V.king

 

Noyade interdite

Il y a quelques temps déjà, je me faisais ce constat doux-amer : Sans être un ange, on peut être déchu.

Avec l’habitude, il y a des choses que l’on voit venir. Une attente redoutée. L’effet de surprise s’en trouve, certes, anesthésié, mais la piqure de rappel n’en reste pas moins douloureuse… surtout quand on s’attache à sa "maladie" !

Des attentions perdues au fil du temps, qui n’est pas si éloigné du point de départ pourtant. Des gestes automatiques, plus fraternels, moins chaleureux, plus distants. Des baisers attendus en vain ou donnés du bout des lèvres, presque contraints, sans passion, comme des mots doux absents ou restés coincés dans la gorge. Les corps s’écartent et les regards s’évitent.

Oui les mots changent, se durcissent, s’hérissent peu à peu, comme une palissade s’érige en défense acérée. Des mots de fer sans plus aucun velours autour, qui échappent à tout contrôle. Et puis la froideur latente, un début d’indifférence et un rien, ou un peu, d’agacement. On se voile la face, on fait front, on trouve des excuses, de peur d’ouvrir les yeux malgré les signes indubitables. On aime dorénavant plus l’idée d’être en couple, qu’on aime l’autre.

Et l’amour dans tout ça ? Il devient évanescent, il s’évapore jusqu’à embuer les yeux : Le sentiment que l’on pensait solide se transforme inévitablement en liquide sous l’effet diluant du temps. Comme une loi invariable de la nature qui ne serait apprise d’aucun manuel. Et l’amour n’est plus qu’un lointain souvenir, un parfum qui se dissipe, qui vous tourne encore autour sans plus pouvoir se fixer sur une peau à qui il manque déjà, trop nue et désemparée pour vivre sans.

 

Tout a commencé l’an dernier, un matin d’avril, où, presque en retard et après qu’une course dans la douche, un saut dans les fringues et un café brûlant aient peiné à dissiper le brouillard cérébral matinal. Une consultation confiante et rapide des mails….Le message est là. D’une confondante évidence, il a l’effet cinglant du couperet ou le claquement d’un fouet, c’est selon… vos préférences masochistes. Mon mec me quitte pour le fallacieux prétexte qu’il n’éprouve désormais plus qu’un sentiment amical à mon égard et préfère mettre un terme à notre relation…par mail. C’est tellement plus moderne, mais surtout plus lâche de ne pas avoir à affronter le regard de l’autre.

Ils sont passés vite les quatre mois avec lui. On a vu Lisbonne comme une lune de miel et Barcelone en guise de lune de fiel. Un de perdu… Je pensais que c’était le moment idéal de faire une véritable pause dans ma vie sentimentale. Il me semble loin le temps de ma conception de l’amour façon cliché cinématographique de midinette ! J’espérais alors trouver mon preux chevalier en armure sur son fier destrier…Résultat, j’ai plus souvent servi de monture que je n’ai croisé de chevalier ! Chaque rencontre s’avérant être un galop effréné contre la solitude.

Je ne savais pas qu’à la trentaine passée, sans quasiment aucune expérience sentimentale et sexuelle, on ne pouvait pas débarquer, dans cet univers impitoyable de « piétineurs » de fleurs bleues qu’est le monde homosexuel sans se faire désarçonner brutalement !! Yeehaww !

Non je ne me résous toujours pas au cynisme…Quoi que ! Je m’interdis juste de dépenser de précieuses larmes pour ce genre de futilités. Chaque rupture devient un au revoir sur un quai de métro : On se quitte vers des directions opposées, le regard un peu triste sur un pauvre sourire, chacun de son côté d’une vitre sale. Un soupir, presque réprimé, mais la digue lacrymale ne cédera pas. Tout juste un petit nuage noir au-dessus de la tête, soudain bien vide de pensées cohérentes, mais garder, à tout prix, la placidité d’un lac sous ces humeurs diluviennes.

J’enfile rapidement mon blouson et file au boulot. L’auguste escalier de bois aux marches usées par les passages répétés des locataires du 16 rue Mary Stuart, manque de m’assassiner. Il est intraitable avec les têtes en l’air qui manque d’attention à son égard. Allez respire mon grand, il fait jour déjà. Dans ce genre de configuration je monte le son de mon lecteur mp3 en prenant soin d’avoir choisi les chansons les plus tristes et déprimantes qui soient. Je dois dire qu’à ma grande fierté je possède une belle collection de ces rengaines sombrement mélancoliques, propices à vous jeter d’un pont sans même enjamber le parapet.

Vas-y Sia, murmure moi ton « breathe me » dans les oreilles, véritable Placebo qui, bizarrement, en adoptant une rythmique proche de celle de l’organe endolori, provoque un bien-être en réaction inverse ; ou comment détourner une peine de coeur par les émotions d’une chanson spleenétique à souhait. Tant que cela fonctionne, j’use du filon jusqu’à l’épuisement.

Des camions de livraison et quelques courageux s’élancent déjà sur les pavés gras de la rue Montorgueuil. Ils ne font jamais attention à ma modeste personne. Aujourd’hui n’y dérogera pas. Je ne suis qu’une ombre rasant les murs, les yeux rivés au sol.

Je me dis que j’ai longtemps voyagé au gré de mes envies sur mon nuage doré, isolé et bien à l’abri. Tout semblait si joli, si gentil, naviguant éveillé de rêves en rêves pour m’halluciner et y croire encore et toujours. J’ai inlassablement refusé de me blaser, espérant garder une certaine fraicheur d’esprit et une capacité à m’émerveiller, parfois digne d’un candide. Mais je n’ai jamais d’emblée fait confiance à ces trop beaux inconnus qui ont voulu stopper ma course effrénée vers l’inconscience, défiant effrontément mon âme constamment inquiète et sujette aux pires angoisses. J‘ai avancé sur mon chemin, le plus droit et digne possible. Trop peut être ?

J’ai beaucoup douté du bien-fondé de mon mode de fonctionnement, toujours en mouvement… au risque de faire de la remise en question une seconde nature et dérouter mes proches par une instabilité manifeste et souvent improductive. J’en ai rencontré de ces mecs aux discours bien rodés, qui ont exalté mes rêveries avec les mots que je voulais entendre. Ceux-là m’ont vu venir. Débarquant fraîchement de ma planète, ils ont joué de ma crédulité, comme un chien avec son os. Ils se sont fait plaisir, exacerbant en le flattant leur sentiment de supériorité. J’ai été trop souvent une victime consentante, exposant systématiquement le flanc au même stéréotype.

Le nuage s’est crevé : Retour sur terre. J’avance coûte que coûte vers un avenir que je souhaite toujours meilleur. Je crois encore avoir des certitudes sur la vie, malgré les routes tortueuses sur lesquelles elle s’ingénie à nous jeter…Je reste un bon petit soldat marchant au pas cadencé sur mon parcours jonché d’obstacles. Si le mur semble infranchissable, il sera contourné. Si la fosse est trop profonde, je m’y écorcherai les mains pour en sortir, ou à défaut, je prendrai la main charitable qui voudra bien se tendre. J’ai beaucoup changé en très peu de temps, et j’ai pris conscience que l’amour est bien souvent le révélateur de nos faiblesse et de nos illusions.

Paris peint des grisailles en son ciel ce matin là. Mon seul rempart contre cette froide bruine est un parapluie chétif qui semble agoniser sous les assauts répétés de rafales facétieuses. Un virage bien négocié à l’angle du Grand Rex et je me laisse avaler par le métro. Surchauffe et habituelles odeurs ammoniaquées, aujourd’hui m’indifférent.

Ligne 8 : Station Bonne Nouvelle, terminus Balard. Je m’assieds à côté d’un jeune gars au look de banlieue qui somnole. Je me demande par quelle magie son pantalon tient sur son magnifique arrière train quand il descend à la station suivante. Face à moi, je ne peux éviter de dévisager une trentenaire vaguement blonde, vaguement mince, vaguement mignonne. Un ravissant bibi mauve vissé sur le crâne, elle m’observe par en-dessous, les yeux émergeant à peine du couvrechef. Je ne me pose même pas la question de savoir si elle a remarqué mon attention appuyée sur les fesses charnues qui viennent de quitter la rame, ça m’est égal. Gênée par mon regard scrutateur, elle émet un bâillement de contenance, laissant admirer à qui veut le voir, un superbe plombage sur la molaire inférieure gauche ; puis tousse bruyamment, ses mains n’esquissant même pas un mouvement de pure politesse, restent enfoncées dans les poches bordées de fourrure synthétique, façon yorkshire mal peigné, de son long manteau d’un si joli violet bien criard. J’en viens à imaginer une petite annonce en la regardant : « jeune fille aimant le violet, les petits chiens et les chapeaux ridicules (et non pas, violer les petits chiens ridicules, so chic !), souhaiterait partager miasmes et postillons dans le métro »… Je me contente de lui lancer un regard que je veux impérieux. Un sourcil surélevé en accent circonflexe, je souhaite ainsi marquer de façon ostentatoire mon mépris, voire du dégoût. Sans aucun effet bien évidemment. Pourtant cela fonctionne avec les élèves.

