Lisieux : Une basilique pour une sainte.
Joan Osborne - St Theresa
Marie-Françoise-Thérèse Martin a vu le jour à Alençon le 2 Janvier 1873. Elle est la benjamine des neuf enfants de Louis Martin, un horloger-bijoutier prospère, et de Marie-Azélie Guérin, qui décède le 28 août 1877. Thérèse est une enfant fragile, que ce drame a profondément marquée, malgré l’amour et l’attention dont elle est entourée. En 1881, les Martin s'installent à Lisieux. Sa sœur Pauline entre au carmel de Lisieux en 1882. Thérèse, à 14 ans sollicite sa propre admission mais la supérieure la juge trop jeune. Pendant un voyage en Italie, après avoir visité Rome, au cours de l'audience accordée par le Pape aux pèlerins du diocèse de Lisieux le 20 novembre 1887, elle demanda à Léon XIII avec une audace filiale de pouvoir entrer au Carmel à l'âge de quinze ans. Les portes du carmel de Lisieux s'ouvrent finalement à elle le 9 Avril 1888.
Elle a 15 ans.
Thérèse s'attache à observer scrupuleusement les règles du carmel. En 1893, elle est nommée sous-maîtresse des novices. Sur ordre de Pauline, devenue prieure, Thérèse écrit sa propre biographie. Cependant, sa santé supporte mal la vie ascétique du carmel. Quelques mois après, le 3 avril, elle souffre d'une hémoptysie, première manifestation de la maladie. Thérèse doit demeurer alitée à l'infirmerie du couvent. Elle sera conduite ainsi à sa mort, qu'elle accueille comme une mystérieuse visite de l'Époux Divin.
Elle entre alors dans une épreuve de la foi dont elle donnera un témoignage bouleversant dans ses écrits. Au mois de septembre, elle achève le manuscrit B qui illustre de manière impressionnante la maturité dans la sainteté à laquelle elle est parvenue, en particulier par la découverte de sa vocation au cœur de l'Église.Elle expire le 30 septembre 1897. «Je ne meurs pas, j'entre dans la vie», elle scelle ainsi une existence qui s'éteint sur la terre à l'âge de vingt-quatre ans pour entrer, suivant son désir, dans une phase nouvelle de présence apostolique en faveur des âmes, dans la communion des saints, pour répandre une pluie de roses sur le monde.
La publication de son autobiographie, en faisant connaître cet itinéraire spirituel simple et exigeant, bouleverse les chrétiens. Elle fut d'abord béatifiée le 29 Avril 1923 par le pape Pie XI.
La célébrité de Sainte Thérèse amena des nuées de pélerins dans la ville de Lisieux. Les autorités religieuses décidèrent d'y construire une basilique en 1923. Idée qui rencontra bien des oppositions dans le clergé local. La ville possédait déjà de nombreux édifices religieux ; on estimait d'autre part que le culte de Thérèse, favorisé par la piété des poilus durant la guerre de 1914-1918, n'aurait qu'un temps.
Ces objections n'ont pas arrêté l'évêque d'alors. Dès 1925, il chargeait un architecte de Paris d'établir un avant-projet. Mais l'édifice proposé suscita de très nombreuses critiques ; à l'étranger notamment, on en trouvait les proportions exiguës et on estimait que, pour la Sainte la plus aimée du monde, il fallait la plus belle basilique possible. On demanda alors un nouveau projet à un architecte du nord de la France, Monsieur Louis-Marie Cordonnier, dont la réputation était internationale.Le Pape Pie XI, qui avait canonisé Thérèse le 17 mai 1925 devant 500 000 pélerins, la considérait comme l'Etoile de son pontificat : Elle fut proclamée Patronne universelle des missions, le 14 décembre 1927, moins de vingt ans après sa mort. Le désir du Pape de construire un sanctuaire contribua à réduire les oppositions locales, et les premiers travaux commencèrent en 1929.
La Basilique
Précédé d'un vaste parvis, le monument se trouve sur une colline, en limite de la cité qu'il domine de sa masse imposante. Grâce à la générosité des chrétiens du monde entier, le parvis, le chemin de Croix, la crypte et la basilique furent achevés et payés en moins de dix ans. Par ses dimensions, l'édifice, construit en béton armé et granit, se compare aux plus grandes cathédrales : longueur : 95 m - largeur du transept 50 m - largeur de la nef 30 m - hauteur du dôme 95 m - hauteur de la coupole 50 m hauteur des voûtes 37 m - superficie 4.500 m². L'édifice est en forme de croix latine, avec nef, chœur et transept. La croisée est surmontée d'une imposante coupole. Le volume intérieur est d'un seul tenant, sans nefs collatérales ni déambulatoire : du fait de l'absence de colonnes, tous les fidèles qui assistent aux offices (entre 3000 et 4000) peuvent voir sans être gênés. Le 11 juillet 1937, le Cardinal Pacelli, futur Pape Pie XII, procède à la bénédiction solennelle de la basilique. La basilique a peu souffert des bombardements de juin 1944, et les travaux d'achèvement (vitraux et mosaïques) ont continué jusqu'au 11 juillet 1954, date à laquelle eut lieu la consécration du sanctuaire
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Les autres jours, les pèlerins peuvent s'attarder sur les mosaïques et les vitraux qui ont été réalisés dans les ateliers de Pierre Gaudin (1908-1973) et retrouvé la grande tradition des maîtres-verriers du Moyen Âge : jouer avec la couleur des vitraux pour créer une lumière qui favorise le recueillement... Il suffit qu'il y ait un peu de soleil pour que les vitraux donnent à la basilique une ambiance particulièrement chaleureuse. Néanmoins, sous l'influence de l'abbé Germain, premier recteur du sanctuaire, l'artiste ne céda pas à son attirance pour l'art abstrait : sans faire de ses vitraux des tableaux de verre (comme les verriers du XIXe siècle), il conçut un projet figuratif, donnant ainsi à tous les pèlerins la possibilité de découvrir, à travers son oeuvre, l'essentiel du message de Thérèse.
La CrypteAlors que la décoration de la basilique supérieure exprime plutôt la gloire de Thérèse et son activité posthume, celle de la crypte exprime davantage les ressorts secrets de la vie spirituelle : sa foi profonde en l'Amour de Dieu et son désir de répondre totalement à cet Amour.
Longue de 50 m, large de 30 m, la crypte est entièrement recouverte de marbre et de mosaïques dans un style Art déco qui, si il est surprenant dans un édifice religieux, traduit très bien la modernité du personnage auquel il est dédié.
Le campanile
Resté inachevé, il abritait les 43 cloches. La sonnerie de volée est composée de 6 cloches dont la plus grosse, le bourdon (9 000 kg) porte sa devise en bronze :"Je sonne l'appel des peuples à l'unité dans l'Amour" Depuis le 21 mai 2000, deux nouvelles cloches sont venues compléter l'ensemble du carillon en partie électrifié (25 cloches), en plus des marteaux manuels. Des ritournelles sont jouées aux heures et demi-heures et changent selon les périodes liturgiques. Ainsi doté de 45 cloches, le carillon de la Basilique de Lisieux, totalement chromatique et d'une grande qualité sonore, figure désormais parmi les plus beaux d'Europe.
Par V.king, Vendredi 16 Mars 2007 à 12:30 GMT+2 dans Pérégrinations (article, RSS)

Je viens de Cormeilles exactement à 32km de chez toi!!!



