Les amants
Ils échangent à force de regards complices
une tendresse muette aux autres mais appuyée
par ces sourires entendus sans artifice
qu'eux seuls pensent pouvoir interprêter
Leurs mains, constamment, se cherchent pour se frôler
elles se serrent, se delient, se retrouvent encore
sevrées d'une peau toujours trop tot quittée
elles sont l'unique jonction de leurs deux corps
Et ils vont se quitter sur le bord d'un quai
une joue effleurée du revers de la main
des doigts qui s'égarent sur la fossette creusée
derniers gestes intenses qui les laissent à leur faim
Indiférents même aux regards de travers
prêts à gouter la saveur d'un dernier baiser
l'au revoir, pour une nuit sans partenaire
ils partent alors et s'abandonnent à regret
La nuit, rien pourtant que ce vide à serrer
chacun rêve de retrouver l'autre et ses lèvres
pour rassasier sa bouche et son corps, frustrés
leurs sommeils solitaires se joignent dans la fièvre
Par V.king, Jeudi 17 Mai 2007 à 10:07 GMT+2 dans Mes mots à moi (article, RSS)






