Versailles ou l'écrin du temps passé...
J'ai encore les images dans la tête et la musique dans les oreilles.
Tout commence par la chapelle royale où les ors et le marbre se mêlent sous un plafond celeste.
On parcourt la travée exterieure avec l'interdiction formelle de prendre des photos.....
Sauf quand on s'aperçoit, revenu au point de départ, qu'une nuée de touristes brandissants leurs numériques ne se privent pas!!
En bon français qui se respecte j'ai bravé (courageusement) l'interdiction.
Jusqu'au moment où la gardienne au physique de vieille fille aigrie, assoupie sur son tabouret, ne mette un terme à cet intermède non autorisé, réveillée par un flash.
Ellle regagne son poste pour reprendre sa surveillance (très) passive!!
J'ai juste eu le temps de zoomer sur le plafond, là où convergent les regards émus voire reccueillis, avant de reprendre mes déhambulations rêveuses.
A l'étage, comme une porte ouverte sur le ciel, l'orgue est offert aux yeux des curieux, il restera désepérement muet...
Suit un passage très émouvant dans l'opéra, où l'on peut encore respirer de cette ambiance faite de confidentialité et de grandeur en s'asseyant sur la banquette, on se plait à attendre la venue du plus tartuffe des malades imaginaires.
De couloirs en salles, de salles en salons, les siècles vous contemplent à travers les dorures et les pigments qui explosent en une fête rétinienne....
Là une cheminée monumentale, là un mur tendu de tapisserie de soie et velours vert, enfin à l'abri de la lumière, engoncée dans son ambiance tamisée et confinée, la chambre royale, où il faut jouer des coudes pour ne voir qu'une seconde, la plus célèbre des scènes du théatre solaire!!
Au détour d'un salon, un flash pour cette cheminée vêtue de son plus beau manteau de marbre rouge veiné, âtre précieux mais totalement inutile dans une pièce de cette dimension...
L'art du décorum réchauffe le coeur et les yeux mais pas les corps!!
Au bout de cette enfilade de salons je sais ce qui m'attend, cette perspective glacée dont je me réjouis à l'avance.
La restauration n'est pas encore terminée mais qu'importe ce qui est déjà visible vaut le déplacement.
Les touristes ne s'y trompent pas : nuques tendues à l'unisson vers le ciel chamaré et ravivé....
Démultipliée par le jeu des miroirs, la foule s'avance hypnotisée par ce plafond celeste.
C'est un telle foison de détails... un feu d'artifice de couleur, chatoyant comme au premier jour... le ciel de la galerie jette ses reflets dans l'eau des miroirs
L'achèvement et le point d'orgue d'un voyage dans les fastes monarchiques, là où la folie des grandeurs cotoie le génie.
Le rêve d'un homme réalisé pour honorer la mémoire d'un père qu'il n'a pas connu, et pour asseoir son pouvoir absolu aux yeux des grands de France et d'Europe par le faste et la magnificence.
Par V.king, Dimanche 1 Octobre 2006 à 19:50 GMT+2 dans Pérégrinations (article, RSS)




