Pierre Lapointe au Bataclan
ll y a trois ans, il était un nouveau venu méconnu. Aujourd'hui, Pierre Lapointe est perçu comme l'un des fers de lance de la jeune génération d'auteurs/compositeurs du Québec. Mais qu’ai-je fait de tout ce temps, moi qui ne l’ai découvert que cette année? Je n’aime pas trop en général me retrouver dans la position du fan transi qui aligne les superlatifs, sans recul apparent, pour décrire la musique de mes artistes fétiches…. Bon si, je l’accorde je l’ai déjà fait pour Muse et j’ai la même attitude avec Archive!!
Je vais me permettre une lapalissade mais ce qui semble évident sur l’album, l’est aussi sur scène! Je crois qu’une des raisons pour lesquelles j’aime tant La Forêt Des Mal-Aimés, dont j’avais parlé précédemment avec emphase ici : http://vking.mabulle.com/index.php/2007/09/19/88274-pierre-lapointe-la-foret-des-mal-aimes , le deuxième album de Pierre Lapointe (et dans une moindre mesure son premier album éponyme que j‘ai redécouvert ce soir) est la manière dont il mêle le piano, les cordes et l’électronique. Je pense n’avoir jamais vu sur un album francophone une collection de chansons aussi parfaites et mêlant avec un tel bonheur, une pop mélodique accessible, une écriture typique de la chanson francophone et une science des arrangements typiquement anglosaxonne, qui donne à chaque chanson un cachet et une atmosphère propres.
La musique de Pierre Lapointe part un peu dans tous les sens sans jamais s’égarer. J’y retrouve cette tendance que j’aime chez d’autres artistes à composer avec générosité, de façon grandiloquente mais contrôlée, comme dans « le lion imberbe » qui évoque un mariage improbable et incestueux de Radiohead avec Prokofiev, parfois un Sheller avec le magnifique et majestueux « de glace » (ces deux morceaux prennent en live une dimension toute autre, ils provoquent une charge émotionnelle intense et incontrôlable : frissons garantis, larmes refoulées, etc..) ou bien encore dans « deux par deux rassemblés » qui un Gainsbourg des 70’s.
En clair que du bonheur ! Certes un petit regret que ce ne soit Daphné qui fasse sa première partie (comme à la Cigale) et là pour le coup « mourir d’un œil » en live, j’aurais été je pense à ramasser à la grosse cuillère… non!! À la place une blonde à la voix de militaire en retraite, Barbara Carlotti, sans rire, un timbre si grave et profond, qu’il en est troublant, et des chansons gentilles, et une ou deux vraiment bien, le tout dans une atmosphère simpliste et intimiste!!! Au passage j’ai outré mon voisin de droite en osant lui demander le nom de l’artiste… on choisit pas toujours son voisin , en l‘occurrence sur ma droite, il était charmant mais « mal-embouché » (enfin, d‘habitude dans le train je suis abonné aux vieilles!!)
La première partie se termine et il arrive. Il précise que seuls les trois premiers morceaux peuvent etre filmés, et les photographies sont autorisées mais sans flash, de toutes façons je n'avais pas mon appareil!!
Une présence magnétique sur scène, il fait rire, il agace, il émeut… Un panel d’émotions que je ne suis pas prêt d’oublier, tant j’ai adoré. Le Bataclan dans cette configuration permet d’apprécier au mieux l’intimité offerte par la salle, de vraiment voir l’artiste et des musiciens, de pouvoir profiter à fond du spectacle, d’avoir même l’impression d’y participer pleinement.
Vite embarqué dans une sonosphère poétique, musique de notes et des mots, qui parle au cœur et vous plonge dans un univers cohérent, proche de l’émerveillement intégral…
Comme je vous ai déjà mis en écoute mes deux préférées, voici donc deux autres extraits du premier album, fortement appréciés de mon voisin de gauche (non celui-là était parfait, suivez un peu!!), dans leur version live, et que j’ai découvert véritablement.
Fermez les yeux, prenez ma main, je vais vous guider dans la forêt des mal-aimés.
Debout sur la tete
Tel un seul homme
Par V.king, Dimanche 18 Novembre 2007 à 19:46 GMT+2 dans Pérégrinations (article, RSS)