Vous l’ignorez encore, mais j’occupe un poste administratif dans un collège. « Balard, terminus, les voyageurs sont invités à descendre. La descente s’effectuera sur votre droite »

Arrivé au collège, l’infirmière, dont la seule préoccupation quotidienne semble être de vérifier la présence sur mon visage, d’un bouc, que je me plais à laisser pousser ou raser à l’envie, est déjà campée dans le hall, l’oreille à l’affût du moindre potin à répéter à qui voudra bien l’entendre. Un petit coucou à la gardienne. Enfin un visage qui sourit, je me dis que tout n’est pas perdu en ce funeste début de journée.

L’impression est vite retombée sur le bonjour sec et cassant de la chef qui semble encore mal lunée. J’affiche en retour un flegme tout britannique, osant espérer qu’une telle imperturbabilité face à une aussi évidente mauvaise humeur, fera effet miroir. Je m’évade en pensant à ma couette protectrice que j’ai trop tôt abandonné et au café que j’aurais pu prendre le temps de siroter.

La sonnerie retentit et les cris des adolescents aux voix suraigües résonnant dans les couloirs me rappellent à l’ordre. Il suffirait désormais pour que le début de journée tourne au fiasco, d’un appel téléphonique de parent d’élève, surexcité par les dysfonctionnements chroniques de l’institution, qui s’évertue à ne pas reconnaitre l’indéniable génie de sa progéniture car son potentiel intellectuel est systématiquement dévalorisé ; ou alors, bien pire, d’une demande impérieuse d’un professeur, pouvant se transformer en furie si vous ne lui répondez pas, dans la minute qui suit, et ce, quitte à raccrochez au nez de votre interlocuteur quel qu’il soit, pour satisfaire au moindre de ses désirs d’enfant capricieux, (heureusement, ils ne sont pas tous comme cela, et oui, certains ont conscience que je ne suis qu’un pauvre secrétaire mono tâche !).

Le midi c’est cantine. Dans le bruit des vociférations juvéniles. Je préfère le réfectoire à la salle à manger des profs, qui s’empressent toujours de vous assaillir de question comme si vous aviez agenda, ordi, papier et stylo, constamment sur vous. Bien évidemment que je connais par coeur l’emploi du temps de tous les personnels de l’administration pour les quatre semaines à venir monsieur le professeur agrégé d’éducation musicale !

Ce jour là, je vais déjeuner avec l’intendante quand une brunette et une blondinette de troisième, sapées en « fashion » victimes, suivies de deux garçons aux faciès bourgeonnants s’installent à la table d’à côté. Aussitôt, les deux pestes commencent à passer en revue les tenues des filles de leur classe, pour en arriver à une dénommée Tania, qui s’habillerait chez Emmaüs, ce qui à leurs yeux semble trop la honte : Bienvenue dans le monde impitoyable des ados.

Malgré cette animation involontaire, la nourriture ne passe pas. Un noeud énorme m’obstrue l’estomac.

Je décide de retour au bureau d’appeler Stef, mon meilleur pote, pour lui apprendre la nouvelle du jour. Il essaye tant bien que mal de positiver la chose en se concentrant sur les défauts de l’absent. Il me parle pour la première fois d’un site sur lequel il est inscrit depuis quelques mois et me conseille de l’y rejoindre. Je refuse. J’ai besoin de temps et n’ai aucune envie de voir des têtes nouvelles.

Pendant quatre jours, indépendamment d’une volonté réellement consciente, je continue à ne pas pouvoir avaler le moindre aliment solide… Tout à coup, c’est la nuit noir.

Pas d’étoile dans le ciel, car trop de brume. Le froid humide me brûle les narines et cingle le lobe de mes oreilles qui dépassent à peine du bonnet bien enfoncé sur mon crâne.Quelques cris d’oiseaux déchirent la nuit et ne trouvent pour leur répondre que leurs échos qui s’amplifient dans le silence. Des arbres décharnés éventrent de leurs silhouettes squelettiques les vagues denses de brouillard. Ils jalonnent le chemin rendu inquiétant par cette haie d’honneur fantomatique qui semble m’épier : Terribles êtres à demi-morts qui veulent me saisir de leurs membres crochus, m’érafler de leur doigts griffus, sentinelles effrayantes de cette cathédrale vivante dont la voûte ne laisse plus passer aucune clarté pour guider mes pas.

J’ai quitté le chemin creux pour m’enfoncer dans les futaies où le brouillard se dilue quelque peu, comme renonçant face à ce fouillis végétal inextricable. Tout parait calme et silencieux, de ces quiétudes accablantes et glaçantes qui font courir des frissons le long de l’échine et me font inconsciemment accélérer. Même mon bruit de pas est amorti par le sol. J’essaye tant bien que mal, de ralentir ma respiration pour me fondre dans le silence et rester aux aguets du moindre craquement de brindilles.

Un murmure quasi indistinct est pourtant perceptible, cyclique comme une respiration de bête monstrueuse. J’en frémis d’anticipation. Tout m’étreint et je me sens oppressé par la grandeur de ce monde en sommeil et ma manifeste insignifiance. Aucun refuge salvateur à proximité. Encore ce murmure qui m’appelle, véritable fil d’Ariane dans ce dédale obscure. Je trébuche sur les racines, glisse sur la boue et les feuilles en décomposition que mes pas déchirent sans bruit. Mes pieds tâtonnent, mes doigts s’agrippent aux arbres anthropomorphes. Mon parcours est chaotique dans ce gouffre ténébreux. Tel un papillon attiré vers sa flamme, je suis guidé vers une fragile et opalescente clarté qui a surgit au loin devant moi, au bout du goulet anxiogène.

Le murmure s’est enflé pour devenir un roulement sourd et régulier, coupé de cris rageurs. Sous mes pieds, des galets et du sable grossier : Une plage. L’eau est brune, opaque. L’immensité remuante m’hypnotise par son chant syncopé. L’apathie me saisie quand je suis soudain aveuglé par une lumière vive. Très vive. Trop vive. Flash tétanisant qui blesse le papillon.

Je titube sur mes jambes devant un géant blanc qui domine les eaux. Ce cyclope à l’oeil lumineux m’étourdit mais son regard me rassure : Je ne suis plus seul.

Et le souffle de la mer semble me parler, m’attirer hors de moi, m’aspirer doucement. Les ténèbres se dissipent peu à peu, lentement, comme un coton déchiqueté en lambeaux, bribes de ouate arrachés à ma conscience qui se refuse à l’éveil. Le médecin scolaire est face à moi, sa lampe braquée dans le blanc de mes yeux. Je suis encore allongé.

Il est temps d’arrêter les conneries et de reprendre pied, quitte à forcer ce corps qui me joue de tours.

 

Trois mois plus tard...

Trois mois à chouchouter la grisaille qui m’envahit, nouvelle conversation. Nouvelle sollicitation de la part de Stef. J’essaye mollement d’argumenter, car la rupture ne me semble pas totalement digérée. Elle reste comme une aigreur sur l’estomac.

J’aurais juste aimé clarifier certaines choses, lui claquer à la face tout ce qu’un mail ne peut exprimer. Je me retrouve un peu comme un bateau ivre, naviguant sans amers sur ce silence que l’autre m’a imposé. Déboussolé, j’ai perdu mes repères, écrasé par ce qui m’apparait comme de l’indifférence, voire du mépris. Pourtant, je m’étais exposé à lui comme un homme. L’âme à découvert, corps et coeur à nu, sans artifice. Je lui ai confié mes secrets, mes rêves les plus intimes, mais la réalité est implacable : Le lien est rompu.

Je me suis un peu trop laissé dériver au gré des courants variables de ma douce mélancolie, sans toutefois m’autoriser la noyade. Je me suis retranché sur une plage de solitude pour caréner, réparer les dégâts du naufrage et m’ancrer dans une nouvelle réalité. J’ai laissé le temps à l’oeuvre, car les amarres amères ne sont pas bonnes conseillères. Une fois de plus (une fois de trop ?), j’aurai dû me méfier quand je l’ai rencontré. Je n’ai écouté personne, fonçant toutes voiles dehors droit dans ses filets, inexorablement attiré par ce chant de sirène.

