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Sienne, l'éternelle rivale.

 "La vita va" - Baustelle

  

Un peu moins connue que sa rivale Florence, Sienne est immergée au cœur de la campagne toscane. Elle est l'incarnation de la ville médiévale : Ses habitants ont poursuivi à travers le temps un rêve gothique et ont su conserver à leur ville l'aspect acquis entre le XIIe et le XVe siècle. À cette époque, Duccio, les frères Lorenzetti et Simone Martini traçaient les voies de l'art italien et, plus largement, européen. La ville entière, construite autour de la Piazza del Campo, a été conçue comme une œuvre d'art intégrée au paysage environnant. Si Florence est le berceau historique de la Renaissance, Sienne, elle, est en elle-même une œuvre d'art..

Selon la légende, Sienne fut fondée par Senius et Aschius, fils de Rémus (la Louve romaine qui l'allaita est de ce fait devenue l'emblème de la ville). Ils fuirent la ville pour échapper à la fureur de leur oncle Romulus, sur deux chevaux donnés par Apollon et Diane, l'un blanc et l'autre noir. Ils s'arrêtèrent dans la vallée du Tressa et fondèrent une ville qu'ils baptisèrent du nom de l'aîné, Sienne (en latin Sena Julia). Le blanc et le noir devinrent alors les couleurs de la ville. Plus prosaïquement, Sienne fut fondée en tant que colonie romaine du temps de l'Empereur Auguste, sous le nom de Saena Julia. Les faibles informations quant à la période précédent sa fondation, suggèrent l'existence d'une communauté étrusque. Au Vème siècle, elle devint siège épiscopal. La ville se développe dès le VIIème siècle à l'époque des rois lombards. Au Xème siècle, la ville se retrouve au centre d'importantes voies commerciales qui menaient à Rome et, grâce à cela devint une importante ville médiévale.

Dès le XIIème siècle, une république indépendante y fut instaurée. Les Siennois, tout comme les Florentins et les Pisans, tiraient leurs richesses des activités de banque et de commerce, ce qui les plaçait en concurrence directe. A partir de la première moitié du XIIème siècle, Sienne prospère et devient un important centre commercial, entretenant de bons rapports avec l'Église ; les banquiers siennois étaient un point de référence pour les autorités de Rome, vers lesquels ils se tournaient pour des prêts ou des financements.  À la fin du XII siècle, se ralliant à l'Empereur, les gibelins siennois s'opposèrent aux Florentins qui soutenaient le Pape. Elle devint alors l'éternelle rivale de Florence, ennemie par le fait des Médicis, ces derniers feront en sorte qu'elle ne fasse jamais d'ombre à la belle Toscane. Florence fut longtemps tenue en respect avant d'infliger une cinglante défaite en 1260, à la bataille de Montaperti. Sienne perdit la guerre lors de la bataille du Col du Val d'Elsa, en 1287, au plus haut de sa splendeur, tant économique que culturelle. Mais peu après ces événenements, une épidémie de peste qui emporta un grand nombre de Siennois, signa alors la lente décadence de la République siennoise. Sienne se soumit à Florence au XVIIIème siècle et fut incorporée au Grand Duché toscan.

Toutes les rues convergent vers la Plazza del Campo, cette fameuse place réputée pour le "palio delle contrade", la plus grande manifestation de Toscane (une spectaculaire course de chevaux montés à cru, qui voit s'affronter les "contrade" (paroisses et quartiers) de la ville deux fois par an, le 2 juillet et le 16 août. Elle figure dans la liste du patrimoine mondial en Europe de l'UNESCO). La place éblouie lorsqu'on la découvre du haut d'une des rues qui y débouchent, puis étonne par son aspect en forme de coquillage rose. Elle abrite la belle fontaine de marbre « Fonte Gaia », originellement sculptée par Jacopo della Quercia, qui apporte fraîcheur et douceur, face à l'imposant Palazzo Publico du XIII et XIVème siècle (modèle du gothique siennois), massif hôtel de ville, bon pour résister aux coups de main et jeter les proclamations à la foule assemblée sur la place par ses fenêtres ogivales, voire certainement des corps d'hommes tués dans les séditions. Une bordure de créneaux le hérisse en guise de défense et d'ornement. A sa gauche, une tour gigantesque s'élève à une hauteur prodigieuse sa forme svelte et son double renflement de créneaux : la tour dite « torre del mangia » haute de 102m est panachée de pierre blanche.

Cette place est monumentale!! C'est un chef-d'œuvre architectural dont la forme concave est, aujourd'hui encore, unique au monde. Vu de haut, il s'agit en fait d'un éventail divisé en 9 parties (symboles du gouvernement siennois qui était composé de 9 membres). Tous les palais qui l'entourent reflètent la puissance de la ville publique et privée et confèrent à l'ensemble une atmosphère bien particulière. Grandeurs passées d'une ville qui contrairement à Florence semble avoir pleinement conscience de son patrimoine architectural.

