Golden door
Début du XXème siècle. Dans un coin perdu de la campagne sicilienne, Salvatore Mancuso décide de vendre tout ses biens : sa terre, sa maison, son bétail pour partir avec ses enfants et sa mère âgée pour mener une vie meilleure de l'autre côté de l'océan. Mais pour devenir citoyen du Nouveau Monde, il faut mourir et renaître un peu. Il faut abandonner les traditions séculaires et les vieilles croyances de sa terre, il faut être sain de corps et d'esprit savoir obéir et jurer fidélité si l'on veut franchir "La Porte d'Or"...
Emanuele Crialese traite du sujet universel de l'exode (ses déchirements et ses souffrances) en nous faisant vivre le trajet de Siciliens décidés à émigrer aux Etats-Unis, vers un eldorado illsoire et mythique. Le film s'articule de façon très subtile autour de deux moments: la traversée en bateau et l'arrivée à Ellis Island.
L'onirisme poétique, drôle et émouvant, dans la manière dont sont imaginées avec naiveté les richesses de cette terre promise (toute en suggestion) n'est pas sans rappeler le grand Pasolini (d'ailleurs le petit rouquin – Filippo Pucillo - qui fait le muet les ¾ du film n'est pas sans ressemblance avec Ninetto Davoli, l'acteur fétiche du défunt réalisateur!!)
Charlotte Gainsbourg est énigmatique à souhait, et le très convaincant Vincenzo Amato, qui irradie l'écran par son humilité, et sa vérité, (visage de cul-terreux tordu d'émotions et d'hésitations), avec un regard emprunpt de candeur et de....sensualité, commencent par former un couple d'infortune, mais le scénario distille très habilement des signes de leur attachement grandissant et réciproque.
Mention spéciale à Aurora Quattrochi qui interprête une magnifique mama sicilienne au visage creusé et buriné, émouvante par sa force mêlée de fragilité face à un nouveau monde dont elle ne comprend pas les règles.
Petit bemol : le démarrage du film est un peu longuet.
Par V.king, Vendredi 23 Mars 2007 à 19:30 GMT+2 dans La toile (article, RSS)