Ah que de douces paroles pour faire l’acquisition à moindre frais d’une marionnette à désarticuler, de celle qu’on exhibe fièrement en société pour sauver les apparences et jouer, comme les autres et pour un temps, la comédie du bonheur partagé ! Naïvement, j’ai cru pouvoir vite pardonner, mais je me suis retrouvé à me ronger devant son évidente lâcheté. Je me suis résolu à m’endormir dans la seule chaleur de mes draps, du vide dans le coeur et entre les bras. Il est bien temps d’oublier les promesses magiques faites sur l’oreiller d’un amant subitement amnésique.

Adieu nuits blanches, matins blêmes et teint de cendre. « Zelink » (c’est le nom du site) me voilà !

Ce sera l’outil pour retrouver une estime et une confiance en moi défaillantes, assiégées par les doutes et cernées d’échecs induits répétitifs. Finie la langue de bois, sous couvert de politesse, fini d’écouter les jugements sévères, hâtifs et injustes, les péroraisons pontifiantes, les élucubrations bancales de branleurs fort en gueule mais, pas en thèmes !

Le site est convivial, se veut ouvert car L.G.B.T., et n’est pas un site de rencontres, m’assure mon ami, ce qui me convint définitivement. Je dois bien avouer qu’à ce moment là, je me demandais quand même si cette idée était judicieuse.

La veille encore, en rentrant de boîte, ou plutôt le matin très tôt, quand l’aube parvient à peine à pâlir le ciel… Les rues étaient désertes, vidées des noctambules, une fois passées les grandes avenues. Je suis sorti pour faire plaisir à des amis et je suis rentré seul. Le rituel reste quasi immuable. Les années passent mais certaines habitudes ne varient pas. Mains dans les poches, la tête rentrée dans les épaules. Mes vieux démons sont là. Ils me harcellent alors que je croyais de nouveau être prêt à affronter le monde.

Ils sont revenus à mes côtés, plus brûlants et actifs, plus vifs que jamais. Leur feu me consume d’une ardeur nouvelle et marque mon esprit au fer rouge. Réduit en cendres, le peu de confiance regagné ! Ils ont rarement été aussi présents, aussi cruellement présents.

A trop vite vouloir de nouveau afficher un bonheur de vivre, à feindre le bien-être, j’ai réveillé la bête. Oui il est tard, je me sens moche et puis quoi ? Je ne vais pas de nouveau me laisser bouffer par ce dragon de laideur imaginaire ? Ce serait accorder trop d’importance aux piques acérées et perfides de certains mecs dont les seuls centres d’intérêt sont un tour de taille et une plastique irréprochables. Ils sont finalement plus malades que moi !

Oui il est temps de rencontrer des gens plus simples, plus modestes, moins futiles. Des gens avec qui échanger vraiment, des personnes enrichissantes.

Ils ont du me prendre pour un sauvage les premiers « zelinkiens » qui m’ont aperçus ! Le premier apéro venu, je me suis contenté de coller aux basques des deux seules personnes connues, puis liant connaissance avec une jolie demoiselle, aussi peu extravertie que moi, j’ai passé une heure à discuter, verre à la main, sur le trottoir du bar, foule oblige, coincé entre deux voitures. Le déclic est venu au moment de partir, d’un garçon moins timide et qui m’ayant reconnu, m’a simplement dit : « Tu pars déjà ? ». Du rouge jusqu’aux oreilles, de devenir ainsi le centre d’attention d’une dizaine de personnes, j’ai juste promis de revenir une autre fois. Sans cette main tendue…

J’ai ensuite enchainé divers événements. D’apéros en pique-niques estivaux, de séances de cinéma en restos conviviaux, petit à petit, j’ai commencé à me sentir chez moi, au milieu des autres et à vraiment aimer Paris.

Passé les premiers moments de réelle intimidation, j’ai même réussi à plusieurs fois à aligner trois mots devant le créateur du site (appelez le, « the Boss » !). J’ai du passer pour un demeuré je pense, tant il m’impressionnait ! Bref, même seul, elle me semble bien loin la rupture. La solitude a pris un goût bien plus savoureux depuis qu’elle est partagée de cette manière, et émaillée d’instants de discussions, de rires, voire de fous rires. Les affinités se créent, et je m’aperçois que sans cette attente amoureuse, et sans désir envers les autres, la vie est bien plus simple.

L’apéro de novembre à la thématique des années 80 se profile donc sous les meilleurs auspices.

A peine arrivé, Stef, toujours lui, me colle entre les pattes, un nouveau dont c’est le premier apéro, et s’en va tranquillement rejoindre un petit groupe attablé plus loin. J’engage la conversation avec le charmant jeune homme, et de fil en aiguille, nous restons pendant plus d’une heure à discuter, accoudés au bar, seulement dérangés par le va-et-vient incessant de buveurs assoiffés venant passer commande.

Un de ceux-là, yeux clairs et sourire dehors, force le passage de manière plus répétée que les autres. Je me dis qu’il doit être le serveur attitré de la table de Stef ou un alcoolique patenté ! Certes il n’est pas brun, il n’a pas les yeux noirs, pas ténébreux pour un sous, mais…tout s’est déclenché avec des silences et des regards jetés à la va-vite. Un semblant d’indifférence, bien vite remplacé par un intérêt discrètement marqué.

Il a ensuite profité d’un regroupement de deux ou trois personnes venues me décramponner gentiment du néo-zelinkien, pour participer à la conversation. Je ne savais rien de lui, juste qu’il avait de magnifiques yeux, d’un bleu glacier, profonds, limpides, hypnotiques et remplis de douceur.

Je ne me rappelle pas vraiment qui à commencer à discuter en premier sur le site après cet apéro, mais qu’importe ! Nous nous réjouissions de nous revoir et faire connaissance dans un lieu plus propice à la conversation et à la découverte, lors d’un week-end organisé dans une maison de famille perdue dans la campagne picarde, auquel nous devions tous deux participer. Arrivé sur place le vendredi soir, j’ai découvert avec curiosité ce petit nid douillet. J’ai pris mes marques et déclenché les premiers fous rires avec mes calembours débiles lors d’apartés mémorables en cuisine.

Le samedi matin, j’étais de nouveau en cuisine pour cette fois ci oeuvrer aux fourneaux, avec pour mission de faire assez de quiches diverses et variées, pour nourrir quarante personnes ! Autant dire que l’arrivée du fameux « iceberg » dans la matinée m’est passée bien loin du neurone. L’après-midi, comme par hasard, nous nous sommes retrouvés côte à côte lors d’une partie de cartes, où j’ai feint de ne pas sentir ce genou contre le mien. Le manque de place autour de la table étant le prétexte à la promiscuité.

Après un diner pantagruélique, place à la soirée dansante déguisée : Les hommes en femmes, les femmes en hommes. Nous avons été les deux derniers à nous grimer, lorgnant de façon timorée vers les robes amenées par les participants. Pour lui comme pour moi, ce fut notre premier travestissement ! Mais le ridicule de la situation ne nous a pas tués et le rire nous a rapprochés.

Oui, cette nuit-là m’a doucement mais fermement amené à lui. Nous nous sommes tournés autour. L’un et l’autre aussi peu sûrs de la démarche et de l’écho rencontré. On s’est sourit, on a beaucoup rit de concert, parlé, bu du champagne, dansé. Les regards se sont faits plus complices, plus explicites peut-être aussi. J’ai cherché son contact, et feignant la fatigue, j’ai posé ma tête sur son épaule. Je l’ai senti surpris mais ravi par cette acceptation d’intimité. Puis les mains se sont cherchées pour se frôler, se sont serrées, se sont déliées, se sont touchées encore, sevrées d’une peau juste trouvée et déjà trop tôt quittée. La piste de dance s’est vidée. Nous étions seuls dans un canapé, mais cette nuit là s’est terminée sans aller jusqu’au bout. J’ai apprécié l’élégance du geste, comme une promesse de tendresse.

Sourires béats, chacun de son côté, faute de trop peu d’intimité et avec une énorme envie d’aller à un rythme respectant celui de l’autre, mais l’esprit déjà tourné vers les lendemains…

Pendant longtemps, je n’ai pas su dire je t’aime...

Pas prévu dans mon mode d’emploi. Vague notion inutile pour une vie amoureuse désertique mais juste riche en relations humaines. D’occasions en actes manqués, de silences prolongés en anges qui passent plus ou moins vite, un seul aura su fendiller la cuirasse. Le gardien de mes premiers doutes révélés, devenu très vite un confident et mon meilleur ami. Il est celui qui m’a aidé à transformer le négatif d’une vie en cliché coloré, par un je t’aime amical…un je t’aime quand même !

