V.king

 

Savoir aimer...

Pendant longtemps je n’ai pas su dire je t’aime.
Pas de mode d’emploi, pas prévu dans mon emploi du temps, vague notion inutile pour une vie amoureuse désertique mais juste riche en relations humaines.
Des occasions et des actes manqués, des silences prolongés et des anges qui passent… un seul , le gardien de mes premiers doutes révélés, a aidé a transformer le négatif d’une vie, en cliché coloré : un je t’aime pour un ami, un je t’aime quand même.
Pourquoi dire, prétendre, affirmer ce que des actes quotidiens peuvent mieux transcrire que des mots. Ces mots si simples, si pleins et entiers, assenés comme des gifles : Ils gonflent le cœur et marquent la peau…Jusqu’au jour où l’amour n’est plus, ou n’est plus ce qu’il était, et la réalité vous broie ce cœur, le dessèche, et imprime sa marque.
La rupture est une lutte contre l’autre et contre soi-même. Comme des gamins qui se réjouissent de construire un superbe château de sable, dans l’unique but de l’anéantir ensuite, retirant de la destruction le plaisir sans borne d’avoir réussi ensemble à faire preuve d’une infaillible détermination sadique dans la démonstration complice d’une bêtise revancharde : Faire mal par fierté, par orgueil.
Bleus à l’âme que le temps se charge d’estomper, fêlures invisibles, lézardes secrètes cachées derrière une façade factice qui menace de s’écrouler à l’usure du temps, qui rendent méfiante une nature farouche, à peine apprivoisée.
Avec l’expérience, quelques relations tièdes ou fades, quelques coups de crocs de vieux loups ayant repéré la pauvre brebis égarée encore un peu trop blanche et s‘en repaissant juste le temps de la rendre chèvre, les idéaux illusoires s’effritent, le feu follet se calme raisonnablement de lui-même. N’en reste que la braise qui ne demande qu’un souffle pour reprendre et des ex devenus des amis que j’ai toujours, pour la plupart, plaisir à revoir.
Se pose la question de comment exprimer autrement qu’avec une expression aussi banale que « je t’aime » pour dire le plaisir qu’on a à retrouver quelque un, à l’écouter parler, à vouloir partager un moment de sa vie? Tout en ayant peur de voir se reproduire les situations antérieures, que je ne peux de toute façon éviter si je ne veux pas devenir blasé comme tant d‘autres, cela me fragilise certes mais que personne ne s’y trompe, c’est aussi ma force et en sachant que je suis bien loin des canons de l'homme idéal moderne. Pour quelqu’un qui doutera de lui-même éternellement, le dilemme est immense.
J’ai toujours du mal à dire je t’aime, et je m’en mords les doigts…
 
 

Vos commentaires

1 Le Lundi 27 Aout 2007 à 15:20 GMT+2, par Spice

Pourquoi dire "je t'aime" quand il existe tant de façons différentes de l'exprimer sans le dire...

2 Le Jeudi 30 Aout 2007 à 15:17 GMT+2, par Cawouète

Parce que de temps en temps, tout le monde a besoin de 'concret'. Des fois, se contenter des actes ne suffit pas. Ce n'est pas facile à dire, d'accord, mais c'est si agréable à entendre ...
Mais ca n'est que mon avis

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