire comme du meilleur, les pieds sur terre et la tête dans les nuages, trois maximes qui me poursuivent et que je n'ai jamais cherché à dementir.  

Vos commentaires

1 Le Lundi 3 Decembre 2007 à 12:01 GMT+2, par Spice

Comment te dire... ? Je me reconnais enormément dans ce que tu écris là... je serais bien incapable justement d'écrire des choses pareilles.

J'ai longtemps été hyper naïf, émerveillé de tout (tel un gosse devant un sapin de Noel), mais depuis qq temps je suis devenu méfiant de tout et de toute le monde !!!

Apprentissage de la vie ??? Si tu le dis... Dire que ça t'as pris 2 ans et que je commence à peine à arpenter ce chemin... Pffff les courses de fond très peu pour moi...

2 Le Lundi 3 Decembre 2007 à 18:36 GMT+2, par jardinbaroque

Il n'y a rien de pire qu'avoir la certitude d'avoir compris certaines choses et se retourner un beau jour en faisant le constat qu'on a si peu appris.
N'en déplaise à Spice, l'apprentissage de la vie est une course de fond qui ne dure pas deux ans. C'est infiniment plus long, pour peu qu'on s'y atèle avec courage et l'envie d'avancer vraiment. Certes, on peut s'illusionner sur ce que l'on pense être un surcroît de lucidité ou de maturité... jusqu'au jour où un Autre (car ce que nous nommons "destin", qui, selon Pagnol, était "l'excuse des imbéciles", fait curieusement bien les choses) fait voler en éclats ces certitudes, aussi infimes soient elles. Pour qui sait voir, l'amour a au moins ceci de bien : il est le révélateur souvent impitoyable de nos faiblesses et de nos illusions. Tant que nous dépendons du regard de quelqu'un d'autre, nous restons des enfants. Tant que nous désirons des choses dont, foncièrement, nous n'avons pas besoin, nous restons des enfants.
Grandir c'est, à mon sens, se déprendre de ce qui pèse inutilement, que ce soit matériel ("T'as vu mes nouvelles pompes?" "Mon nouveau portable?", "Mon nouveau bouquin?"...) ou affectif (béni soit le jour où "je t'aime" devient simplement "j'aime"), c'est avoir tellement dépassé ses limites qu'on ne se souvient pas d'en avoir eu, c'est ne faire qu'un avec la vie.
Je sais, chers Vking et Spice, que ces lignes inutiles (n'est-ce pas beloved Vking?) vous sembleront les élucubrations d'un idiot d'aventure guetté par la sénilité, et que vous les accueillerez, au mieux, d'un haussement d'épaules, et encore. Prenez-les plutôt comme un signe amical de quelqu'un qui, comme vous, est en chemin.

3 Le Lundi 3 Decembre 2007 à 19:44 GMT+2, par Spice

Petit commentaire inutile pour dire une fois de plus à quel point j'admire les personnes qui savent mettre "écrire"... Ce fut un plaisir de te lire Jardinbaroque...

4 Le Lundi 3 Decembre 2007 à 19:54 GMT+2, par Spice

Je suis tellement boulversifié par la prose de Jardinbaroque que j'en fais des fautes de frappe... La honte !!! Ma phrase veut plus rien dire !!!

5 Le Mardi 4 Decembre 2007 à 08:33 GMT+2, par V.king

Chacun trace sa route en fonctions de ses choix... tu as fait le choix de te "déprendre de ce qui pèse inutilement", c'est ta vision des choses... oui tes lignes sont en ce sens inutiles parce que je n'ai pas encore décidé de me retrancher derrière ce que tu appelais il y a quelques années ma carapace cadenassée. Mon élévation spirituelle n'est donc pas pour demain, le salut de mon âme non plus...

6 Le Mardi 4 Decembre 2007 à 09:39 GMT+2, par Haktarus

Mr. King... j'ai découvert ton blog par hasard, et je ne manque plus un épisode... toujours hypnotisé par ce que tu y décris et racontes... il me semble alors être très proche de ton univers, et ça met du baume au coeur :)
Merci, continu...

Mon blog : daylio.canalblog.com

7 Le Mardi 4 Decembre 2007 à 20:57 GMT+2, par nousnous

oublies jamais une chose : on ne change pas!
on reste ce qu'on est avec juste la lucidité de ce qu'on est ....
il n'y a pas d'autre vérité.
et le jour où tu te retrouveras face à celui qui saura t'accepter tel que tu es sans rien demander à changer, ce jour là tu auras enfin le droit de poser tes valises et te dire que tu as trouvé ton train! ... et personne ne peut te dire autre chose!
ensuite, ..., quand certains ont du mal avec la vie et la réalité de ce qu'ils sont, ils prennent des sentiers qui les éloignent d'eux-mêmes en leur faisant croire le contraire ... et ils sont persuadés avoir trouvé la voie ... et pense que tout le monde devrait faire de même ... sans avoir compris qu'ils se sont perdus eux-mêmes ... momentanément pour certains, définitivement pour d'autres.
Relis ce que tu as écrit et vois qui tu es car c'est bien toi dans ces lignes et ce sera toujours toi. et c'est ça ta force!

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