Pourquoi dire, prétendre, affirmer, ce que des actes quotidiens peuvent mieux transcrire que des mots ? Je n’en comprenais pas l’utilité. Ces mots si simples, si pleins et entiers, qui gonflent le coeur et marquent la peau, jusqu’au jour où l’amour se tait, n’est plus ce qu’il était, et la réalité vous broie ce coeur, le dessèche et imprime son empreinte. La rupture est une lutte contre l’autre et contre soi-même. On lui en veut d’avoir été si fragile et de s’être autant exposé. On se retrouve alors comme des gosses, qui se réjouissent d’avoir construit un superbe château de sable dans l’unique but de l’anéantir ensuite. Retirant de la destruction un plaisir sans borne, d’avoir réussi ensemble à faire preuve d’une infaillible et complice détermination sadique, dans cette démonstration revancharde, d’une bêtise sans nom : Faire mal par fierté et par orgueil. Bleus à l’âme que la distance se charge d’estomper. Ces fêlures invisibles et lézardes secrètes, cachées derrière une façade factice qui menace de s’écrouler par l’usure du temps, rendent méfiante une nature farouche, à peine apprivoisée.

Avec l’expérience, quelques relations tièdes ou fades, après quelques coups de crocs de vieux loups ayant eu l’impression de repérer la pauvre brebis égarée, encore un peu trop blanche et s’en repaissant juste le temps de la rendre chèvre, les idéaux s’effritent. Le feu follet se calme raisonnablement. N’en reste que la braise qui ne demande qu’un souffle pour reprendre.

C’est toi, «l’Iceberg », qui a su, à force de patience et de tendresse, m’insuffler ta force et la confiance, faisant de cette année la plus belle qui soit. Que m’arrive-t-il donc ? Je n’avais jamais vécu cela, étrange mélange de sérénité et d’engouement, mêlés de confusion et de douceur.

Je me sens heureux, calme et apaisé.

Bientôt deux ans de bonne humeur, de douce hébétude, quasi enfantine, de la légèreté, une insouciance, qui n’en est pas vraiment une mais qui en a les bénéfices, de l’indifférence pour ce qui m’aurait bien souvent autrefois atteint.

Des mois de bonheur sans fard.

Alors les mots sont sortis d’eux-mêmes, s’imposant avec une délicieuse évidence.

Je t’aime.

« Les âmes soeurs finissent toujours par se trouver quand elles savent s’attendre » - Théophile Gautier.

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Spleen d'un soir...

Je me tais - Martin Rappeneau

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Sac à connerie en devenir...

 Un nouveau venu dans la "chatterie" chez mes parents pourrait bien changer ma vie!! 
 
 

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Chronique d'une fin annoncée...

Avec l’habitude, il y a des choses qu’on voit venir. Une attente redoutée. L’effet de surprise est certes anesthésié mais la piqure n’en reste pas moins douloureuse surtout quand on s’est attaché à sa maladie.

Des attentions perdues au fil du temps, qui n’est pas si long pourtant. Des gestes automatiques, plus fraternels, moins chaleureux, plus distants. Des baisers attendus en vain ou donnés du bout des lèvres, sans passion, comme des mots doux absents comme restés coincé dans la gorge. Les corps s’écartent et les regards s’évitent. Oui les mots changent, se durcissent, s’hérissent peu à peu comme une palissade, s’érigent en défense acérée. Des mots de fer sans plus aucun velours autour, qui échappent à tout contrôle. Et puis la froideur latente, un début d’indifférence et un rien, ou si peu, d’agacement.

On se voile la face, on fait front, on trouve des excuses de peur d’ouvrir les yeux malgré les signes indubitables.

Et l’amour dans tout ça ? Il devient évanescent, il s’évapore jusqu’à embuer les yeux : le sentiment qu’on pensait solide se transforme toujours en liquide….Comme une loi invariable de la nature.

Et l’amour n’est plus qu’un souvenir lointain, un parfum qui s’échappe, qui vous tourne autour sans pouvoir se fixer sur une peau à qui il manque déjà, trop nue et désemparée pour vivre sans.

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Lisboa : Igreja de Sao Roque

Igreja de São Roque ou l’église « Ne vous fiez pas aux apparences » !!!

 

Tout débute en 1505… avec une bonne copine de l’époque, la Peste, gentiment amenée par bateau par nos amis italiens. L’actuel « Bairro Alto » (quartier haut) servit de lieu de sépulture pour les innombrables victimes car situé en dehors de murs de la ville.

Notre bon roi Manuel Ier, courageux mais pas téméraire, a fuit la ville et fait demander à la ville de Venise de lui procurer une relique de Saint Roch (saint patron des victimes de la peste), qui sera portée en procession sur la colline du cimetière, à l’endroit même où les habitants décident de bâtir un temple pour l’accueillir.

Cette église devint ensuite en son temps une des toutes premières églises de jésuites jamais bâties, avec un chœur conçu comme un temple, propice à la prédication (aucun pilier pour gêner la vue ou altérer les voix) et affichant une façade sobre, quasi austère, qui vous convaincrez presque de faire demi-tour et qui contraste avec l'intérieur baroque décoré avec ses azulejos, ses boiseries dorées, ses statues polychromes et moult peintures.

 

En 1540, (après la fondation de la Société de Jésus dans les années 1530) le roi Jean III invite l’ordre à venir à Lisbonne. Ceux-ci cherchent immédiatement un site pour servir d’église principale et jettent leur dévolu sur le sanctuaire saint Roch, qu’ils obtiendront après d’âpres négociations avec le roi. Celui-ci souhaite un nouveau bâtiment monumental à trois nefs, garder le saint patron et de lui consacrer une chapelle. Il obtiendra les deux dernières conditions, les Jésuites appliquant les principes de concile de Trente, mettront l’accent sur la fonctionnalité (zappant pour le décorum la simplicité, elle aussi préconisée !!).

 

Le plan de l'église est simple et spacieux - une large nef unique, une abside carrée, une sacristie et huit chapelles latérales. La plus remarquable est celle dédiée à saint jean le baptiste : elle a été initialement conçue et créée à Rome en 1742.

 

Il a fallu huit ans pour concrétiser ce chef d’œuvre unique de l’art européen combinaison d’éléments décoratifs de l'inspiration rocaille et de rigueur classique au goût des portugais. Au moment de son achèvement, elle fut réputée la chapelle la plus chère en Europe, car elle construite à partir de certains des matériaux les plus chers, tels qu’albâtre, jade, agate, améthyste, lapis-lazuli, or jaune, marbre de Carrare, marqueterie de bois précieux et ivoire. Après avoir été béni par le Pape Benoît XIV, Saint-Roch a été démonté et expédié à Lisbonne en morceaux.

 

La décoration de l'Igreja de São Roque est le résultat de plusieurs phases d'activité tout au long des  17e et 18e siècles, qui reflètent les idéaux, soit de la Société de Jésus, ou, comme dans le cas des chapelles, des confréries. Elle symbolise assez bien les efforts de l'Eglise pour arriver capter l'attention des fidèles (ou à tromper leur ennui ? oui je le sais je suis perfide…)

Le plafond de la nef est peint en trompe l'œil afin de donner l'illusion d’une  voûte en berceau soutenue par quatre grands arcs couverts en volutes et autres éléments décoratifs. Les Jésuites ont ajouté le grand médaillon central (l'exaltation de la Croix).

 

Le détail drôle et surprenant de l’endroit se situe entre les chapelles de St Antoine et de notre dame de la piété, sous une chaire : Une pierre marquant le tombeau d’une vieille connaissance, ou plutôt du père d’une vieille connaissance….Francis Tregian. Bien évidemment le nom m’a mis la puce à l’oreille puis doutant comme toujours de ma mémoire sélective mais après vérification, c’est bien lui !!! Enterré debout symbole de sa résistance à Elisabeth Ière.

 

L'inscription de pierre (une fois traduite) se lit comme suit: « Ici se trouve le corps de Maître Francis Tregian, très éminent gentleman anglais qui - après la confiscation de ses richesses, et après avoir beaucoup souffert pendant les 28 années qu'il a passées en prison pour défendre la foi catholique en Angleterre au cours de la persécution en vertu de la reine Elizabeth - mort dans cette ville de Lisbonne avec une grande renommée le 25 Décembre 1608. Le 25 avril 1625, après avoir été enterrée pendant 17 ans dans cette église de São Roque, qui appartient à la Société de Jésus, son corps a été trouvé parfait et a été inhumé ici par les Anglais catholiques résidant dans cette ville, le 25 avril 1625. » Je ne sais pas pourquoi je suis toujours ému de marcher sur les traces des héros de romans en l’occurrence « le trajet d’une rivière » d’Anne Cunéo offert par un ami il y a déjà sept ans.