   

Se perdre dans l'enfilade de ruelles ombragées alors que le soleil écrase les toitures ocre. Se laisser croire que cette ville inconnue me rappelle quelque chose... Bizarrement je ne m'y sens pas perdu même si je n'ai qu'une vague idée de la direction prise : Sienne peut-elle être mienne? Elle est difficile d'accès pourtant, haute perchée, coincée dans son carcan de murailles... relent d'un moyen-âge bien vivant. Ruelles étroites, sombres et sinueuses qui tiennent plus du boyau inquiétant ou du coupe-gorge, volées de marches à tout va sur des pentes rapides, mouvements de rue brusques, presque imprévisibles, intersections marquées de vierge à l'enfant, contreforts qui visent le ciel pour soutenir des maisons monumentales aux ombres portées sur les pavés : Sienne est un bijou minéral qui regorge de secrets.

Alternance d'ombres et de lumières, mes pas sont guidés vers la cathédrale Santa Maria Assunta (Notre Dame de l'assomption), ou Duomo di Siena au parvis écrasé de soleil. Façade de marbres blanc, noir et rouge, trois portails à décors sculptés très fins sur les colonnes et les architraves, campanile en marbre noir et blanc à base hexagonale romane et à lanterne polygonale, parvis accessible par un escalier à volée de marches qui donnera son nom à l'hôpital qui lui fait face (Santa Maria della Scala).... Piété ostentatoire, dévotion à saint-luxe, priez pour lui... mais dieu qu'elle est magnifique cette cathédrale!!

Edifiée entre le XIIème et le XIVème siècle, elle est admirable par ses contrastes en mosaïques de marbre, ses fresques et sculptures de Nicola Pisano, Donatello et Michel-Ange. Comme une trace flamboyante du gothique italien, elle domine la ville. Sa façade est édifiée selon les dessins de Giovanni Pisano entre 1284et 1299, ses travaux interrrompus à cause de la peste de 1348, sont repris ensuite dès l'abandon du projet initial qui ne pouvait aboutir par son ampleur démesurée. On trouve trace de ce gigantisme non abouti dans le facciatone, un des murs, en arcade, élément porteur laissé sans objet. Avec cette nef, restée inachevée, elle serait devenue la plus grande cathédrale chrétienne.

Mais la façade aux sculptures fines et aux magnifiques peintures est un avant goût de se que nous réserve l'intérieur de cette immense cathédrale aux pavements de mosaïques de marbre, aux fresques murales lumineuses et aux sculptures de Donatello et Michel-Ange entre autre. L'impression est incomparable; une fleur gothique spectaculaire, exubérante et chatoyante; un pavé et des piliers de marbre noires et blanches, une légion de statues, un mélange naturel de formes gothiques et de formes romaines, des chapiteaux corinthiens qui portent un labyrinthe d'arceaux dorés et des voûtes azur constellées d'étoiles.

Quand vous aurez fini de lever les yeux éblouis et que vous daignerez regarder où vos pieds sont posés, vous verrez que vous marchez sur une bible de minérale!! Les mosaïques de marbre qui décorent le pavement du Dôme illustrent, le parcours de la Rédemption en se basant sur des sources, des thèmes et des sujets du monde classique, de l'Antiquité et du Nouveau Testament. Les 3 000 m² du sol de l'église sont entièrement recouverts de 37 panneaux en graffiti ou marqueterie de marbre. Réalisés sur plusieurs siècles mais pour l'essentiel entre 1360 et 1550, ils sont l'œuvre d'une cohorte d'artistes célèbres ou anonymes (Beccafumi, Pinturicchio, ...), l'ensemble est d'une extraordinaire cohérence iconographique, et d'une beauté à couper le souffle.

 

Sous le dôme trône une magnifique chaire... une telle chaire de pierre ne laisse pas de marbre!! Une œuvre de Pisano : colonnes de porphyre et marbre vert (quatre reposent sur des lions), arcs trilobés et sept panneaux racontant des épisodes de la vie du Christ.

(détail du plafond)

Enfin en cherchant bien vous accéderez à la bibliothèque Piccolomini pour voir les très belles fresques du Pinturicchio et son atelier. Elles content avec talent et allégresse la carrière fulgurante du siennois Elea Piccolomini (1405-1464) plus connu sous le nom de Pie II. Elle contient également une très belle collection en vitrine d'antiphonaires.

 

Dans cette ambiance silencieuse si particulière, les yeux s'écarquillent et les bouches s'ouvrent d'admiration béate : il est si facile de se laisser émerveiller par cette débauche d'œuvres d'art où l'œil s'égare volontiers. Que serait cette cathédrale si les plans d'origine avaient été respectés? Le seul vestige du gigantisme est le facciatone, pan de mur en arcade, élément porteur laissé sans objet et absorbé depuis par le Museo dell'Opera Metropolitana del Duomo, musée de l'Œuvre de la cathédrale comportant des sculptures originales de la façade où se tient une exposition permanente sur le peintre Duccio.

