L'homme de sa vie.
Frédéric, marié et père de famille, passe des vacances, en famille, dans une résidence de la Drôme. Une vie heureuse. Jusqu'à sa rencontre avec son voisin, homosexuel blasé de la vie. Une rencontre chamboule tout et qui remet en cause l'équilibre douillet de sa vie.
D’une histoire d’amour presque classique, sauf qu'il s'agit de deux hommes, la réalisatrice tire un drame fin et bouleversant sur la solitude et le couple. Loin des clichés habituels pour ce type de fiction, le film traite, avec beaucoup de pudeur, des prémices d'un amour qui semble impossible et les remises en question qu'ils engendrent.
Trouvailles visuelles, beauté des cadres et de l'image, tout concourt à nous immerger émotionnellement, le spectateur est enveloppé dans une nappe sensorielle : les lenteurs pour l'ennui ou l'attente de l'autre, les répétitions pour l'obsession amoureuse. Tout est basé sur des impressions, comme un Monet, les contours ne sont pas nets mais en prenant du recul la forme générale apparaît. Le temps est suspendu en allers-retours, accompagné de musiques toujours choisies. Préférant souvent l'ellipse aux bavardages inutiles, tout est en suggestion laissant le spectateur libre de penser.
Brillamment interprété par Bernard Campan, en père de famille chahuté par ses sentiments, ne sachant pas clairement exprimé les troubles qui le travaillent intérieurement, nous fait oublier ses rôles comiques bien lourds, et Charles Berling, trouble à souhait, en homo quadragénaire blasé de la vie, revenu de l'amour, mais si proche de la fragilité.
Zabou Breitman, avec une construction originale, filme avec sincérité et finesse la confusion des sentiments, les fêlures intimes, la fragilité au masculin avec une mise en scène, qui procède par glissements vers une poétisation du réel. Certes on aimera, on comprendra ou pas.
Excellent film à prendre le temps de voir.
Par V.king, Vendredi 20 Octobre 2006 à 12:51 GMT+2 dans La toile (article, RSS)




