Exposition "les peintres de la réalité" au musée de l'Orangerie.
On doit notamment à cette exposition la (re)découverte d'un peintre qui passe aujourd'hui pour quintessentiellement français, Georges de La Tour, dont Sterling disait alors que pas plus de sept ou huit personnes ne le connaissaient. Ils ne s'attendaient pas à l'engouement qu'ils allaient susciter pour l'oeuvre de La Tour. Il est donc logique qu'il soit aujourd'hui dévolu à Georges de La Tour d'accueillir le visiteur, avec un regroupement d'oeuvres habituellement dispersées qui est déjà, à lui seul, une fête rare.
Cette fameuse exposition eu pour effet de sortir de l'ombre tout un pan de la peinture française qui souffrait de l'assimilation du XVIIème français à la dyade Poussin-Lorrain et aux peintres de Versailles. En employant l'expression de «peintres de la réalité», Jamot et Sterling pointaient la représentation du monde quotidien et de la «réalité» ordinaire dans de nombreux types de tableaux, profanes ou religieux, à travers des styles très divers et au-delà d'approches formelles fort différentes.
En trois quarts de siècle, le jeu des réattributions et désattributions a eu le temps de faire son oeuvre sur la sélection de Jamot et Sterling. Un tiers d'entre elles ont changé de signature (les cartels actuels rappellent systématiquement ceux de 1934). C'est aussi une des leçons de cette exposition : des peintres mineurs, voire de parfaits inconnus, se retrouvent à l'occasion à pouvoir synthétiser certains courants de leur temps à égalité avec des maîtres.
Parfois, cela reflète les débats et incertitudes des experts : au lieu des différents frères Le Nain, l'exposition actuelle ne connaît qu'un Le Nain générique. Parfois, la réattribution se fait du moins au plus : un (superbe) Christ nu,autrefois donné à un inconnu, a été rendu à Le Brun.La force de Jamot et Sterling est sans doute d'avoir prêté attention aux oeuvres elles-mêmes, plutôt qu'aux catégories dans lesquelles elles se rangeaient. Reconstituer aujourd'hui leur démarche, c'est une manière d'apprendre (ou réapprendre) à voir.
C'est du 22 novembre 2006 au 05 mars 2007, alors dépechez vous et ne vous laissez pas impressionner par la file d'attente, profitez -en en attendant de pénetrer ce coffre aux trésors pour respirer profondemment et preparer votre âme à se contempler dans ce jeu des miroirs que le clair-obscur rend si bien...
Quel bonheur que de se coller le museau sur un georges de La Tour!!!!
Petit bonus, pour apercevoir la majorité des oeuvres exposées c'est ici : Diaporama du journal l'Express
Par V.king, Mercredi 14 Fevrier 2007 à 11:27 GMT+2 dans Pérégrinations (article, RSS)