 
(vue panoramique) 

Certes, les sculptures originales de la façade de la cathédrale, dont plusieurs statues de Giovanni Pisano sont très endommagées, mais laissent envisager le lustre d'antan. Au premier étage de ce musée, une salle entière est réservée à "La Maesta" (vierge peinte de 1308 à 1311) de Duccio, le fondateur historique de l'école siennoise. Ce retable (1309-1311) réalise la fusion parfaite de l'art byzantin et du lyrisme gothique. L'œuvre provoqua un tel enthousiasme parmi les contemporains que son transport de la maison de l'artiste à la cathédrale donna lieu à des réjouissances publiques. Aujourd'hui encore elle reste une fierté de la ville. Au second, nombreux tableaux et sculptures, mais surtout un petit escalier en colimaçon, très étroit, puis escarpé, permet d'accéder à la terrasse du musée qui offre un panorama exceptionnel sur toute la ville : la piazza del Campo vous apparaîtra dans toute sa dimension et vous apercevrez au loin, par-delà les toits de Sienne, la merveilleuse campagne toscane.

Redescendre vers le sol, retrouver la terre ferme, laisser s'évaporer l'ivresse du vertige, s'imprégner de la beauté des choses : Sienne a les tonalités chaudes de la couleur qui porte son nom.

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Le train pour Sienne...

  
 "Provinciali" - Baustelle (merci à Doriano pour la découverte de ce groupe!)

Le couloir souterrain qui mène à la gare ferroviaire ne comporte guère d'indicateur de chemin. Un carabineri, un mélange d'anglais et d'italien, le ticket est pris, la destination connue : Sienne.

Le train régional est une vieille micheline hoquetante à l'haleine mazoutée mais dont la vitesse de pointe permet de prendre le temps d'admirer les paysages vallonnés. Les collines plantées de cyprès et de pins parasols, les maisons carrées dont l'ocre tranche sur la verdeur... tout ça a vraiment ce goût du sud, cet inimitable arôme d'Italie du centre que, pauvre touriste que je reste, je ne demandais qu'à voir.

Pour sortir de Florence, passage souterrain obligatoire, il parait interminable quand on sait que nous attend au bout la lumière d'un très généreux soleil de février. Le long du chemin, un village perché sur un éperon rocheux, suspendu entre ciel et terre, les pieds dans l'eau d'une rivière : décor de carte postale.

Nous sommes en bordure des monts du Chianti, parsemés de vergers encore timidement fleuris et de ... vignes. Chaque jardin ouvrier possède son pied de vigne. Chaque petit village le long de la ligne de chemin de fer possède son terrain de foot, en ce dimanche matin, il est cerné de voitures et résonne de clameurs masculines au rythme d'une chorégraphie orchestrée des mains.

Enfin arrive la gare de Sienne...Laissez-moi vous la présenter.

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A chacun son dragon...

 

Il est tard... ou tôt, c'est selon. L'aube est proche mais ne parvient pas encore à pâlir le ciel de pleine lune. Il est loin le temps où j'adressais à sa face ronde, en marchant sous sa lumière diaphane, des prières muettes et insensées. Il est tard et les rues sont désertes, vidées des noctambules, une fois passé les grandes avenues. Je rentre seul. Une fois de plus, rituel immuable. Mains dans les poches et tête rentrée dans les épaules.

Mes vieux démons sont revenus. Ils me harcellent depuis quelques semaines. Revenus à mes côtés, brulants et plus actifs, plus vifs que jamais. Leur feu, d'une ardeur nouvelle me consume, me brûle, marque mon esprit au fer rouge. Réduit en cendre, le peu de confiance gagné!! Ils ont rarement été aussi présents... aussi cruellement présents. Peut-être aussi, peut-être surtout à cause lui....Celui qui depuis des mois est relégué  dans un coin de mon cerveau. En faisant semblant de feindre un bonheur de vivre, en cachant une réalité troublante, j'ai réveillé la bête.

Tomber amoureux de quelqu'un qui ne vous conçoit que comme un ami, ne vous verra jamais comme un "amant potentiel" revient à s'auto-flageller, à se soumettre volontairement à la torture mentale. Il est beau, intelligent, sensé, sensible et sensuel. Un être doux et adorable... mais pas pour moi. J'ai bien compris aux distances dont il s'entoure, qu'il m'a cerné, et qu'il ne veut pas me blesser. Je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. Mes démons sont là pour me rappeler qu'à se croire capable de séduire n'importe qui, on finit bien seul dans la nuit, face à soi, pour affronter une réalité qui fait mal. 

Oui, il est tard, je me sens moche, et puis quoi?  Je ne vais pas me laisser bouffer par ce dragon de laideur imaginaire, ce serait renié ceux à qui j'ai plût. Ce serait accorder bien trop d'importance aux piques acérées et perfides de certains plus malades que moi, dont le centre d'intérêt ne tourne qu'autour de leur tour de taille. 

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Firenze - Museo di San Marco

 

"Maestro Jardin Baroque? Musique s'il vous plait?"

 

et merci encore à celui qui a tout permis ...

 

Le musée du couvent San Marco de Florence a été la première visite lors de mon week-end florentin.