 

Pour finir je ne résiste pas à vous montrer cette peinture reprsentant l'ascension du Christ et je ne sais pas trop pourquoi j'ai eu un fou rire (intérieur) en me disant qu'on aurait pu l'appeler Jésus super tapette....je sais je blasphème...Je file réciter mes pater!

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Lisboa : Cathédrale Santa Maria Maior

 

L'histoire de la Cathédrale Santa Maria Maior de Lisbonne (Sé de Lisboa ou Sé Patriarcal) commence en 1147, lorsque la ville a été conquise aux Maures par une armée chrétienne. Cette armée était composée de troupes anglo-normandes, flamandes et allemandes qui se rendaient en Terre Sainte pour la deuxième croisade mais qui décidèrent de venir aider le roi portugais Afonso Henriques en échange d'une partie du butin.  (Beaucoup d'entre eux sont restés au Portugal, sans jamais atteindre l'Orient. Le premier évêque de Lisbonne, après la reconquête, par exemple, était un Anglais nommé croisé Gilbert de Hastings). La construction de la cathédrale dans le style roman tardif a débuté peu après la prise de la ville, sur le site de la mosquée de Lisbonne, et doit avoir duré jusqu'au milieu du XIIIème siècle. À cette époque, les reliques de St Vincent (Vincent de Saragosse, saint patron de Lisbonne) ont été apportées à la cathédrale du sud du Portugal.

 

Le bâtiment d'origine romane a été modifié à plusieurs reprises, notamment au cours des XIVème (le roi Dinis a fait construire un cloître gothique, et son successeur, Afonso IV a transformé la grande chapelle en un panthéon royal de style gothique, pour lui et sa famille)  et XVIIIème siècles (encore le fameux tremblement de terre de 1755, qui a détruit la grande chapelle gothique avec le panthéon royal. Le cloître et de nombreuses chapelles ont été également dévastés par le tremblement de terre et le feu qui a suivi).

 

Voûtes du déambulatoire

La cathédrale a été partiellement reconstruite et après une profonde rénovation au début du XXème siècle (une grande partie de la décoration néo-classique de l'extérieur et l'intérieur de la cathédrale a été retirée pour donner une apparence plus "médiévale"), elle apparait aujourd'hui comme un mélange de différents styles architecturaux.

 

 

Gisant de Lopo Fernandes

C’est un bâtiment en croix latine à trois nefs, un transept et une grande chapelle, entouré par un déambulatoire. L'église est liée à un cloître à l'Est. La façade principale de la cathédrale ressemble à une forteresse, avec deux tours d'accompagnement de l'entrée et de créneaux sur les murs, véritable vestige de la Reconquista, à une période où elle pouvait être utilisée comme base pour attaquer l'ennemi au cours d'un siège. La sacristie a été construite dans le style baroque et, après 1755, la grande chapelle a été reconstruite dans les styles rococo et néoclassique (y compris les tombeaux du roi Afonso IV et sa famille).

 

Le plus …bizarre dans cette cathédrale reste cette impression de deux ensembles qui s’entrechoquent, l’un très sombre (partie romane reste très obscure même un jour de grand soleil) et l’autre très clair (le déambulatoire aux voûtes nervurées bien que très lumineux ne réussit pas à éclairer l’édifice). Les piliers massifs des nefs écrasent littéralement le visiteur et m’ont laissé un sentiment d’oppression qui pousse relativement vite vers la sortie.

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Mosteiro do Jeronimos ....

 "O Pastor" - Madredeus

 

Le Mosteiro dos Jeronimos situé à l'Ouest dans le quartier de Belèm est tout simplement considéré comme l'un des plus beaux monuments religieux existants au monde. Classé sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, ce monastère est un chef-d’œuvre de l'art manuelin.

En 1496, le roi Manuel 1er  demande la permission au Saint-Siège d’ériger un grand monastère à l'entrée de Lisbonne sur les rives du Tage. La nouvelle église et le monastère seront bâti en lieu et place de l’église Santa Maria de Belèm, alors propriété de l’ordre du Christ (Ordre directement issu de celui des Templiers) qui était en déclin avec l’hégémonie des Jésuites à Rome. Le monarque y installe des moines ermites de l’ordre de Saint Jérôme avec pour mission de prier pour le salut  du roi (Charité bien ordonnée…) et apporter du réconfort spirituel aux marins et navigateurs partant à la découverte d’autres terres.

 

La construction commence en 1501, le travail se terminera presqu’un siècle plus tard, avec des moyens conséquents à l’ampleur du projet (la façade principale s’étend sur plus de trois cent mètres, le portail principal, très ornementé, surmonté de trois niches contenant des représentations de moments de la vie du Christ, le cloître carré épargné par le tremblement de terre de 1755). Le roi a d’ailleurs commencé par verser de grosses sommes, "de sa poche" puis s’est servi de la «taxe sur le poivre" notamment (environ 5% des recettes provenant de l'épice du commerce avec l'Afrique et l'Orient, l'équivalent de 70 kg d'or par an) dopant ainsi les travaux par la vente du trésor de Vasco de Gama (épices et pierreries) revenant de son périple dans le nouveau monde. 

Manuel Ier aurait, semble-t-il, voulu rassembler sa dynastie un lieu de sépulture unique. Ils ont été d’ailleurs enterrés dans des tombes de marbre placées dans le chœur et le transept de chapelles de l'Eglise attenante au monastère, baptisée de nouveau Igreja Santa Maria (en hommage à la vierge de Nazareth). Elle abrite également les sépultures des grands hommes que sont le navigateur Vasco de Gama, les poète Luis de Camoes et Fernando Pessoa.

Véritable vaisseau de pierre néo-gothique qui malgré six piliers octogonaux massifs donne une impression de grâce et de luxuriance avec un foisonnement de dentelles de sculptures florales, une profusion de torsades et ses magnifiques voûtes nervurées.


L'Ordre a vécu dans le monastère pendant quatre siècles, connaissant des fortunes diverses (notamment des soucis pécuniaires obligeant les moines à inventer et vendre leurs fameux pastéis !!), jusqu'en 1833, lorsque les communautés religieuses ont été dissous. Le monastère passa aux mains de l'État et est devenu un collège pour les élèves de la Casa Pia de Lisbonne (organisme de bienfaisance pour enfants) jusque vers 1940.

 

 Depuis le début de son histoire, le monastère a été et reste un symbole de la nation portugaise. C'est un lieu incontournable de la ville, il ne procure certes pas "l'extase" du couvent du San Marco de Florence mais l'émerveillement est là et le soleil aussi!

 

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Lisboa : Le musée Gulbenkian

Madredeus - A andorinha da primavera (une hirondelle de printemps)

 

Calouste Sarkis Gulbenkian est né à Scutari (Istanbul) en 1869 dans une famille de négociants arméniens aisés. Son histoire, est celle d'un diplomate et négociateur avisé, pionner du développement pétrolier au Moyen-Orient, d'un contrebandier d'armes, d'un expert financier d’une qualité exceptionnelle, d'un aventurier et finalement d'un milliardaire hypocondriaque et mécène. Extraordinaire amateur d'art, au goût raffiné, il aimait les objets davantage pour leur beauté et leur qualité que pour leur valeur marchande.

 

Sa collection de peintures européennes est vraiment belle, allant des primitifs jusqu'aux impressionnistes. (Ghirlandaio, Van der Weiden, Lochner, Carpaccio, Rubens, Van Dyck, Rembrandt, Guardi, Gainsborough, Turner, Fragonard, Corot, Renoir, Manet, Degas et Monet figurent).

La fuite en Egypte - Cima Da Conegliano (1459-1517)

Paysage hollandais - Jan van der Heyden (1637-1712)

Port de Trouville - Eugène Boudin (1824-198)

 

Mais l’homme ne s'intéressait pas qu'à la peinture: il a réuni des collections très éclectiques : sculpture égyptienne, céramiques orientales, manuscrits, reliures et livres anciens (dont de magnifiques livres d'heures difficilement photographiables derrière leur vitrine!), objets de verre syriens, mobilier français du XVIIIe (tous les meilleurs ébénistes y sont représentés) , tapisseries et étoffes, bijoux de Lalique, monnaies et médailles grecques, etc.

Livre d'heures français

Vierge à l'enfant en ivoire - travail français

 

Parmi les sculptures, on peut voir l'original en marbre de 1a célèbre Diane de Houdon, qui a appartenu à Catherine II la Grande et qu'il acheta au Musée de l'Hermitage en 1930.

