Vous ne vous sentez pas beau, vous avez l’impression que les gens vous trouvent moche. Et cette vision déformée de votre corps et du regard des autres est peut-être bien une maladie : la dysmorphophobie.
Les Médias mettent en avant un type d’individu d’une symétrie physique presque parfaite ceci sous le signe de la normalité. L’individu, possesseur d’un certain esprit, assimile le message et commence à l’intérioriser. Comme son schéma de vie ne contient pas (dans la majorité des cas) un centre d’intérêt qui peut le détourner de son rythme routinier et canaliser ses préoccupations, il réagit en conséquence, en analysant son propre corps. Il est déjà incapable de bien s’évaluer, le message en discussion ne fait qu’augmenter la fausse appréciation. L’individu devient ainsi, d’une manière consciente et déclarée mécontent de son corps, on est devant «l’image de soi négative».
A partir de maintenant l’individu a plusieurs possibilités d’agir :
- Ou il est suffisamment fort pour ne pas sombrer dans une dépression, et il commence à s’intéresser de près à toutes les techniques qui aident à « réparer » les « défauts » : un certain type d’alimentation, relookage, chirurgie plastique, fitness...,
- ou il part battu d’avance, et à ce moment-là on entre dans le domaine de la dysmorphophobie qui peut culminer avec des tentatives de suicide. Il s’agit dans ce dernier cas de gens ayant une fragilité psychique accrue.
Malheureusement on n’est pas encore arrivé à délimiter le simple mécontentement de soi de la dysmorphophobie, cette angoisse profonde qui s'exprime par un manque de confiance et d'amour en leur propre corps: où s’arrête le syndrome et où commence la maladie?. Heu….Vous reprendrez bien une dose de confiance en vous?
Si j'aborde ce sujet, c'est que je suis concerné au premier chef. Cette "negative body image" m'a pourri la vie des années durant, et j'ai pris sur moi quand je me heurtais à l'incompréhension des gens. On m'a même reproché de "subir", sans être forcément conscient des efforts consentis lors de choix de vie importants (Régime draconien me délestant de 20 kilos et du surnom affectueux de "gros mignon" qui peut paraître sympa et rigolo mais, quand on est un peu plus sensible que la moyenne, comporte un mot de trop, indépendance par un choix professionnel mal compris par la famille, puis nouvelle remise en question lors d'un nouveau virage professionnel), alors que la confiance en soi ne peut, à mon avis, se trouver ou se retrouver qu'avec l'appui indéfectible d'une personne assez tenace et pugnace pour admettre votre obsession sans se décourager devant les progrès lents et presque involontaires.
Je n'évite plus les miroirs mais je suis toujours surpris et gêné quand on me dit que je suis "beau" (ou terme approchant).
Je ne serais jamais une pub pour les boxers DIM, pourtant Dieu sait que je les aime!!
Mon équilibre actuel me permet d'enfin m'apprécier suffisamment pour ne plus me trouver moche.
Je ne suis pas parfait et ne le serais peut-être jamais, c'est grave docteur?
A ce jour je pèse 71 kilos pour 1m82, et c'est moi là sur la photo.
Par V.king, Lundi 4 Decembre 2006 à 21:07 GMT+2 dans Mes mots à moi (article, RSS)
Vos commentaires
Le Lundi 4 Decembre 2006 à 21:42 GMT+2, par Caramia
Ce n'est pas très facile d'aborder un tel sujet, surtout quand on est un garçon (sans faire de sexisme, disons qu'on attend ce genre de propos plutôt dans une bouche féminine) aussi je voulais te tirer mon chapeau... Et te dire que c'est le cas de beaucoup, beaucoup de gens. Notre société est malheureusement très centrée sur l'apparence, donc le physique. Pas facile de s'accepter quand les médias nous renvoient une image déformée et un peu pervertie, il faut le dire, des canons de beauté... Pour être conforme à ces canons, il faut être anormal !
Bref, bravo pour ton travail sur toi !
Le Mardi 5 Decembre 2006 à 08:06 GMT+2, par jardinbaroque
Un souvenir me revient, à la lecture de ton courageux article. Lors d'une visite à la récente exposition sur Titien au musée du Luxembourg, un quidam, après un regard rapide à la Vénus d'Urbino, grogne : "Elle est pleine de bourrelets !". Eh oui, tout ce qu'il aura retenu, c'est que la femme représentée par le peintre est, à ses yeux de spectateur moderne, trop grosse. Tout le reste lui aura échappé. Cette dictature de l'apparence fait passer à côté de l'essentiel, et c'est une constante dans le monde où nous vivons. Combien de nos contemporains ont-ils, sans le savoir, une attitude de négation envers l'autre qui ne correspond pas aux canons qu'ils se sont mis en tête, et qui ne sont, la plupart du temps, que surimpressions imposées par l'extérieur, et notamment par les médias ?
On peut tomber malade de ne pas être vu, ou de se sentir systématiquement déprécié dans le regard des autres. On peut se haïr de n'être pas parfait au point d'en arriver à vouloir supprimer ce corps devenu encombrant et source de souffrance. Avec un recul, ici salutaire, on finit par se rendre compte que l'essentiel est ailleurs. Quand on sait, en outre, ce que deviendront nos corps une fois morts, ça aide à relativiser; les penseurs l'avaient compris dès l'Antiquité.