Pourquoi cet endroit vous direz vous? Tout simplement pour les fresques de Fra Angelico qui ornent les murs, reflet lumineux et chatoyant de la foi profonde de l’artiste, vues tant de fois sur internet ou sur carte postale...mais là c'est en vrai!!
Pour l’histoire, en 1434, le pape Eugène IV abandonne aux dominicains de Fiesole le couvent San Marco, déjà ancien et bien décrépit, dans lequel sont installés les membres de l'ordre de Saint-Sylvestre. Cosme l'Ancien, intervient en faveur des dominicains à ce sujet et finance en outre la rénovation de l'édifice (1437-1452), qu'il confie à Michelozzo. Encore aujourd’hui, le couvent dégage un sentiment d'harmonie et d'élégance, sans aucun doute dû à ce cycle extraordinaire où s’expriment ses pieuses aspirations artistiques.

Le cloitre est le point de départ avec son grand cycle de fresques, témoignage extraordinaire d’art contemplatif. Le génie de Fra Angelico est d'avoir su intégrer les règles de la perspective à des scènes où la force expressive est soulignée par l'usage de couleurs accentuées et peu naturelles, mais aussi une lumière très forte qui annule les ombres et participe au mysticisme des scènes sacrées.

 
 
 
 
 

Le point d'orgue, un "Saint Dominique adorant la croix" magnifiquement restauré.


Le Christ y est représenté avec réalisme (mais respect), comme le corps de celui que la tradition appelait "le plus beau des enfants des hommes ". Fra Angelico s’y montre un fidèle disciple de Catherine de Sienne en introduisant dans son art une attention particulière au sang versé par Jésus pendant sa passion. Le sang symbolisant trois éléments dans la mystique : la vie, la souffrance et  l’amour, cette spiritualité insiste donc sur l’humanité du christ qui est représenté comme le lien entre Dieu et le monde. Le paradoxe de la sainteté s’exprime par l’union de la joie et de la souffrance.

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Dans la salle capitulaire trône une grandiose et touchante "Crucifixion". C’est à cet endroit que se réunissait la communauté selon le rythme de sa vie ordinaire ou pour des événements majeurs.


L’imposante fresque occupe tout le mur majeur. Le Christ y est représenté souffrant. A ses pieds, les personnages mentionnés dans les évangiles : marie, sa mère, Saint Jean, le disciple bien aimé, Marie-Madelaine et Marie femme de Clopas. La caractéristique principale de cette fresque est que ceux-ci sont entourés d’une  foule de personnages ne relevant pas du contexte historique mais du monde des saints : Saint Jean-Baptiste (désignant l’agneau de Dieu) et saint-Marc (évangile ouvert), et les saints patrons de Florence à gauche ; à droite, les saints fondateurs d’ordre, les évêques et les docteurs.En dessous de la fresque, des médaillons représentants saints et bienheureux de l’ordre, encourageant les frères à suivre leur exemple, pour faire d’un novice, un prêcheur de vérité.


(Détail de la Cruxifixion)

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Dans la salle des hôtes est exposée la plus grande collection du monde de peintures sur bois de Fra Angelico (la Déposition du Christ de Santa Trinita, le Triptyque de Saint Pierre le Martyr, le Retable d’Annalena, le retable de Saint Marc, le Jugement Dernier, le Tabernacle des Linaioli).

Retable de Bosco ai Frati (1450)
(La vierge et l’enfant, saint Antoine de padoue, saint Ludovic de Toulouse (saint louis d’Anjou), saint François, saint Cosme, saint Damien et saint Pierre martyr)


Ce magnifique retable fut commandé à l’artiste par Cosme l’Ancien vers 1450, à l’époque où celui-ci finançait la reconstruction du couvent de San Bonaventura di Bosco ai Frati, dans le Mugello. Fra Angelico avait conscience d’essayer de jeter les bases d’une forme moderne d’art sacré, suivant les schémas de la Renaissance mais sur un ton authentiquement religieux. On remarque une simplification croissante des formes, d’une sereine austérité monastique, fruit d’une interprétation mystique. Les saints bavardent, entourant la vierge, auréolés, et elle-même nimbée d’un or pur et éclatant, symbole de leur sainteté.(L’idée de grouper les saints entourant la vierge sur un seul panneau vient en fait de l’école du nord - Van Eyck, fut un des premiers à transférer des personnages isolés d’un polyptique à fond doré dans un espace atmosphérique, et à se détacher du retable à plusieurs volets – mais porte le terme générique de « sacra conversazione » que parce que ce genre de composition a été très populaire à Florence à cette époque).

 

La déposition du Christ de Santa Trinita (1437-1440)

Le tympan traditionnel conçu pour recevoir un triptyque a ici été dépossédé de ses colonnes pour dégager un espace pictural unique. Marie-Madeleine repentante y embrasse les pieds du christ, à sa gauche un groupe de femmes endeuillées préparent le linceul, à l’opposé un élu inconnu (Alessio degli Strozzi commanditaire original ?) la tête ceinte d’une auréole différente des saints sert de médiateur entre le christ et ceux qui prient et derrière celui-ci un homme qui exhibe les futures reliques (clous et couronne d’épines).

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L’escalier qui mène à l’étage des cellules s’ouvre sur cette "Annonciation" mondialement connue, aux couleurs chatoyantes.