Diane - Jean-Antoine Houdon (1741-1828)

En avril 1942, en quête de paix, Calouste Gulbenkian se rendit pour la première fois au Portugal, attiré par la stabilité du régime salazariste. Treize ans plus tard, le 20 juillet 1955, il meurt à l'Hôtel Aviz, à Lisbonne, où il s'était installé avec l'intention d'y rester. Le milliardaire ne sut pas seulement édifier une grande fortune, il sut aussi en user avec générosité tant durant sa vie qu'en prévoyant ce qu'il en serait après sa mort, en exprimant le désir que ses œuvres d'art - plus de 6000 -fussent réunies sous un même toit : Par testament en date du 18 juin 1953, il créa, après avoir institué des legs importants à ses enfants et des pensions viagères à d'autres membres de sa famille et de ses plus anciens collaborateurs, une Fondation qui devait porter son nom et hériter du reste de sa fortune. Aux termes du testament, il s'agit d'une Institution dont les buts sont charitables, artistiques, éducatifs et scientifiques.

 

La collection sera donc conservée à Lisbonne. Elle obtiendra même un édifice spécialement construit pour elle, le Musée Calouste Gulbenkian, inauguré en 1969. En plein parc naturel, il fut bâtit selon les préceptes de Wright et s'intègre parfaitement dans le paysage. Ensemble paisible pourtant ceinturé de grandes avenues qu’on parvient à oublier à l’abri de la végétation.

 

Au final, c’est un musée d'arts décoratifs parfaitement organisé : Peu d'objets dans les salles mais chacun d'eux est digne d'intérêt, et est mis en relation pour une meilleure approche de l'histoire de l'art. Par ailleurs, la fondation soutient l'art contemporain et offre des bourses à des artistes dans le monde entier, accueille des expositions de grands artistes et organise de grands concerts, faisant d’elle, l'un des plus grands centres culturels d'Europe.

 

Petit coup de coeur pour cette nature morte de Jan Weenix (tu avais raison l'ami!!)

 

 

A savoir : N’hésitez pas à mentionner un statut de  professeur ou d’étudiant  pour obtenir une entrée gratuit.

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Lisboa : Un avant goût de paradis terrestre...

Les pastéis de nata - ou pastéis de Belém – (à prononcer « pastéiche ») sont de célébrissimes petits flans crémeux à la fine pâte feuilletée, tout est dans le contraste entre l’onctuosité de la crème et le croquant de la pâte. Dégustée tiède elles peuvent  être saupoudrées de cannelle ou de sucre glace.

 

 

Au 19ème siècle, les moines du monastère des Hiéronymites, dans le seul souci de faire subsister leur ordre, se mettent à vendre cette petite douceur dans une pâtisserie attenante, profitant de l’afflux de touriste venus visiter la tour de Belém.

Aujourd'hui encore, les meilleures pastéis de nata au monde, sont ceux de cette pastelaria, les seuls ayant droit à la dénomination "pastéis de Belem". La recette exacte reste jalousement tenue secrète (les maitres patissiers, peu nombreux, fabriquent toujours artisanalement la patisserie, et vont jusqu'à prêter serment de non-divulgation). Leur succès ne s'est jamais démenti : Le temps d'attente estimé pour être servis approche les 30 minutes.

Néanmoins, n'importe quel « pastelaria » au Portugal propose aujourd'hui des pastéis de nata, devenues un emblème du pays et possédant sa propre confrérie !!…

La notion même justement de pastelaria est dépaysante. Ces boutiques sont à mi-chemin entre le café et la pâtisserie, peuvent sembler ne pas payer de mine, mais en outrepassant cette impression, vous pourrez vous plonger véritablement dans l’esprit « village» de cette ville à l’échelle humaine…..Loin de l’arrogance et de la fierté des cafetiers et serveurs parisiens.

Je conseille donc le pastel à chaque repas en cure quotidienne !!

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Ici j'irai, ici girais-je?

 

Vacances d'hiver.... deux semaines...it's so quiet....

Une halte à Cormeilles chez mes parents, une petite balade dans la verte.

Je ne manque jamais un arrêt au petit cimetière du village. Non par nostalgie mobide mais juste pour vérifier si elle est encore là. Cette dame blanche, à peine érodée par la vie au grand air, son marbre quasi immaculé est éclatant même par temps maussade.

Elle guette le regard et l'âme dans le vague sur le pas de de porte d'un mausolée. Pour ma part je reviens bientôt des photos plein les poches et des souvenirs plein la tête.... A nous deux Lisboa!!

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Pour un instant, la liberté : ****

Ali et Merdad tentent de fuir l'Iran avec leurs cousins Asy, 7 ans, et Arman, 5 ans, dans le but de les ramener à leurs parents qui vivent en Autriche. Mais ils doivent d'abord passer par la Turquie et attendre un hypothétique visa qui tarde à venir. Ils font alors la connaissance d'autres réfugiés iraniens : un couple et leur petit garçon cherchant à prouver aux pouvoirs publics qu'ils sont persécutés pour des motifs politiques ou encore un professeur et un jeune Kurde qui surmontent leurs difficultés quotidiennes grâce à un incroyable sens de l'humour...

Des hommes et ces femmes qui attendent désespérément de gagner l'Europe, terre de libertés...

 Drame réaliste et humaniste, traité avec beaucoup de sensiblité mais sans sensiblerie. Une leçon de vie qui permet de relativiser nos tracas du quotidien, où le fil conducteur reste encore et toujours l'espoir, entre rires et larmes, en dépit de tout et tous. Les acteurs sont excellents.

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Je me la raconte...mon histoire façon reader indigeste.

Finalement l'évidence est parfois difficile à assumer....

J'ai toujours été quelqu'un qui manque complètement de confiance en lui. Peur viscérale d'être rejeté, d'être isolé, montré du doigt.

Une famille "normale" dont je suis le petit dernier, deux sœurs, mais un père qui apparait comme effacé dans le foyer et une mère qui mène son monde à la baguette par néccesité. Une enfance provinciale avec une éducation relativement stricte, voire sévère, très peu d'ouverture à la culture autre que la télévision, pas de ciné, pas de vacances (la mer n'est pas loin et ça coûte cher...).

A l'école primaire premiers émois vite réprimés pour un camarade de classe, premiers émois pour une camarade de classe... le temps des "touches pipis", soulevages de jupes et tirages de couettes!! Vient le collège et les profs de sport, représentation typique du mâle viril par excellence, manque de bol je suis dispensé... privé de dessert, non de vestiaire!!

 

Pression sociale oblige, dans un contexte où l'ouverture d'esprit est proportionnelle au nombre d'habitants qui vont encore à la messe de façon assidue, je m'essaye "gentiment" aux fifilles.. Petits bisous, tatages de poitrines... pas plus loin ça sert à rien je sais déjà où je dois regarder....

Le collège c'est aussi la première fois où une fille me traite de PD parce que je ne veux pas lui porter son sac... pire qu'une gifle, l'insulte suprême à l'époque. Etre PD, être soupçonné de l'être c'est être mis à l'écart et montré du doigt. Un grand de 3ème s'est fait rossé méchamment pour ce seul motif quand j'étais en 5ème, ça fait réfléchir.

Je me renferme sur moi, ma crise d'ado est une révolte intérieure, je deviens ce "gros mignon" (surnom donné par ma mère) bon élève, timide, effacé, rasant les murs et malgré ma surcharge pondérale j’arrive à me faire oublier. Tout garder pour soi, tout ce qui peut être retourné contre soi, ne rien exprimer, ne pas trop parler, être irréprochable, être « fade, inodore, incolore ». J’évite les miroirs, je me dégoûte : Je suis gros et PD (la confirmation venant de la masturbation et de mes fantasmes qui sont bien masculins)… L’avantage, est que les insultes pleuvent sur mon physique, pas sur ma nature. Le revers de la médaille, est qu’à force de subir sans broncher, j’arrive à me persuader que, oui je suis gros, oui je suis moche, oui je suis immonde parce je ne suis pas comme les autres et qu’autour de moi je n’ai personne à qui en parler. La méthode Couet fonctionne aussi de manière négative….Alors je lis. Je passe mon temps à lire. C’est ma fenêtre sur le monde. Mon miroir aux alouettes. La bouffée d’oxygène qui m’a toujours permis, et ce encore aujourd’hui, de m’éloigner de ce qui blesse, ce qui fait mal, mon arme autistique.

Le lycée n’apportera pas d’embellie, sauf que je décide contre avis médical de reprendre le sport et j’aperçois enfin ce sexe masculin que je ne connaissais qu’à travers le mien !! Bonne nouvelle, il est comme les autres et sans contrefaçon je suis un…. Vous connaissez la suite.

Je passe pour le bon copain qui parle « gras », qui répond aux questions gênantes par des pirouettes, qu’on n’a jamais vu au bras d’une fille… mais qu’on a jamais entendu dire qu’il était intéressé par les garçons, je deviens « subsexual »., comme s’amusera plus tard à le faire remarquer celui que par souci d'anonymat j'appellerais Jardoque Barin.