Chose étonnante, lorsque l'on finit par abdiquer cette forme d'égocentrisme subtilement perverti qui nous amène à nous trouver moches, on finit par s'accepter, dans un premier temps, comme on est, pour, ensuite, ne plus s'en soucier. C'est généralement à ce moment précis que la vie se charge de mettre sur notre route cet autre qui nous trouvera "beau" et nous fera nous sentir moins disgracieux. Comme quoi, la vie est parfois bien faite :o) !
Au moment où tu oses parler de ce qui t'a miné des années durant et où, ce faisant, tu mets entre ce sentiment et toi une nécessaire distance, je souhaite que ce regard complice qui te fera sentir à quel point tu peux être désirable ne soit pas loin de toi. Peut-être même t'a-t-il déjà caressé...
Le Mardi 5 Decembre 2006 à 09:01 GMT+2, par v.king
@ caramia : Avec mon éducation "à l'ancienne" en normandie où les gens ne sont ni réputés pour leur chaleur ni leur éloquence, je me suis tu pendant trop de temps sur trop de choses. Parler de son mal-être, surtout quand on sait s'échapper d'une pirouette verbale rigolotte, n'est pas aisé. C'est surement pour cela que ce n'est qu'aujourd'hui que je m'ouvre aux autres en livrant de mon intimité. Merci pour ton témoignage, il m'a ému.
@ mon jardinier baroqueux : Je n'aurais peut-être jamais ton recul sur ce genre de choses, ni ta sagesse de la vie, ce détachement aux choses qui m'auraient permis d'avancer certainement plus rapidement. Mais j'ai toujours voulu avancé à mon rythme, étant plus tétu que je veux bien le laisser croire!! Oui la "thérapie" passe aussi par le regard et les paroles de l'autre, des autres... C'est un travail de longue haleine qui nécessite obstination et persévérance, pour faire fi du découragement à chaque "claque" assenée involontairement avec des paroles maladroites (dixit, l'erreur de casting!!) J'ai passé mon temps à écouter les autres sans que presque personne ne m'écoute, puis il y a eu toi, puis l'exilée djiboutienne (Michelle tu es ma grande soeur de coeur!!), que le destin a placé sur mon chemin. Vous m'avez parfois porté à bout de bras sans vous en rendre compte. Merci (sans fioriture autour).
Le Mardi 5 Decembre 2006 à 10:14 GMT+2, par jardinbaroque
Sagesse ? Non, pas encore. Je commence tout juste à prendre un peu de distance par rapport à l'existence, histoire d'apercevoir un peu mieux les détails de cette vaste toile.
Mais si j'ai pu, par le passé, et si je peux encore, aujourd'hui et demain, être ne serait-ce que légèrement utile, alors le travail quotidien que je mène sur moi-même n'aura pas été complètement vain.
Le Mardi 5 Decembre 2006 à 10:20 GMT+2, par venezia
J'ai lu avec beaucoup d'intérêts ce que tu viens d'écrire,il faut beaucoup de courage pour avoir osé, une fois de plus et sûrement par maladresse coutumière, je ne s'aurai exprimer ce que cet article suscite en moi. Je suis décidément plus à l'aise avec les chiffres qu'avec les mots :0)! Quoi qu'il en soit depuis toutes ces semaines où j'ai pu te découvrir et apprendre à te "connaître" un peu, je m'aperçois que nous avons quelques points communs, et je me rend compte que tu évolu et semble prendre beaucoup d'assurance en toi, alors je te dis chapeau, car moi, bien qu'un peu plus âgé ( ben oui je me suis renseigné :0)! ), je suis encore loin d'avoir cette assurance, et pourtant depuis ces dernières années, et gr^ace à un ami qui saura se reconnaître, je disposes de beaucoup d'atouts pour y parvenir. Alors à te lire je me dis que tout est possible, et le jour où à mon tour, j'oserai m'afficher, j'aurai sûrement franchi un grand pas !
Le Mardi 5 Decembre 2006 à 10:35 GMT+2, par vking
@ venezia : Ce qui est terrible maintenant et surtout par souci inconscient de boucler la boucle, c'est que me vient l'envie d'aller me faire tirer le portrait par une tierce personne. Le pas n'est pas encore franchi, mais ....
Le Mardi 5 Decembre 2006 à 11:05 GMT+2, par venezia
Alors n'hésites plus il faut battre le fer tant qu'il est chaud :0)!
Le Mardi 5 Decembre 2006 à 11:11 GMT+2, par v.king
Chaque chose en son temps!! Il faut savoir attendre et provoquer les événements.
Le Jeudi 1 Fevrier 2007 à 22:53 GMT+2, par lionbaroque
La beauté se voit dans le regard...
Jérôme l'autre viking
Le Jeudi 15 Fevrier 2007 à 20:30 GMT+2, par Black Circus
Je pense que dans le cadre de l'anorexie, nous avons toutes une vision déformée de nous-même et c'est vraiment horrible à vivre.