Ses œuvres, et celle-ci en particulier, reflètent admirablement son âme tendre et rêveuse, la chasteté de son imagination, l'humilité de son caractère, la profondeur de sa foi, la ferveur de sa piété, l'élévation de son esprit et la sainteté de sa vie, vertus qui lui valurent d'être mis au rang des bienheureux (Il Beato).  Son art, avant tout expressif, est empreint d'une suavité et d'une douceur infinies. La douleur même est voilée d'une teinte de mélancolie sous son pinceau, et jamais il ne put parvenir à le rendre tragique ou austère. L'admiration de ses contemporains s'est formulée dans le surnom d'Angélique (Fra Angelico), accordé au grand artiste. 

Ensuite vient l’enfilade de quarante deux cellules. Elles possèdent chacune sa fresque qui conte un épisode de l’Evangile (hormis les sept cellules des novices, où l’on peut voir la Crucifixion représentée avec relativement peu de variantes) : seule décoration, comme une fantaisie dans cet univers sobre. Le lyrisme religieux s’exprime au travers de ses créations extatiques. 

 
 
 
 

Ainsi, ce "Christ aux outrages" de Fra Angelico,


est montré assis frontalement sur un simple parallélépipède. Il tient dans la main droite un bâton en bambou et dans la gauche une boule de couleur jaune qui semble être une pierre ou une éponge. Il a les yeux bandés mais, par une sorte de transparence, on voit que ceux-ci sont fermés. Mais, si cette fresque frappe le visiteur du couvent San Marco de Florence c’est bien par la représentation, autour du Christ, de cette tête d’homme de profil et de ces cinq mains, toutes sans corps, qui appartiennent de toute évidence à ses bourreaux. En représentant les bourreaux « en entier », Fra Angelico aurait surchargé sa composition, détournant l'œil du spectateur vers autre chose que le Christ et sa misère. Il laisse à la scène toute sa solennité et au Christ toute sa majesté, si dérisoire qu'elle soit.Il veut faire approcher au spectateur une réalité autre que celle de son quotidien, il crée ses œuvres pour instruire le peuple illettré et lui montrer la grandeur de Dieu. Les détails du visage et des mains suffisent à inspirer la compassion. Montrer autre chose est superflu.

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Tout au bout du couloir, la cellule de Savonarole, des reliques de vêtements le concernant (cilice, ceinture de crin) et son portrait par Fra Bartolomeo. Prieur du couvent à la fin du XVe siècle, célèbre pour ses prêches passionnées et ayant inspiré la République florentine, il fut exécuté sur la Place de la Signoria en 1489, accusé d’hérésie.

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A l’opposé, se trouve une des plus prestigieuses bibliothèques de la renaissance italienne, riche de textes grecs et latins, qui constitua un des centres de propagation de l’humanisme florentin parmi les plus importants. Elle abrite une collection remarquable de manuscrits enluminés du XVe siècle . Ce qui dans un monastère dominicain peut paraitre incongru, ceux-ci n’attachant pas une grande importance à l’étude. Financée par Cosme, elle est constituée du legs de l’érudit Niccolo Niccoli.
 

 

 

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Après la bibliothèque, la cellule de Cosme le Vieux , avec sa représentation de « l’Adoration des Mages » de Benozzo Gozzoli, élève de Fra Angelico.

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Les bâtiments comportent également :

-          un musée lapidaire

-          un petit Réfectoire où subsiste encore la Sainte Cène que Domenico Ghirlandaio peignit à fresque en 1480.

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Envie de rien...

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Le temps des gitans - L'opéra punk d'Emir Kusturica

 

 

 "Ederlezi" 

 

 La dramatique vie de Perhan,  fils naturel d'un soldat et d'une tsigane, qui rêve d'un avenir riche et heureux. Elevé par sa grand-mère qui l'adore, il aime sa voisine Azra, elle-même convoitée par l’oncle, sorte de géant libidineux qui loge également chez la grand-mère. Mais voilà que débarque Ahmed, celui qui a fait fortune et qui promet la lune. Obsédé par l’argent, son arrivée au village est vécue comme le retour de l’enfant prodigue…En réalité son business, digne de la cour des miracles, est un commerce de mendiants-truands rôdés de Ljubljana à Milan. Perhan repart avec lui vers la ville, à la merci de ce trafiquant d’enfant. Il reviendra au pays mais ne réussira pas à réaliser son rêve. Il tombera de très haut, le rêve européen est loin et demeure inaccessible. Les gitans sont condamnés à souffrir et à errer, mais dans la dignité.

Après un triomphe à l’Opéra Bastille l’été dernier, l’opéra punk d’Emir Kusturica, adaptation de son film éponyme, a joué les prolongations au Palais des Congrès de Paris du 22 au 30 mars 2008 avant son départ pour une tournée mondiale.

Dans le désordre : un troupeau d’oies effarées, des maisonnettes en bois suspendues au dessus du sol, des toits au gracieux vol de goéland, un dindon géant en carton pâte, des cathédrales gigognes, des caravanes maquillées comme des boulangères. Le tout en guise en de bienvenue dans ce monde bigarré qu’est l’univers tzigane.