Tombé amoureux, j’en aurai été incapable. Comment aimer l’autre sans avoir un minimum de considération pour soi-même? Je me fous de la mode, je me fous de mes boutons je sais juste que je commence à en avoir marre d’être viscéralement timide, à en vomir tous les matins, à me provoquer des migraines… arrive ce fameux jour à la fac, où je me retrouve sur le bord de la fenêtre de ma piaule de 10m²….la famille est loin, les amis partis…seul face à moi-même, je prends peur. Je me souviens juste avoir pleuré en pensant à ma mère et au chagrin qu’elle aurait….La femme de ménage tambourinant à la porte m’a évité d’avoir le courage ou l’inconscience de faire l’irréparable. S’en suit une période de déprime. Finit la fac, retour au bercail, l’oiseau était sorti trop tôt du nid sans doute. Pas prêt, le serais-je un jour ?

Finalement cette période s’achève avec l’incorporation contre mon gré dans un régiment parisien…10 mois chez les bidasses, je n’y vais pas de gaieté de cœur, je ne suis pas habitué à l’autorité masculine, au monde masculin, j’ai peur d’être catalogué, repéré, mis au banc de la société… au final, je suis un poisson dans l’eau. L’uniforme transforme, aplanit les différences, et puis merde, plaisir des yeux !! Je rempile, je passe de 10 à 20 mois, je veux même m’engager mais la drh perd mon dossier. Je décide de bosser au black et de refaire mon dossier administratif… j’ai 10 mois devant moi. Je dois signer le 1er décembre. 4 mois avant, une peur terrible me saisit. Je me rends compte que je vais en baver en regardant un soir « full metal jacket », le lendemain je commence à aller courir et à aligner mon alimentation sur celle de ma sœur qui suit le régime « weight watchers »…. Trois mois plus tard = 20 kilos en moins, je suis presque prêt. Patrie me voilà.

A l’armée, j’ai le malheur de tomber amoureux d’un garçon, hétéro, quasi marié, un enfant…mon collègue de bureau. J’essaye de l’impressionner par les performances sportives et de m’intéresser à ce qui lui plait, rien n’y fera, il ne sautera jamais le pas (enfin pas avec moi !!!!) Toujours soucieux de « respectabilité » jusqu’à m’enfermer dans un personnage, j’ai renoncé au sexe, j’ai renoncé à me confier à quelqu’un… et ce même à celui qui est devenu mon meilleur ami (le fameux anonyme), alors que lui a toujours été d'une honnêteté à toute épreuve… pour ma part, je lui avouerais la vérité un mois avant qu’il soit muté, il sera le premier à savoir. Le premier  à entendre un « je t’aime », certes amical, un « je t’aime » quand même ! L’être me manquera loin là-bas dans l’est. Plus personne avec qui partager les fous rires, les mercredis soir devant « des racines et des ailes ». Je décide là que l’échéance de mon contrat sera la fin de mon passage chez les bonshommes verts.

En quittant le milieu militaire j’espérais enfin vivre ma vie, être moi-même. Il me faudra attendre 6 mois pour croiser un regard intrigué qui avait rendez-vous avec un pote. J’ai déjà raconté cette rencontre il y a deux ans, j’en garde un souvenir impérissable, je pense d’ailleurs que je suis le seul de nous deux à me souvenir des détails. Premiers chatouillis au ventre, il me faudra lors de notre premier rendez-vous en tête à tête, près de 3 heures avant de lui avouer, non sans tourner autour du pot, ma virginité à tous points de vue…Ma chance est que l’homme est doux, prévenant et très sensuel, l’amant idéal pour un mec comme moi. J’arrive presque à oublier que je me trouve toujours moche et gros. Les premières fissures dans l’armure apparaissent. Merci à lui, j’étais un négatif, qui n’avait besoin que d’un révélateur. Premier vrai « je t’aime ». Mais l’histoire n’a pas fait long feu. J’ai pleuré comme rarement, je me suis humilié, beaucoup trop, ce que je me suis promis de ne plus jamais faire. Je suis resté démuni devant tant de violence verbale. Flot de salive acide et paroles acerbes ou comment quelqu’un qui vous a dit vous aimer, vous reproche tout et son contraire, vous accable de tous les maux par tous les mots, vous rend responsable de la mésentente et pour finir vous demande de cesser de vous « victimiser ». Un jour aussi je larguerais quelqu’un en me donnant le beau rôle!! J’ai réussi à pardonner depuis, à panser les blessures sans pouvoir les effacer totalement. Il est heureux de son côté, appaisé, c'est le principal.

Bizarrement cette rupture a failli provoquer mon coming-out auprès de ma mère. Ce week end là je rentrais en province. Je n’ai pas mangé le soir (j’étais à jeun depuis déjà 48 heures), filé dans ma chambre, et fondu en larme devant ma sœur interloqué car peu habitué à me voir craquer. Le lendemain j’avoue à ma mère que je me suis fait largué deux jours avant : elle apprend aussi que j’avais une relation (une nouvelle pour elle !!). Je ne dis pas lui, ou elle, je dis quelqu’un…. J’ouvre la bouche pour enfin me libérer… la sonnerie de la porte retentit pour faire entrer les copines de ma sœur… damned !! Je n’ai jamais autant maudit ces femelles bêlantes qu’à ce moment… depuis l’occasion ne s’est jamais représentée…

Juste que ma sœur, trouve que je suis plus épanoui, moins timide, voire plus du tout et s’ingénie à m’offrir force t-shirt violet et chemises rose…. Anguille sous roche.

Je sais juste que si l’occasion se  représente je saute dessus.

Passé trente ans un homme qui n’a jamais présenté de femme à sa mère…. Disons que c’est plutôt louche…Ce n’est pas une fin en soi, juste que je ne suis pas exhib, ni extraverti, je le vis bien, je vis mieux.

J’ai eu des histoires depuis, des petites histoires, sans jamais avoir à redire les mots magiques, faute de pouvoir sentir la profondeur réelle et nécessaire des sentiments. Des belles rencontres, d’autres à oublier rapidement, des ruptures, dont quelques unes douloureuses. Peut-être qu’un jour je vous raconterais enfin celui qui…, je vous le décrirais, je vous saoulerais de ses qualités…ou peut-être pas d’ailleurs. Il faudrait que le rencontre avant !!

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Attente de nouveautés musicales...

Après Hapiness son premier album sorti en 2005, le nouvel album de Sébastien Schuller sortira en mai 2009!!! l'était temps!!

Quelqu'un veut venir le voir avec moi à la Cigale le 18 juin en concert? :d

 

 

Sinon toujours en attente de l'album d'Archive.... beaucoup trop de secret autour de cet opus.... bizarre

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Agression du matin....chagrin

Après "Barbie grosse menteuse", voici le "secrétaire gros méchant"!!

Une nouvelle professeur du collège m'a envoyé ce matin un mail plaintif parce que je lui réponds de façon agressive et que je ne suis pas aimable avec les nouveaux arrivants....luné comme je suis aujourd'hui je préfère ne rien dire pour le moment!

Cependant je reconnais ne pas y être allé de main morte dans notre dernier échange, sec oui, agressif non!! Par contre elle fait partie de celles qui déboulent comme une boule de flipper (qui roule, qui roule...) qui, toutes affaires cessantes, parle alors que je suis au téléphone ou avec des élèves, qui est toujours sur les nerfs et parle pour le coup de façon agressive... et apparemment ne lit pas les notes de service puisqu'elle renvoit les parents vers moi pour des soucis d'intendance....

Pour Noel je me mets au yoga! 

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Le normand serait-il "sucré/salé"?

 
Ne soyez à la cour, si vous voulez y plaire,
Ni fade adulateur, ni parleur trop sincère ;
Et tâchez quelquefois de répondre en Normand,
LA FONTAINE. Fables, VII, 7.
 
 
« L’esprit guerrier et chicaneur, étranger aux Anglo-Saxons, qui a fait de l’Angleterre après la conquête, une nation d’hommes d’armes et de scribes, c’est là le pur esprit normand. Cette sève acerbe est la même des deux côtés du détroit. »
MICHELET. Histoire de France, III.
« la vieille et puissante race qui envahit la France, prit et garda l’Angleterre, s’établit sur toutes les côtes du vieux monde, éleva des villes partout, passa comme un flot sur la Sicile en y créant un art admirable, battit tous les rois, pilla les plus fières cités, roula les papes dans leurs ruses de prêtres et les joua, plus madrée que ces pontifes italiens… »
MAUPASSANT. Monsieur Parent.

