La jeune fille à la perle - Tracy Chevalier
L´univers de Griet bascule un jour de 1664 où elle doit devenir la servante d’une famille de catholiques qui vit à Delft. A 16 ans, fille d’un céramiste aveugle depuis un accident de travail, elle doit pourvoir aux besoins de sa famille. Son univers, modeste, se réduit au petit monde des ouvriers et des marchands de viande, le domaine de la peinture lui est radicalement étranger, de même que la vie au quotidien auprès de six enfants! Heureusement pour elle, si l’accueil dans cet univers intérieur régit par des femmes, est bien froid (Catharina la femme pondeuse du peintre, Maria Thins sa belle-mère, Tanneke la bonne à tout faire avant l’arrivée de Griet, Cornelia la méchante enfant qui ne cherche qu’à lui nuire), elle se sent attiré par le maître des lieux, le peintre Vermeer.
Si ce beau roman de Tracy Chevalier fascine, c’est par l’aisance avec laquelle le lecteur se trouve introduit dans la vie austère des familles hollandaises au XVIIe siècle. D’un côté, le dur milieu des petites gens qui ne répugnent point à la peine car pétris de l’idéal protestant ; de l’autre, les difficultés pour un artiste ayant renié sa religion d’origine à nourrir sa famille nombreuse quand il ne fait et vend que deux tableaux par an tout au plus. Des états d’âme de Griet, jeune fille se métamorphosant en femme, servante s’attirant peu à peu d’inédites faveurs du maître, aux inquiétudes des parents en passant par les complots ourdis à leur niveau par chaque protagoniste, La jeune fille à la perle constitue surtout un hommage à l’art de peindre, qui met en particulier l’accent sur la toile éponyme de Vermeer.
Un doux roman, agréable, sensible, très humain, mais qui reste pudique...
Par V.king, Mardi 6 Mars 2007 à 21:59 GMT+2 dans Le livre délivre (article, RSS)