 

 


De ces décors baroques, un peu fous, aux couleurs presque violentes et contrastées, se dégagent une énergie et une poésie rares : un joyeux bordel à l’image de l’âme humaine, un morceau de vie cru sans fausse pudeur où l’amour se heurte à la folie, à la peur, à l’exil, à l’avidité, à la distance. 

Le beau et le laid, le cruel et le poétique se rassemblent sous la lune en un moment de grâce tragi-comique, vol et assassinat côtoient les chansons d’amour. Les sentiments exacerbés propres à la vitalité tzigane sont rythmés par une musique exubérante et syncopée ou poignante à l’excès : tout un folklore qui dégage une puissance expressive et fait frissonner.

 


Un spectacle populaire qui outrepasse les barrières culturelles et véhicule un message politique sur l'idiotie des guerres, de la faiblesse des hommes, du néofascisme… les luttes inégalitaires sont perdues d’avance, mais l’homme résiste et combat avec courage. 

Enfin, figurent toujours au registre le superbe thème, majeur et récurrent dans l'œuvre, d'Ederlezi, scène phare du film et de cet opéra, d’une beauté époustouflante, moment d’une magie et d’une force lyrique qui provoque de ces réactions épidermiques que j’aimerais ressentir encore très souvent.

 

"Kana o del barvarel" 

  


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Prologue d'un frisson...

Vendredi 28 mars, 20h22, j’étais chez moi, perclus de doutes et de questions existentielles. Mon téléphone sonne… Bien décidé à ne pas répondre je regarde machinalement la provenance.

Un prénom : Patrick.

Ni une ni deux je décroche, il fait partie des gens que j’aime entendre quand je ne suis pas au top de ma forme, et ce, même si nos rencontres sont plutôt rares. Il est des voix, des timbres de voix, à la chaleur communicative, bien plus efficace qu’un bon gros câlin.

Hilare comme souvent, il me demande si je suis libre le lendemain après-midi. Indécis et sans envie particulière, et devant mon hésitation, il me coupe l’herbe sous le pied en me disant de venir au palais des congrès à 15h, où deux invitations m’attendent pour le spectacle musical « le temps des gitans »….

Tempête sous une crâne….L’an dernier à l’opéra Bastille je n’y étais pas allé à cause du prix exorbitant des places ; je ne suis pas en forme et je n’ai pas vraiment le moral à apprécier un spectacle, ça, aucun doute ; qui inviter ? ça, je saurais…Fin de la tempête qui a duré cinq bonnes secondes.

Merci Patrick, mais pourquoi moi ?

Et lui toujours très fraternel, de m’assurer que le spectacle va me plaire….Je n’aime pas être aussi prévisible, mais la tendresse que j’éprouve à son égard, m’oblige au pardon sans aucune condition !!

Se dessine le prologue d’un frisson…

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On a clear night - Missy Higgins

Dernière égérie australienne dont la pop/folk connait un succès grandissant aux Etats-Unis, Missy Higgins, et à l’instar de sa compatriote que j’adore, Sia Furler, elle hante les séries américaines qui s’emparent de ses titres (Grey's Anatomy, Smallville ou One tree hill).

"On a clear night" est son second album, pour lequel elle a d’ailleurs migré à Los Angeles et s’est entouré notamment de l’ingénieur du son de Norah jones (elle se refuse rien!). Malgré son jeune âge, elle ne manque ni de talent ni de personnalité (elle affiche sans complexe ses convictions écologistes).

L’ambiance générale de l’album tend à la mélancolie (je suis sûr que tout le monde est étonné !!) soutenue par une musique acoustique, propice à la rêverie, aux rythmes affirmés qui se marie à merveille avec son timbre de voix. Les oscillations tour à tour pop, folk sur des titres à la sensualité latente rendent le tout homogène et….vraiment très sympathique.

Deux extraits en écoute, j’ai trop de coups de cœur pour les mettre ici :

"Where i stood" chanson poignante où je me retrouve

 

"100 round the bends" pop entêtante, enjouée mais teintée d’une certaine mélancolie

  

 

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Le caravage - Gérard-Julien Salvy

« Mon métier est celui de peintre. Quand je dis qu'un homme a du talent, je veux dire qu'il réussit dans son art ; ainsi un peintre de talent est un peintre qui peint bien, et qui imite bien les choses de la nature »


Biographie fournie et très technique sur cet artiste complexe, redécouvert il y a moins d'un siècle et sujet de légendes et affabulations par les mystères qui entourent une vie riche et mouvementée.

Ici pas de détails sordides à la « Chauveau », juste des faits et des témoignages d'archives. Le Caravage apparaît dans toutes les contradictions de sa personnalité, comme un peintre génial qui a révolutionné la peinture italienne, adulé de son vivant, puisant ses inspirations de ses souffrances d'homme et créant un mouvement immédiatement identifiable par un réalisme brutal et subversif, surtout quand il s'applique à des oeuvres religieuses.