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Elsa Lunghini - Une vue sur mer

Je vois la terre approcher à l'horizon, je me sens déjà mieux, derrière l'eclipse

Le ciel se déchire, loin devant, j'ai de l'eau plein les yeux, je n'entend plus le vent

 

Je veux l'hotel, une vue sur mer

un rocking-chair, à ciel ouvert

tenir le cap, du bout des doigts

un homme qui croit encore en moi

 

Je reste sur le pont, acrochée, à certains matamores collés

A leur vie, passée sous l'eau, je finirai dans les bras d'un matador

 

Je veux l'hotel, une vue sur mer

un rocking-chair, à ciel ouvert

tenir le cap, du bout des doigts

un homme qui croit encore en moi

 

Je veux la plage et finir à la nage

faire une escale et mettre les voiles

une vue sur mer à ciel ouvert....

(Elsa Lunghini/ Da Silva)

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Firenze : Santa Croce

La magnifique basilique Santa Croce a été construite à partir de 1294 par l’architecte Arnolfo di Gambio sur les fondations d’un autre édifice (pour ne pas déroger à la règle), en l’occurrence, un oratoire franciscains édifié après la mort de Saint-François.

Avec son architecture gothique imposante (foison de fresques, retables d’autel, précieux vitraux, nombreuses sculptures) cette église devient vite un symbole prestigieux de la ville et un lieu de rencontre pour les plus grands artistes, théologiens, religieux, hommes de lettres, humanistes et hommes politiques. Mais elle le fut également pour les puissantes familles qui, dans le bonheur comme dans l’adversité, participèrent à la création de l’identité de la Florence de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance. Son couvent offrit l’hospitalité à des personnages célèbres de l’histoire de l’Eglise, saint Bonaventure, saint Antoine de Padoue, saint Bernardin de Sienne, saint Louis d’Anjou, évêque de Toulouse. Elle fut aussi un lieu de repos et d’accueil pour plusieurs papes, Sixte IV, Eugène IV, Léon X, Clément XIV.

 

fresque ornant le tombeau de Michel Ange

Les vicissitudes historiques et politiques ont bien sûr laissé leur empreinte sur Santa Croce, que ce soit au niveau des interventions artistiques et architecturales (par exemple les transformations radicales effectuées par Vasari à la moitié du XVIe siècle, ou les efforts déployés au XIXe siècle pour transformer le complexe de Santa Croce en un grand mausolée de l’histoire italienne) ou dans les témoignages précieusement conservés dans ses archives retraçant les étapes de la construction quotidienne au fil des siècles d’un grand projet, avec ses artisans, ses ressources, ses objectifs et ses difficultés.

Construite selon le plan d’une croix égyptienne (en forme de T), avec un intérieur à trois nefs (longues de 114,45 m), un coeur et un transept rempli de chapelles dont le patronage était réservé aux familles les plus illustres du quartier parmi lesquelles les Bardi et Peruzzi (reconnaissables aux poires ornant leur blason), ses murs furent immédiatement couverts de fresques, toutes oeuvres de Giotto et de ses élèves, faisant de la basilique un musée de la peinture florentine du XIVè siècle. Ces mêmes artistes dessinèrent également les magnifiques et lumineux vitraux. Véritable Panthéon des gloires italiennes, l'église accueille les sépultures de personnages aussi illustres que Machiavel, Galilée, Michel-Ange, Rossini, Vasari, Ghiberti…et le cénotaphe de Dante.

  

fresques de Giotto - détails

La façade à l’origine dessinée selon des plans de Pollaiolo, puis Matas, sera finalisée en style néogothique et recouverte de marbre blanc et vert de Prato : trois pointes alignées sur trois portails et quatre piliers culminant en flèche. A noter cette étoile de David de marbre bleu, ornée du monogramme du Christ au dessus de la rosace centrale.

 

fresque de la sachristie

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Yael Naim aux Folies Bergères

1ère partie : Charlie Winston

Chemise rouge, petit chapeau posé sur l'oreille, guitare en bandoulière, uniquement accompagné d'un musicien qui passera de l'harmonica, aux percussions, selon les morceaux. Bonne gueule, belle voix à la Kézia Jones : Je ne connaissais pas Charlie Winston avant d'entrer dans la salle et c'est une excellente découverte. C'est rythmé et funky (sauf une magnifique chanson piano-voix, toute en mélancolie, dont j'ai cru comprendre qu'elle s'appellait "boxes". Les morceaux s'enchainent malgré le public qui arrive plus ou moins silencieusement, plus ou moins respectueusement, pourtant la prestation est de qualité. Il finira en apothéose sur le titre "like a hobo" (clip ci-dessous) trés chaleureusment salué par le public. Renseignements pris, son premier album, Hobo, est prévu en France pour janvier 2009 et il passera à la Boule Noire (Paris) le 10 décembre 2008...

 

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Enfin elle arrive!!! Petit chignon à l'équilibre instable, robe blanche à pois rouge à une manche, sourire aux lèvres, son apparition est saluée d'applaudissements nourris en forme d'ovation. Chaude ambiance.

Elle entame de sa voix cristalline, le titre "Paris" avec ce rythme atypique qui invite l'auditeur à pénetrer son univers poétique de plein pied. A partir d'une base guitare voix, elle évoque les moments de sa vie, les tourmanets de l'âme, la difficulté à comprendre le monde qui nous entoure par des chansons prenantes, limites intimistes. "far far" est un hésite subtilement entre puissance et douceur, "too long" l'actuel single, perd en live son coté un peu trip-hop pour laisser place aux envolées de cuivres, il conserve néanmoins son rythmle chaloupé. Pour "new soul", Yael prend le temps de raconter avec humour l'origine de la chanson et le titre sera ponctuée de clins d'oeil humoristiques. Enfin restant au piano, les premières notes délicates de "lonely" résonnent, l'éclairage est de la partie, j'ai des frissons et la larme à l'oeil tellement la chanson est belle, mais triste, mais belle... mais si triste. Mon émotion fait rire mon voisin de gauche d'ailleurs!!

Bref elle sait faire passer l'émotion mais aussi l'énergie. La reprise de "toxic" trés dépouillée au début puis franchement allumée en est l'exemple, elle a un grain de folie cette fille!! 1h30 d'enchantement, où bizarrement la barrière de la langue ne pose pas de problème, avec des titres inédits. Je ne pensais pas qu'elle avait un tel contact avec le public, jouant franchement avec lui notamment au rappel de "new soul" en improvisant une chorale collective. Bien evidemment, la salle a fini debout. Petit moment de magie.

Ci-dessous le clip du second single de l'album : "too long"

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Lola - Catherine Hermary-Vieille

Brisant les cœurs sur son passage, déchaîne les passions, provoquant le scandale, Lola Montès eut sans nul doute l’une des existence les plus tumultueuses du XIXe siècle. Qui aurait pu deviner que cette fausse danseuse andalouse était née en Irlande et avait grandi à Calcutta ? À Varsovie, devant des centaines de spectateurs, elle défia le gouverneur russe. À Berlin, elle cravacha un gendarme prussien. À Munich, enfin, elle séduisit Louis I du Bavière et mit la ville en révolution.

C’est ce destin hors du commun que retrace ce roman. Grâce à Catherine Hermary-Vieille, nous découvrons une femme exceptionnelle, refusant la fatalité, inventant sa vie avec liberté et insolence, parcourant le monde à la poursuite de gloire et d’un impossible bonheur. Une figure tragique et inoubliable : C'est non seulement une vie qui nous est dévoilée mais aussi toute une époque, avec ses fastes et ses misères.

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L?homme aux cercles bleus ? Fred Vargas

Depuis plusieurs mois, les journaux relatent un événement qui amuse les Parisiens : de grands cercles sont dessinés à la craie autour d'objets aussi anodins que variés, et ornés d'une phrase mystérieuse, écrite dans une belle écriture soignée : "Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors ?".Beaucoup s'amusent de cette excentricité, certains s'irritent, et Adamsberg s'inquiète. Il perçoit au travers de ce geste anodin les prémices d'une catastrophe et ne retient de ces cercles que la cruauté qui s'en dégage et qu'il est le seul à sentir.Une fois de plus, son instinct lui donnera raison : c'est bientôt le corps d'une femme égorgée que l'on retrouve au centre de l'un de ces cercles.Ensuite 2 autres personnes seront retrouvées égorgé de la même manière.

Un personnage central, flic pas comme les autres qui n’a presque rien d’un héros, entouré d’une galerie de personnages farfelus, dont l’enquête se suit avec intérêt et plaisir. Les bémols : L’intrigue assez loufoque n’est pas à priori expliquée (où j’ai mal lu !!) et le style est assez brouillon. Mais bon le tout est sauvé par beaucoup d’humour.

Pour cette petite incursion dans un univers autre que le mien, merci Stef.

 

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