Un printemps en hiver
Il est minuit ou presque, plus tout a fait mercredi mais pas encore jeudi.
Mon exil « doré » au sein du cocon familial n’a pas encore pris fin… Je suis arrivé fatigué, épuisé, grippé pour cette grande semaine de repos salvateur.
Loin du brouhaha et de la fièvre acheteuse parisienne, c’est l’heure de se ressourcer.
Cette année ce n’est pas un noël de faste, faute de budget, mes sœurs et ma mère se sont donc contentées des livres que je me suis obligé à aller choisir un mercredi après-midi où je tenais à peine sur mes jambes en pleine folie commerciale à la fnac St-Lazare : Bah oui tout le monde au régime roman historique!!!
Qu’ils sont loin les fêtes de mon enfance toute la famille réunie autour du sapin après la messe de minuit de 20h30!! La course au déchiquetage frénétique du papier cadeau pour finalement être plus ou moins ravi!! La traditionnelle boite de chocolat dévorée en totalité dés le lendemain (je ne me leurre pas c’est finalement le cadeau qui m’a toujours fait le plus plaisir, jusqu’à mon sevrage!!!)
Cette année, comme depuis quelques années déjà, le rassemblement a bien eu lieu mais dans une ambiance bien plus pesante : Tout le monde pense à ma mère dont ¨les soucis de santé sont aussi récurrents et à ma grand-mère qui a failli mourir il y a un mois et demi de cela, mais qui est présente amaigrie d’une bonne dizaine de kilos… … Une baffe au grand connard que je suis quand elle me lance : « maintenant que je t’ai revu je peux mourir en paix »….
Bizarre comme une simple phrase peut vous emmener très loin de vos petits soucis de cœur, et les font paraître bien insignifiants, certes ils seront encore là demain, toujours d’attaque, luttant contre le temps.
Mes fantômes me poursuivent désormais même là où je pensais être intouchable, ils pénètrent dans ma forteresse inexpugnable toujours de la même manière : avec ma mémoire auditive. Une chanson et l’être devenu imaginaire réapparaît.
Dans ces moments de solitude imposée, je suis toujours à fleur à peau et en écoutant une compilation composée spécialement pour moi je découvre une pépite (parmi tant d’autres tant elle est sur mesure), qui me met en émoi lacrymale. Le titre était prémonitoire : November (la chanteuse Willis m’est inconnue).
Dans ces périodes de reconstruction, de fragilité exacerbée où je me replis excessivement sur moi-même, et les doutes réapparaissent plus forts et présents que jamais auparavant, je me dis que cette année aura été la pire de toute : une année de révolutions.
Le bonheur n’est pas sans risque!! Que de risques avérés pour si peu de bonheur!! Que de chutes et de cœurs écorchés !! Avec le temps et l’habitude née de la répétition le sol devrait s’ameublir mais j’ai au contraire l’impression qu’il se durcit.
Trop demandé de bénéficier d’un printemps en hiver?
Par V.king, Jeudi 28 Decembre 2006 à 01:19 GMT+2 dans Mes mots à moi (article, RSS)