Avec lui, le clair-obscur prend tout son sens (des fonds quasiment noirs et des carnations claires pour seule lumière, une palette composée de tons bruns et blancs) et sert un érotisme ambigü.

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Recherche clé USB désepérement...

Toujours prévoyant, j'avais copié mes photos des week-ends à Florence et Cologne sur ma clé USB, sauf que... je ne sais plus où je l'ai mise!! Avis aux proches, je vais criser!!!

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Les femmes de l'ombre : **

Engagée dans la Résistance française, Louise s'enfuit à Londres après l'assassinat de son mari. Elle est recrutée par le SOE, un service secret de renseignement et de sabotage piloté par Churchill. Dans l'urgence, on lui confie sa première mission, l'exfiltration d'un agent britannique tombé aux mains des allemands alors qu'il préparait le débarquement sur les plages normandes. L'homme n'a pas encore parlé mais le temps presse. Louise doit d'abord constituer un commando de femmes spécialement choisies pour les besoins de l'opération.

Quand Salomé arrête le pseudo fantastique c'est tout de suite mieux même si dans le genre et malgré son casting impressionnant (Julie Depardieu est excellente une fois de plus) il ne livre que des carricatures. Dommage car l'histoire est passionnante. (Julien Boisselier, c'est quand tu veux!!).

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Benjamin Gates .... : **

Lorsque réapparaît une page manquante du journal de John Wilkes Booth, l'assassin d'Abraham Lincoln, tout indique que l'arrière-arrière-grand-père de Ben a joué un rôle clé dans la conspiration qui a conduit au meurtre de l'ancien Président américain. Déterminé à prouver l'innocence de son ancêtre, Ben remonte la piste tracée par une série d'indices, qui va le mener à Paris et à Londres avant de le ramener aux Etats-Unis. Ce périple, marqué par de surprenantes révélations, le conduira vers les secrets les mieux gardés de notre monde...

Très décontracté ce héros aux aventures peu probables, mais bon divertissement malgré les couleuvres à avaler.

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L'orphelinat : ****

Laura a passé son enfance dans un orphelinat entourée d'autres enfants qu'elle aimait comme ses frères et soeurs. Adulte, elle retourne sur les lieux avec son mari et son fils de sept ans, Simon, avec l'intention de restaurer la vieille maison. La demeure réveille l'imagination de Simon, qui commence à se livrer à d'étranges jeux avec "ses amis"... Troublée, Laura se laisse alors aspirer dans l'univers de Simon, convaincue qu'un mystère longtemps refoulé est tapi dans l'orphelinat...

Quelle angoisse que ce film fantastique au pouvoir psychologique indéniable!! Beaucoup de plaisir, de frissons dans le dos et des questions de fonds sur la marternité.

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No country for old men : ***

A la frontière qui sépare le Texas du Mexique, les trafiquants de drogue ont depuis longtemps remplacé les voleurs de bétail. Lorsque Llewelyn Moss tombe sur une camionnette abandonnée, cernée de cadavres ensanglantés, il ne sait rien de ce qui a conduit à ce drame. Et quand il prend les deux millions de dollars qu'il découvre à l'intérieur du véhicule, il n'a pas la moindre idée de ce que cela va provoquer... Moss a déclenché une réaction en chaîne d'une violence inouïe que le shérif Bell, un homme vieillissant et sans illusions, ne parviendra pas à contenir...

La claque!! j'ai mis du temps à me décider et contre toute attente j'ai vraiment aimé ce film noir à souhait où les vies sont déglinguées au gré d'un homme déjanté (Javier Bardem démontre une fois de plus qu'il est le meilleur acteur espagnol). C'est pince-sans rire et désabusé.

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Taken : **

Que peut-on imaginer de pire pour un père que d'assister impuissant à l'enlèvement de sa fille via un téléphone portable ? C'est le cauchemar vécu par Bryan, ancien agent des services secrets américains, qui n'a que quelques heures pour arracher Kim des mains d'un redoutable gang spécialisé dans la traite des femmes. Premier problème à résoudre : il est à Los Angeles, elle vient de se faire enlever à Paris.

Film d'action où Liam Neeson, charismatique, tire sur tout ce qui bouge ; c'est très effcace mais là où le scénario aurait pu être exploité plus en profondeur, ça reste primaire.

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La Bouboulina - Miche de Grèce

En 1771, tandis que son mari, torturé à mort, agonise dans une cellule voisine, une jeune Grecque met au monde un enfant dans une prison turque d'Istanbul. Née sous le signe de la résistance à l'oppresseur séculaire, la « Bouboulina » deviendra une héroïne nationale et le symbole de la renaissance de son pays. Sitôt quitté l'île de Spetsai, elle épouse, à seize ans, le richissime armateur Bouboulis. À ses côtés, elle écume la Méditerranée à la recherche de fabuleux butins. Femme d'affaires, elle bâtit une immense fortune. Séductrice, elle tourne les têtes et enflamme les cœurs. Aventurière de la liberté, c'est à sa patrie, sa seule passion, qu'elle consacre son courage et son génie.

Histoire romancée d'une héroïne de la guerre de libération grecque, capitaine de navires, femme d'affaires et pirate, femme de coeur et de courage, personnage haut-en-couleur. Une grèce décrite telle qu'on a tendance à l'oublier (sous le joug turc). Une fois de plus avec un style fluide (qui n'est pas forcemment le sien!!!), Michel de grèce capte l'attention et sait rendre attachant ses héros quasi-méconnus.

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Lettre à Firenze...

Comme un pied de nez de Florence, comme si ce message s'adressait à moi, rien qu'à moi et que par ses murs mêmes, elle me le fasse savoir, comme une promesse de retour suite à un coup de foudre réciproque car pour ma part j'ai effleuré l'arrière-train de l'auguste "Porcellino" au Mercato Nuovo comme tant d'autre d'autre avant moi et toujours l'envie de déambuler dans ses rues pourtant grouillantes de touristes, ces rues aux noms qui chantent.
Je commence le voyage par la fin, par cette image drôle et marquante de ce tag apparu le dernier jour de mon périple en Italie, via della pergola :
 
 
 

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De là-haut - Da Silva

 

 
 
Et même si je ne marche plus tout à fait droit
Même si mes pas ne sont plus ceux d'autrefois
Je vais, de travers, je vais
Et même si je sais que l'on parle de moi
Que certains se réjouissent
Alors que d'autres prient pour moi
Je vais, je ne les entends pas

Du courage quand monte la fièvre
Et l'orage te rejoins tout là -haut
Au-dessus de la ville
Du courage, rester au dernier étage
En plein soleil, ma peau
Ne connaît que toi

De là-haut, j'entends encore ta voix
C'est de là-haut que je te sens prés de moi
Alors je vais et je ne redescends pas
De là-haut, on pense que je suis au plus bas
Mais c'est de là-haut que je me souviens de nous en avril
Je ris de nouveaux sourires

Du courage quand monte la fièvre
Et l'orage te rejoint tout là-haut
Au-dessus de la ville
Du courage, rester au dernier étage
En plein soleil, ma peau
Ne connaît que toi

Plus une larme que du sel dans les yeux
Et souvent me revient le jour de tes adieux au monde
Depuis je vais
Et je vais le plus haut possible, imaginer
Je vais où l'on se perd pour mieux te trouver
Tu me réponds de nouveaux sourires

Du courage quand monte la fièvre
Et l'orage te rejoint tout là-haut
Au-dessus de la ville
Du courage, rester au dernier étage
En plein soleil, ma peau
Ne connaît que toi

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Je m'oublie, tu m'oublies, il m'oublie...

J’ai besoin de m’oublier, pour tenter d’effacer le mal que je me fais.

Retrouver une estime défaillante, assiégée par les doutes et cernée d’échecs induits répétitifs. J’ai volontairement et longtemps voulu ignorer certains jugements sévères, hâtifs et injustes, fait de péroraisons pontifiantes et d’élucubrations bancales. Comme un chant de sirènes l’avis d’autrui m’a guidé mais je constate aujourd’hui qu’il m’a maintenu à terre au lieu de m’élever. Je pense hélas qu’il est plus facile de chercher à ôter la paille de l’œil du voisin quand sa propre vision des choses (et de soi) est fortement altérée par un ego de la taille d’une poutre. Oui, j’ai souvent fait cette erreur, et m’en suis fait détesté. Je ne me leurre pas, je suis humain et la referais.

Je suis un être autonome aux influences multiples et comme certains chevaux rétifs j’ai tendance à fuir, apeuré par un lien qui me contraindrais à m’aliéner. Mes airs de saint-bernard ne font pas de moi un toutou fidèle qui donne la patte quand on lui donne un sucre. Oui je suis buté, borné, obtus, tout ce que vous voulez …La patience est une vertu et je reconnais que tenter de m’aimer est un sacerdoce !! Je suis pour le moment encore un gosse jeune et inconstant, inconscient en apparence, mais capable comme tout enfant de faire preuve de maturité, je suis triste et gai, insouciant et mélancolique…

Peut-être finalement suis-je mûr pour un CDI (célibat à durée inderminée) ? ou pour adopter un chien?

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La nuit des reines - Théatres des variétés

Catherine de Médicis rêve que son fils préféré, le futur Henri III, épouse Elisabeth I, Reine d’Angleterre, toujours célibataire bien que fort avancée en âge. Inutile de dire que ce mariage avec celle qu’on appelle "la Reine vierge", n’est pas du tout du goût du pauvre Henri III qui, hormis une liaison incestueuse avec sa sœur, la Reine Margot, n’a guère d’expérience avec les femmes. Mais Henri III peut-il aller contre la volonté de l’inébranlable Catherine de Médicis?

Michel Heim manie l'alexandrin grivois avec beaucoup de savoir faire et d’humour pour détourner les vérités historiques en pastiche égrillard et irrévérencieux. Une comédie folle, pleine de clins d'oeil et de calembours lestes qui n'engendre pas la mélancolie, où les comédiens s'en donnent à coeur joie : Aucun ne vole la vedette aux autres, chacun est à sa place... Rires assurés.



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